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Culture

Les samouraïs n’ont pas l’air méchant, les oiseaux ont l’air coquin

Cimaises

Sarah Khoury ne fait rien comme les autres. Cette juriste de formation a laissé tomber les tribunaux pour se consacrer, en autodidacte, à l'illustration. Elle livre 40 toiles à la galerie 392Rmeil393 (Gemmayzé).

15/10/2016

«Tout a commencé par des illustrations à l'encre qui, au fil des jours, ont constitué une sorte de journal intime, un carnet où j'ai noté mes impressions en illustrations», explique Sarah Khoury. Revenue au Liban en 2010 après avoir vécu en France et en Allemagne, elle se consacre aux illustrations en noir et blanc sur des supports de petits et moyens formats, après avoir décoré en Europe des skateboards, des casques et d'autres objets utilitaires, pendant qu'elle travaillait dans le domaine du droit...
Déclinés sur 40 toiles, ses dessins exposés à 392Rmeil393, jusqu'au 16 octobre, racontent des histoires chimériques qui se mêlent à la poésie. «Chaque toile représente une vignette d'une histoire, un peu comme dans une bande dessinée. Quel que soit le sens dans lequel on place les toiles, on peut toujours avoir une petite histoire à se raconter soi-même», explique l'artiste. Ses illustrations sont ensuite associées à des haïkus, ces petits poèmes japonais essentiellement composés de trois vers de 5, 7 et 5 syllabes. «Chaque vers correspond à un titre de tableau. On retrouve le sens de ces vers une fois qu'ils sont lus en même temps qu'on regarde les toiles. Chaque haïku peut correspondre à n'importe quel tableau, ils sont tellement versatiles», indique Sarah Khoury, qui a elle-même composé les haïkus de son exposition.
«La libre interprétation de celui qui regarde est primordiale dans cette exposition. Elle a été conçue de sorte que le spectateur puisse poser ses propres idées, réflexions et sentiments sur chaque tableau», souligne l'artiste. L'encre est le médium préféré de notre artiste, auquel elle a ajouté des couleurs, des feuilles d'argent et d'or. Elle a en outre tenu à garder des blancs pour faire ressortir ses miniatures et les détails de son travail à l'encre.

« Farouches, pas effarouchées... »
L'univers que Sarah Khoury nous donne à voir sort tout droit de son imagination débordante. Guerrières, femmes rêveuses, samouraïs, oiseaux, caméléons ou moutons... Tout ce petit monde se croise dans des toiles savamment conçues. «Ces personnages sont le fruit de mon imagination; les samouraïs n'ont pas l'air méchant, les oiseaux ont l'air coquin. Les femmes sont des guerrières farouches mais pas effarouchées. Elles sont très féminines, bien dans leur peau, mais elles portent des casques de guerrières et des armures parce que, dans ce monde de brutes, il faut bien une armure et, pourquoi pas, une armure en or puisqu'on y est», dit-elle, non sans un sourire malicieux.
«Le samouraï est loyal et fort et meurt traditionnellement pour ses principes et sa loyauté. Il y a beaucoup de tristesse et de solitude dans une vie de samouraï. Mais les miens sont des guerriers loyaux et solides qui ne font pas la guerre. Ils cultivent leur jardin en douce, dans un monde parallèle où règnent les papillons et d'autres images chimériques», révèle Sarah Khoury.
L'illustratrice a bien l'intention, à travers ses personnages, de nous emmener dans un monde enfantin et féerique, tout en gardant toutefois les pieds sur terre. «Comme je peignais au fil des jours et des semaines, les tableaux portent en eux les impressions de mon quotidien. Certains sont mélancoliques, d'autres sont plus joyeux. Des fois, dans un même tableau, on peut retrouver une variété d'états d'âme», confie-t-elle. «Mes toiles sont des clins d'œil à l'enfance. J'essaie d'y montrer qu'on peut toujours voir les choses autrement, malgré tout. Pourquoi pas un peu de rêve et de douceur?» se demande-t-elle.

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