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Culture

À Rachana, le premier festival de Land Art libanais

Initiative

Des étudiants pourront donner libre cours à leur créativité du 1er au 8 juillet dans le célèbre village des
frères Basbous, à l'initiative de la Fondation Rachana et en collaboration avec l'Institut français.

14/06/2017

Du 1er au 8 juillet, le village de Rachana accueille le premier festival de Land Art (une discipline qui consiste à créer à partir des matériaux naturels environnants) au Liban à l'initiative de la Fondation Rachana, en collaboration avec l'Institut français du Liban. Les principaux acteurs de cette manifestation seront les universités libanaises, partenaires de l'évènement. Les étudiants de l'Université Libanaise (beaux-arts), de l'Université américaine de Beyrouth, de l'Académie libanaise des beaux-arts, de la Lebanese American University, de la Notre Dame University et de l'Université Saint-Esprit de Kaslik se lanceront ainsi, lors de la première semaine de juillet, « dans une aventure artistique inédite », selon les termes d'Anachar Basbous. « Le Liban a besoin de voir et d'écouter ce que ces jeunes ont à dire », ajoute-t-il en précisant que « ce qu'ils feront, ils le feront avec toute la liberté que Rachana a toujours vénérée ». Placé sous le patronage du ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, et des ministères de la Culture et de l'Information, l'évènement donne ainsi la parole aux jeunes universitaires qui pourront s'exprimer à travers le Land Art, en travaillant avec les matériaux naturels disponibles dans le village et ses alentours. Le projet correspond également à l'un des principaux buts de la fondation qui, comme le rappelle son président Wassim Abdallah, tend à « soutenir les talents et transmettre le patrimoine aux générations futures ». La décision de donner ainsi carte blanche à de jeunes étudiants laisse entrevoir une perspective de création intéressante. Le choix du Land Art, quant à lui, relève-t-il d'un désir de se reconnecter avec la nature environnante ? C'est ce que défend en tous cas Richard Shilling, un artiste britannique invité du festival. Face aux différentes crises auxquelles nous devons faire face, notamment le changement climatique, l'artiste souligne « la nécessité de nous reconnecter avec la nature et le fait que Land Art est un mouvement qui essaye de rendre visibles ces connexions que tout le monde peut avoir ».

« Artiste environnemental »
Richard Shilling, l'artiste anglais qui conseillera les étudiants dans leurs parcours créatifs, a découvert le Land Art lors d'un voyage dans le nord de l'Angleterre, où il réside désormais. « Je me promenais et je suis tombé sur une incroyable structure de pierres. C'était une œuvre du land artist Andy Goldsworthy, le premier à ne travailler qu'avec des éléments naturels. Je ne peux pas expliquer ce que j'ai ressenti à ce moment-là, c'était puissant et inspirant. » L'artiste a pu ensuite se documenter et suivre son propre chemin. Il définit le Land Art comme étant le « processus de créer quelque chose avec les matériaux naturels que vous trouvez autours de vous. C'est faire avec la nature ». Mais cette capacité de création est-elle accessible à tous? « Absolument, et c'est un aspect crucial du Land Art. C'est à la portée de tout le monde d'aller dans la nature et d'essayer de se connecter, de sentir son environnement et de créer quelque chose », affirme celui qui n'a jamais fait les beaux-arts. L'artiste, dont c'est la première visite à Rachana et au Liban, avoue également son excitation « à l'idée de travailler avec des étudiants et de voir les différentes créations qui naîtront de cette rencontre ».
Il souligne, dans son approche du Land Art, la nécessité de « respecter les cycles naturels, les saisons, la vie et la mort ». Une œuvre n'est, dans cette perspective, jamais terminée puisqu'elle est laissée face aux aléas des éléments qui peuvent la transformer ou la faire disparaître. Finalement, c'est un peu la même chose que pour les sculptures du parc de Rachana.
Les différentes figures de pierres voient, immobiles, défiler les saisons, et verront bientôt s'ériger, dans les alentours, les créations de jeunes artistes qu'on espère inventives et libres.

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