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Liban - Développement

Qaa : l’eau comme remède aux tensions


« On aime trop notre village. Pourquoi partirait-on ? » lance Abir Bitar, secrétaire de la municipalité de Qaa, comme un appel à l'optimisme. Ces mots, ils appartiennent aussi à bien d'autres habitants de cette petite bourgade du nord de la Békaa, à quelques kilomètres de la frontière syrienne. En plein après-midi, malgré le climat sec et chaud, les habitants se baladent dans les ruelles. Dans ce village à majorité chrétienne, les communautés se mélangent malgré des tensions persistantes parfois. Un peu plus loin du centre, à Macharih el-Qaa, les camps de réfugiés se sont multipliés, accueillant maintenant 30 000 personnes. Et pourtant, la vie continue, dans l'inquiétude cependant que la commune ne soit de nouveau touchée par le terrorisme, comme en 2016. Mais Abir Bitar ne mélange pas tout. « Notre grand problème, c'est l'eau », indique-t-elle avant d'ajouter : « C'est la source de toutes les tensions. »

Régler les problèmes de l'eau à la source, c'est tout l'enjeu du projet « One Drop for Peace », financé par l'Union européenne, une initiative lancée en 2013 afin d'améliorer la distribution de l'eau à Qaa. « Chaque été, c'est pareil. Les habitants qui sont partis l'hiver reviennent, et le manque d'eau empire », souligne-t-elle. Pour parer à ces difficultés, de nouveaux canaux d'irrigation ont été construits entre la source d'eau la plus proche à 22 kilomètres et le village qui compte 3 000 résidents permanents.

« Le débit de l'eau a doublé »

Lundi, au centre du village, le conseil municipal a ouvert ses portes à Christina Lassen, la chef de la Délégation de l'UE au Liban. « Un grand merci pour ce projet qui a été très efficace », lance Bachir Matar, le président du conseil municipal. Fadi Jreij, conseiller municipal, poursuit dans le même esprit en se félicitant du soutien de l'Europe. « Nous avons besoin de votre aide car la commune a dû accueillir beaucoup de réfugiés », note-t-il. Christina Lassen, à qui ses hôtes offrent des produits locaux issus de l'agriculture biologique, exprime sa joie d'être ici. « C'est la première fois que je visite Qaa. Je voulais venir depuis longtemps », assure-t-elle. L'ambassadrice insiste sur le fait qu'elle est fière de soutenir ce projet, avant de confirmer « toute la solidarité de l'Union européenne » suite aux attaques qui ont touché le village. Huit attentats-suicides, quatre à l'aube du 28 juin 2016 et quatre dans la soirée de la même journée, perpétrés par des kamikazes, avaient fait cinq morts parmi les habitants et 28 blessés.

Une fois les rencontres officielles établies avec les membres de la mairie, l'ambassadrice s'est rendue sur le terrain pour observer les nouveaux canaux d'irrigation aménagés par l'Institut libanais de développement économique et social (Ildes). Auparavant arides, les terrains disposent à présent d'un fort cours d'eau grâce aux nouveaux canaux. « Globalement, les résultats pour les habitants et les fermiers sont bons », confie Fadi Jreij. Des propos confirmés par Georges, un habitant de la ville. « Le débit de l'eau a doublé depuis les travaux », se réjouit-il. Georges est venu aider à l'organisation de la réception. Au programme : visite des lieux et repas pour fêter des résultats satisfaisants.

Le nouveau canal d'irrigation construit par Ildes s'étend sur 8,5 kilomètres et a surtout permis de réduire les pertes et l'infiltration de l'eau dans les sols avant qu'elle ne soit conduite au village. « Cependant, le problème de distribution de l'eau persiste, précise Fadi Jreij. Si vous demandez aux fermiers ce qu'ils en pensent aujourd'hui, ils se plaindront. » En effet, la distribution de l'eau reste encore inégale au sein du village, selon le conseiller municipal. Ce dernier confie qu'un autre projet financé par les États-Unis aura pour but de pallier ce problème.

Avant de quitter les lieux, un repas libanais attendait l'ambassadrice Christina Lassen et son équipe. Suite à cette journée intense, l'ambassadrice confie à L'OLJ s'être inspirée des idées lancées par les habitants pour éventuellement concevoir de nouveaux projets pour ces villages, sans donner davantage de précisions. « Les besoins de cette région sont grands », observe-t-elle ensuite, après une tournée au centre de soins de santé primaires à Laboué, où elle s'est rendue au terme de sa visite à Qaa. L'ambassadrice dit attendre de prendre connaissance de ce que le gouvernement prévoit pour la région afin de voir « comment continuer la collaboration » avec la municipalité de Qaa.

« On aime trop notre village. Pourquoi partirait-on ? » lance Abir Bitar, secrétaire de la municipalité de Qaa, comme un appel à l'optimisme. Ces mots, ils appartiennent aussi à bien d'autres habitants de cette petite bourgade du nord de la Békaa, à quelques kilomètres de la frontière syrienne. En plein après-midi, malgré le climat sec et chaud, les habitants se baladent dans les ruelles. Dans ce village à majorité chrétienne, les communautés se mélangent malgré des tensions persistantes parfois. Un peu plus loin du centre, à Macharih el-Qaa, les camps de réfugiés se sont multipliés, accueillant maintenant 30 000 personnes. Et pourtant, la vie continue, dans l'inquiétude cependant que la commune ne soit de nouveau touchée par le terrorisme, comme en 2016. Mais Abir Bitar ne mélange pas tout....
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