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Casino de Manille : l'assaillant était accro au jeu, pas un terroriste

Philippines

L'EI est néanmoins présent dans le sud du pays, notamment à Marawi où des combats, qui se poursuivaient ce weekend, ont fait environ 200 morts.

OLJ/AFP
04/06/2017

L'homme qui a tué 37 personnes en mettant le feu à un casino de Manille était un père de famille motivé par ses lourdes pertes de jeu, pas par le terrorisme, a assuré dimanche la police philippine.

L'identification de l'assaillant comme étant Jessie Javier Carlos, un catholique philippin de 43 ans, prouve le caractère fallacieux de la revendication par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) de la responsabilité de cette attaque, a déclaré le chef de la police de la capitale, Oscar Albayalde.

"Nous réitérons le fait qu'il ne s'agit pas d'un acte de terrorisme, cet incident est le résultat de l'action d'un homme seul", a martelé le policier lors d'une conférence de presse à laquelle étaient aussi présents la femme et les parents de Carlos.

Ce père de trois enfants avait été interdit de casino par la Corporation philippine du jeu (Pagcor) depuis le mois d'avril à cause de son addiction au jeu. "Il est lourdement endetté en raison de son addiction aux casinos. C'est devenu un sujet de mésentente avec sa femme et ses parents", a expliqué le policier. "Pagcor l'a banni des casinos à la demande de ses proches. Cela a pu être le facteur déclenchant. C'est pourquoi il en voulait tant aux casinos".

 

 

'Demander pardon'
L'homme masqué avait fait irruption vendredi au Resorts World, un casino de Manille, armé d'un fusil automatique M4 et d'une bouteille de pétrole. Il avait ensuite mis le feu à un certain nombre de pièces, selon les récits de la police.Trente-sept personnes ont péri dans ces incendies et des dizaines d'autres ont été blessées dans la bousculade survenue quand les clients pris de panique ont tenté de fuir.

Carlos s'est ensuite suicidé par immolation dans une chambre d'hôtel et son corps carbonisé a été retrouvé cinq heures plus tard, selon la police. Des images de vidéo-surveillance l'ont montré en train de déambuler calmement à travers le casino et de tirer en l'air la plupart du temps. A un moment, il a tiré sur des gardes, sans les atteindre. Puis, il s'est dirigé tranquillement vers une salle protégée où étaient entreposés argent et jetons, avec l'intention manifeste de mettre la main dessus. Carlos a mis le feu à un certain nombre de tables de jeu dans une apparente tentative de diversion destinée à l'aider à prendre la fuite, selon la police.

La mère de Carlos, en larmes, a déclaré que son fils était quelqu'un de bien, ajoutant qu'il en était arrivé là à cause du jeu. "Nous demandons votre pardon. Mon fils était un bon fils. Mais quand il a commencé à jouer au casino, il n'a plus fait que ça. Il ne nous rendait plus visite. C'était douloureux pour nous de ne plus le voir", a dit Teodora Carlos.

 

(Lire aussi : Les combattants islamistes résistent à l’armée au Marawi)

 

Déséquilibré
D'après M. Albayalde, Carlos avait été employé par le ministère des Finances avant d'être renvoyé car il avait menti sur des documents officiels sur des actifs et propriétés à la provenance mystérieuse.

Les autorités ont répété à plusieurs reprises que l'attaque n'avait rien à voir avec le terrorisme, et qu'il s'agissait plutôt d'une étrange tentative de vol à main armée commise par un déséquilibré. L'agence de propagande de l'EI, Amaq, avait cependant affirmé samedi que "des combattants de l'Etat islamique" avaient mené l'attaque de Manille.

Le président Rodrigo Duterte a averti à maintes reprises que l'EI avançait ses pions dans l'archipel à très grande majorité catholique. Les inquiétudes ont redoublé lorsque des islamistes brandissant le drapeau noir de l'EI ont mis à sac Marawi, localité du sud du pays. Les combats, qui se poursuivaient ce weekend, ont fait environ 200 morts.

Le 23 mai, M. Duterte a proclamé la loi martiale dans toute la région méridionale de Mindanao afin de tenter d'éradiquer la menace islamiste, se disant prêt à étendre ce régime d'exception à l'ensemble de l'archipel si la menace terroriste gagnait du terrain.

 

 

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