L’économie américaine a créé 138 000 emplois en mai contre 174 000 le mois d’avant, selon le ministère du Travail hier. Joe Raedle/AFP
Les créations d'emplois aux États-Unis se sont essoufflées en mai tandis que le taux de chômage est tombé au plus bas depuis 16 ans, mais pas forcément pour les bonnes raisons.
L'économie américaine a créé 138 000 emplois en mai contre 174 000 le mois d'avant, selon le ministère du Travail hier. C'est plus faible que ce qu'espéraient les analystes qui misaient sur 185 000 nouvelles embauches. Malgré ce tassement, le taux de chômage a continué à reculer, perdant un dixième de point pour tomber à 4,3 %, son plus faible niveau depuis mai 2001. L'économie américaine reste donc encore dynamique et, comme le relève Nariman Behravesh, économiste pour IHS Markit, il est peut-être un peu tôt pour parler de « passage à vide » après bientôt deux trimestres dans l'ère Trump.
La publication de ces chiffres intervient à dix jours d'une réunion monétaire de la Réserve fédérale (Fed) qui, selon les acteurs financiers, est dans les starting-blocks pour resserrer les taux à nouveau d'un quart de point. « Nous ne pensons pas que ce rapport sur l'emploi va altérer la trajectoire de la Fed à court terme », ont réagi hier les analystes de la banque Barclays. Il se peut même que la banque centrale voit d'un bon œil cet essoufflement des embauches qui permet d'éviter la surchauffe alors que l'économie frôle le plein emploi, ajoutent ces analystes.
Plusieurs détails dans ces chiffres de l'emploi pourraient faire réfléchir la Fed à deux fois avant de resserrer le coût du crédit le 14 juin. D'une part, le ministère du Travail a drastiquement revu à la baisse les créations d'emplois de mars et d'avril (-66 000). Autre mauvais signe pour l'économie, le taux de participation à l'emploi, qui compte ceux qui ont un emploi ou en cherchent un activement, a décliné, aidant mathématiquement à faire baisser le taux de chômage. Dans son Livre beige, publié mercredi, la Fed avait également relevé que l'optimisme des entrepreneurs « se dégradait un peu ». Porté par les promesses de Donald Trump de réduire les taxes des entreprises et de déréguler l'environnement des affaires, le moral des entreprises, qui était au beau fixe après son élection, commence à être ébranlé par « les incertitudes » liées au sort de ces mesures qui n'ont toujours pas franchi le Congrès.
Source : AFP

