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Économie

La BDL donne un coup de pouce aux exportateurs

Finance

Les banques peuvent désormais déduire de leurs réserves obligatoires certains prêts octroyés à des entreprises industrielles.

02/06/2017

L'Association des industriels libanais (AIL) a salué hier la récente initiative prise par la Banque centrale (BDL) pour encourager l'octroi de crédits bancaires aux entreprises exportatrices. La BDL a émis le 23 mai dernier une circulaire (n° 462) autorisant les banques commerciales, accordant des « prêts en livres libanaises destinés aux fonds de roulement des entreprises industrielles », à déduire l'intégralité du montant de ce prêt de leurs réserves obligatoires.
« Cette décision est le résultat de plusieurs mois de coopération entre la Banque du Liban et l'Association des industriels. (C'est une) première mesure pour relancer les exportations industrielles et récupérer les pertes accumulées ces dernières années », s'est réjoui le président de l'AIL, Fadi Gemayel, cité dans le communiqué.
Cette mesure ne s'applique qu'aux entreprises qui ont exporté au moins 50 % de leur production pendant un an sur les trois dernières années, ou à celles « capables de prouver leur capacité à exporter ce pourcentage, dans le cas où elles ne l'ont pas exporté précédemment », indique la circulaire. Plusieurs domaines d'activités sont également exclus, comme la cimenterie ou l'extraction de minéraux ou d'hydrocarbures (terrestre ou offshore). Sont aussi exclus les bénéficiaires de prêts similaires accordés par le programme de financement commercial arabe (ATFP).
La circulaire introduit en outre plusieurs limitations et plafonnements : la durée des prêts ne peut excéder trois ans et leur montant est plafonné à 3 milliards de livres libanaises (1,9 million de dollars). Il ne doit en outre pas dépasser 60 % de la valeur des exportations réalisée pendant l'année la plus performante sur les trois dernières années. Et, dans le cas où l'entreprise n'a pas encore exporté au moins 50 % de sa production, le prêt est plafonné à 30 % de la valeur des exportations anticipées. Par ailleurs, seuls les produits libanais sont concernés, ce qui écarte de fait les produits importés pour être réexportés. Enfin, le total des intérêts, des commissions et dépenses demandés par la banque ne doit pas dépasser 3 % par an.

Ingénierie financière
« Ces facilités de prêts répondent aux besoins en fonds de roulement des entreprises libanaises exportatrices », déclare M. Gemayel à L'Orient-Le Jour. « Les exportations industrielles souffrent depuis plusieurs années pour maintes raisons. Tout d'abord, il y a eu la fermeture des routes terrestres vers les marchés du Golfe à cause du conflit syrien. Ensuite, la chute de l'euro a rendu les pays européens plus compétitifs au Liban et sur les marchés extérieurs. De plus, des clients exigent depuis quelques années des industriels libanais qu'ils entreposent davantage de stock en Europe à cause de l'instabilité régionale, ce qui augmente nos fonds de roulement », développe-t-il. Entre 2012 et 2016, les exportations industrielles ont baissé de 29 %, à 2,53 milliards de dollars, selon le ministère de l'Industrie.
Le dispositif semble aussi tomber à pic pour les banques commerciales. « Les banques libanaises vont pouvoir profiter de ce nouveau dispositif pour accorder plus de prêts libellés en livres au secteur privé et ainsi utiliser les réserves en livres qu'elles ont accumulées, notamment à travers les opérations d'ingénierie financière menées l'an dernier avec la BDL », observe une source financière haut placée. La hausse de liquidités en livres libanaises dans les banques commerciales générée par ces opérations avait alerté plusieurs observateurs, dont la Banque mondiale et l'agence de notation Moody's. « Comme la BDL interdit aux banques de convertir les prêts libellés en dollars déjà contractés, cette nouvelle circulaire leur offre une autre opportunité pour utiliser ces liquidités », ajoute la source.

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