La classe politique libanaise a condamné ce week-end l'attaque terroriste ayant visé, vendredi, des coptes dans la province égyptienne de Minya. Au moins 28 personnes, dont de nombreux enfants, avaient été tuées vendredi par des hommes armés et masqués alors qu'elles se rendaient en bus dans un monastère copte situé à plus de 200 km au sud du Caire. Les politiques ont dénoncé une tentative de semer la zizanie entre les Égyptiens et une atteinte aux chrétiens d'Orient.
Le Premier ministre, Saad Hariri, a présenté ses condoléances au président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, ainsi qu'au pape copte-orthodoxe Tawadros II, et estimé qu'il s'agissait « d'une tentative de porter atteinte à la souveraineté de l'Égypte et de semer la discorde parmi la population ».
Le président de la Chambre, Nabih Berry, est également entré en contact avec Sissi et Tawadros II afin de condamner l'attentat. « Ce crime odieux prouve que vous aviez raison lorsque vous avez considéré que le terrorisme est le même partout et qu'il faut le déraciner », a dit M. Berry à l'adresse du président égyptien. « Nous sommes sûrs que l'Égypte pourra préserver sa sécurité et son tissu national que le terrorisme tente de frapper », a-t-il déclaré dans les condoléances adressées au pape copte. Nabih Berry s'est par ailleurs entretenu au téléphone avec l'ambassadeur d'Égypte à Beyrouth, Nazih el-Najari, à qui il a présenté ses condoléances. De même pour l'ancien Premier ministre, Tammam Salam, qui a contacté M. Najari durant le week-end. L'ancien président de la République, Amine Gemayel, a également présenté ses condoléances à Tawadros II et Abdel Fattah al-Sissi.
Solidarité avec l'Église copte
Le patriarche maronite, Béchara Raï, a pour sa part rassuré Tawadros II sur la solidarité des Églises catholiques d'Orient avec l'Église copte. Il a affirmé qu'il joignait sa voix à celles du pape copte et du président Sissi pour « demander à la communauté internationale de mettre un terme aux actions des pays qui soutiennent le terrorisme financièrement, en lui fournissant des armes et des combattants ou en lui assurant une couverture politique ». « Le silence face à ces crimes constitue une participation indirecte », a-t-il dit.
Le député Nehmetallah Abi Nasr s'est pour sa part demandé dans un communiqué « comment il est possible qu'un pays comme l'Égypte, avec ses capacités sécuritaires et militaires, soit incapable de protéger une partie de sa population ».
Pour le député Boutros Harb, « la tentative d'ébranler la population copte d'Égypte vise à affaiblir la présence chrétienne en Orient et constitue une réponse au sommet arabo-américain ».
Le député Ali Osseirane a quant à lui appelé à un plan international pour éradiquer le terrorisme. Quant au député Mohammad Safadi, il a dénoncé un complot visant à saper les relations entre les chrétiens et les musulmans dans le monde.
Le Parti socialiste progressiste ainsi que le parti Amal ont enfin condamné l'attentat dans des communiqués publiés durant le week-end.


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