CONCOURS

Première compétition interuniversitaire de médiation au Liban

Le 18 mai, la faculté des sciences infirmières de l'Université libanaise et la faculté de traduction de l'Université islamique du Liban se sont opposées lors de la finale de la première compétition interuniversitaire de médiation au Liban.

Les lauréates du premier concours interuniversitaire de médiation au Liban, Rania Hayar et Élissa Succar, avec leur coach, Carla Corbani (au centre).

C'est à la salle Montaigne de l'Institut français au Liban que les deux universités finalistes se sont retrouvées pour la dernière étape de la première compétition interuniversitaire de médiation au Liban organisée du 15 au 18 mai par le Centre professionnel de médiation de l'Université Saint-Joseph, en partenariat avec la direction régionale Moyen-Orient de l'AUF et le bureau régional de l'Unesco à Beyrouth, avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung.

Lors de ce dernier match pour le prix du meilleur médiateur, la faculté des sciences infirmières de l'Université libanaise et la faculté de traduction de l'Université islamique du Liban étaient représentées chacune par deux étudiantes. Les deux équipes se sont retrouvées dans les rôles de plaignants autour d'une situation problématique. Encadrées par un médiateur professionnel afin d'assurer le bon déroulement de la médiation, les étudiantes avaient pour but de défendre au mieux la partie qu'elles représentaient.

Et c'est Rania Hayar et Élissa Succar de l'Université libanaise, faculté des sciences infirmières à Fanar, qui ont remporté après près de deux heures de débat le trophée ainsi qu'un chèque de 900 dollars offert par l'ordre des ingénieurs de Tripoli.

« Le sujet de la finale, un village accueillant des réfugiés syriens, a été intense car il fait référence à quelque chose que nous vivons au quotidien », explique Rania Hayar de l'équipe gagnante. Et de poursuivre : « Il ne faut pas laisser ses émotions prendre le dessus. Une équipe avait pour rôle de s'opposer au séjour des réfugiés dans leur village et l'autre y était favorable. Le médiateur a dû mettre le doigt sur ce qui a vraiment provoqué le problème entre les deux parties afin de pouvoir y trouver une solution. En pareille situation, il ne s'agit jamais de juste aimer ou ne pas aimer, il faut toujours réussir à se rendre compte des causes du problème et à y trouver une solution... Il faut aussi réussir à avoir de l'empathie. » L'objectif pour les deux parties a été de trouver un terrain d'entente. Chacune a dû faire des concessions tout en essayant d'obtenir un maximum d'avantages.

« La médiation, c'est arranger un conflit sans avoir à passer par un représentant de la justice », explique à L'Orient-Le Jour la coéquipière de Rania, également lauréate de la compétition, Élissa Succar. « Pour se lancer dans le match, nous avons décortiqué le thème proposé avec notre coach, Carla Corbani. Ensemble, nous avons analysé la situation et trouvé des arguments pour les personnages que nous devions représenter lors du débat. De cette manière nous avons pu argumenter au mieux face à nos adversaires. »
La compétition était très serrée, a fait savoir le jury au moment de la remise des prix. « L'approche du sujet par les deux équipes était exactement celle recherchée. Elle manquait juste d'un peu de fluidité par moment », a-t-il précisé.

« Le plus important, c'est d'être ouvert et à l'écoute de l'autre pendant la médiation », affirme Johanna Hawari-Bourjeily, fondatrice du Centre professionnel de médiation (CPM), premier centre de médiation au Liban, et membre du jury. Les deux équipes ont parfaitement réussi cela, selon elle.

Le Centre professionnel de médiation existe depuis 2006. Il a été fondé au sein de l'Université Saint-Joseph (USJ) pour promouvoir la non-violence et surtout la paix. Depuis, il collabore avec plus d'une trentaine de partenaires comme l'Agence universitaire de la francophonie (AUF) ou l'Unesco, comme lors de cette compétition. « Le but du CPM est de former les jeunes et les adultes dans les écoles, les universités et le monde professionnel à avoir une meilleure connaissance de soi et de travailler sur les préjugés », ajoute Mme Hawari-Bourjeily.

La compétition du CPM était à la base réservée à l'USJ, mais après avoir remporté un énorme succès l'année dernière, elle a été étendue à toutes les universités libanaises qui le souhaitaient. Le projet intéresse à tel point qu'il a également été lancé en Jordanie, en Égypte ainsi qu'au Soudan.

Pour Rania et Élissa, qui ont déjà beaucoup appris grâce à leur formation, il ne faut pas s'arrêter là. « Il est très important de continuer à promouvoir la médiation », insistent-elles. Après avoir gagné la compétition, les jeunes infirmières souhaitent continuer et approfondir leur connaissance du sujet. Le but pour elles serait même d'en avoir le diplôme.

 


C'est à la salle Montaigne de l'Institut français au Liban que les deux universités finalistes se sont retrouvées pour la dernière étape de la première compétition interuniversitaire de médiation au Liban organisée du 15 au 18 mai par le Centre professionnel de médiation de l'Université Saint-Joseph, en partenariat avec la direction régionale Moyen-Orient de l'AUF et le bureau...

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