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Moyen Orient et Monde

Tirs sur des manifestants : un mort et des dizaines de blessés

Bahreïn
OLJ
24/05/2017

La police a ouvert le feu hier à Bahreïn pour disperser des manifestants, faisant un mort et ravivant les tensions entre la dynastie sunnite et la population à majorité chiite dans ce pays du Golfe allié des États-Unis. Cette opération de sécurité, qui a fait également des dizaines de blessés, a permis selon les autorités de démanteler un sit-in observé depuis des mois dans un village chiite. Elle est survenue deux jours après une rencontre entre le roi du Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa, et le président américain, Donald Trump, en visite à Riyad.
Siège de la Ve flotte américaine, le petit royaume de Bahreïn est secoué par des manifestations ou accrochages sporadiques depuis la répression, en 2011, d'un mouvement de contestation animé par la majorité chiite, qui réclame une véritable monarchie constitutionnelle. Le sit-in dans le village de Diraz, près de la capitale Manama, était observé par les partisans du chef spirituel des chiites, cheikh Issa Qassem, un critique de la politique du régime qui a été condamné à un an de prison avec sursis pour collecte illégale de fonds et blanchiment d'argent.
Pour justifier l'opération, le ministère bahreïni de l'Intérieur, cité par l'agence officielle BNA, a expliqué que le lieu du sit-in était « devenu un refuge pour des personnes recherchées pour des questions de sécurité et fuyant la justice ». Plusieurs membres des forces de l'ordre ont été blessés, a-t-il ajouté. Le Bahrain Institute for Rights and Democracy (BIRD), une ONG basée en Grande-Bretagne, a annoncé « la mort tragique d'un manifestant pacifique dans la répression » du sit-in. Selon des témoins, des dizaines d'autres ont été blessés. Des photos diffusées sur Twitter par des groupes d'opposition montrent des manifestations organisées, selon eux, dans des villages chiites voisins en représailles à la répression à Diraz.
La police a procédé à « l'arrestation de 50 personnes recherchées, des évadés de prison ou des condamnés pour terrorisme », a encore indiqué le ministère de l'Intérieur, précisant que certaines personnes arrêtées avaient « trouvé refuge dans la maison de Issa Qassem ». Après le démantèlement du sit-in, « il a été décidé de maintenir la police sur place pour assurer la sécurité des habitants », a poursuivi le ministère.
Source : AFP

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