États-Unis

« Le massacre du mardi soir » de Trump

Le président américain vivement critiqué après le limogeage du patron du FBI.

Des manifestants devant la Maison-Blanche ont appelé hier à l’impeachment du président Trump après sa décision de limoger le directeur du FBI, James Comey. Jonathan Ernst/Reuters

Alors qu'il était en session avec des membres de la branche du FBI à Los Angeles, James Comey, le directeur de l'agence, a appris par un « Breaking News » (flash) qu'il venait d'être limogé par le président Donald Trump. Ce dernier a encore fait mieux : il a chargé son garde du corps personnel de remettre au bureau de M. Comey, à Washington, la lettre le sommant de partir. Il réfléchissait probablement au scénario utilisé dans l'Apprentice, (show de télé-réalité sur l'embauche qu'il animait en 2004), alors qu'aujourd'hui, 45e président des États-Unis, il vient de déclencher une crise constitutionnelle.

Si le directeur du FBI, qui planchait sur une enquête impliquant l'ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine, a été en apparence abruptement remercié de ses services, son départ, selon le New York Times, était prémédité. Le quotidien titre que cette fin se préparait depuis un an et que, « selon des aides de l'administration, de hauts responsables de la Maison-Blanche et du département de la Justice avaient été chargés de constituer un dossier justifiant le renvoi du directeur du FBI. Il avait été demandé en outre au procureur général, Jeff Sessions, d'avancer les arguments menant à cette décision ». Le chef d'accusation trouvé : l'enquête bâclée sur les e-mails de la candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton.

 

(Repère : Limogeage par Trump du chef du FBI : ce qu'il faut savoir)

 

Critiques de toutes parts
À l'unanimité, médias, analystes, historiens et politiciens de tous bords ont été sous le choc après la décision du président Trump. Même la majorité républicaine admet que son courroux a pour origine l'enquête menée par le directeur du FBI. « Lorsque vous virez l'un des personnages les plus respectés de l'Amérique, vous avez intérêt à avoir une très bonne explication, et, jusqu'ici, je ne l'ai pas entendue », a lancé hier le sénateur John McCain sur CNN.

De plus, M. Comey avait demandé l'augmentation de son budget et de l'effectif humain pour pousser plus loin l'investigation. Dans cet esprit, l'éditorial du New York Times indique que « Comey a été limogé car il pouvait faire tomber un président ». Et la BBC se demande s'il ne s'agit pas là d'un « cover up » ? De toute façon, il n'est pas dit que la fin du directeur du FBI délivrera Trump de sa croix russe.

On n'est pas loin de Watergate. À cette époque, il avait fallu cinq mois à Richard Nixon pour démettre de ses fonctions le procureur général, Archibald Cox, qui enquêtait sur le scandale des écoutes. Cela avait été qualifié de « Saturday Night Massacre » (le massacre du samedi soir). En moins de quatre mois, M. Trump a déjà limogé le directeur du FBI, réalisant, cette fois un « Tuesday Night Massacre », (le massacre du mardi soir).
John Podhoretz (écrivain, journaliste et ancien rédacteur de discours présidentiels) a très sérieusement déploré hier le terrible amateurisme de la Maison-Blanche.

Dans une série de tweets matinaux, Donald Trump avait justifié ainsi sa décision : « Comey a perdu la confiance de pratiquement tout le monde à Washington, républicains comme démocrates. Quand les choses se calmeront, ils me remercieront. » « James Comey sera remplacé par quelqu'un qui fera beaucoup mieux et ramènera l'esprit et le prestige du FBI », a-t-il ajouté.

 

(Portrait : James Comey, l'enquêteur en chef déchu par Trump)

 

Lavrov : Vous plaisantez ?
Le président américain aurait-il fait ce rapprochement en recevant hier, hors programme, Henry Kissinger qui avait été secrétaire d'État de Nixon ?

Et, fait du hasard ou pas, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, se trouve actuellement en visite à Washington pour des pourparlers avec son homologue américain, Rex Tillerson. Cette affaire pèse-t-elle sur les entretiens, a demandé la presse à un Sergueï Lavrov souvent ironique : « Il a été viré ? Vous plaisantez, vous plaisantez », a-t-il répondu.

À noter qu'au moment où le président Trump recevait, hier matin, M. Lavrov, la CNN a fait savoir que le procureur fédéral d'Alexandria (Virginie) a assigné à comparaître des collaborateurs de l'ancien membre du Conseil de sécurité nationale, Michael Flynn, et ce pour en savoir davantage sur les liens de tout ce monde avec la Russie durant la campagne électorale et la période de transition.

Ce n'est pas la première fois que le président Trump provoque ce genre de séisme, et les médias parlent de l'effondrement des institutions du pays de l'Oncle Sam. De son côté, Michael Hayden, ancien directeur de la CIA, a rédigé dans la revue The Hill (consacrée aux activités du Congrès) un article intitulé « Quand le Washington de Trump commence à ressembler au Nicaragua ».

Enfin, les shows satiriques ont immédiatement pris le train en marche, à l'instar de Trevor Noah, pour qui cela n'a pas d'autre nom que gangstérisme.

 

 

Pour mémoire

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MEGA ERREUR TRUMPIENNE... SON PRIX SERA TRES FORT... UNE MEGA ATMOSPHERE DE DESTITUTION S,Y DEGAGE !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

08 h 05, le 11 mai 2017

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Commentaires (1)

  • MEGA ERREUR TRUMPIENNE... SON PRIX SERA TRES FORT... UNE MEGA ATMOSPHERE DE DESTITUTION S,Y DEGAGE !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    08 h 05, le 11 mai 2017