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Disparus de la guerre civile : S'ils pouvaient témoigner...

Mon frère et moi avons disparu en allant vers Beyrouth-Ouest

Pour préserver l’espoir

Des milliers de personnes ont disparu pendant la guerre du Liban. Leur sort reste inconnu. Dans le cadre du projet « Fus'hat Amal »*, nous publions le portrait de l'une d'elles.

OLJ
13/04/2016

Mon nom est Nohra.
J'étais distributeur de journaux au quotidien al-Aamal. L'un des avantages de mon travail résidait dans le fait que j'étais souvent en compagnie de mon frère Boutros, lui aussi distributeur de journaux, mais au quotidien an-Nahar. Tous les matins donc, nous distribuions ensemble les journaux à Beyrouth.
J'étais plutôt calme, et toujours à la recherche de stabilité. La routine du travail m'allait très bien. Tous les matins, Boutros et moi nous mettions en route vers les bureaux d'al-Aamal au centre-ville, puis vers ceux d'an-Nahar à Hamra. Une fois les journaux emballés, nous commencions notre tournée.
Tous les jours, j'avais hâte de rentrer chez moi pour retrouver mon épouse aimante, Georgette, et nos quatre enfants. Malgré la guerre, j'ai fait de mon mieux pour maintenir le sourire sur leur visage et pour continuer à leur assurer une vie confortable et aisée.
Mon travail nécessitait de nombreux déplacements au quotidien. Ceux-ci sont rapidement devenus de plus en plus dangereux. Un jour, le 27 octobre 1975, alors que Boutros et moi nous rendions des locaux d'al-Aamal vers ceux d'an-Nahar, nous avons franchi le barrage séparant Beyrouth-Est de Beyrouth-Ouest. Personne n'a jamais su ce qui nous est arrivé. Nous avons disparu.
Toni, 13 ans, Youssef, 12 ans, Rita, 8 ans, et Élias, 2 ans, sont devenus orphelins de père. Georgette a dû les élever toute seule.
Je m'appelle Nohra Frem. Mon frère est Boutros. Ne laissez pas notre histoire s'interrompre ici.

 

* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse: www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

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