« Pourquoi le Festival de Tripoli n'est-il pas parrainé par le ministère du Tourisme cette année ? » Salima Adib Rifi, présidente de l'association « Tarablos Hayat » et épouse de l'ancien ministre Achraf Rifi, a non seulement posé cette question au public lors du lancement de l'événement, mais elle lui a également donné la réponse. Selon elle, le ministère du Tourisme se serait abstenu de verser une aide au festival en raison de la déclaration de M. Rifi le lendemain d'une émission au cours de laquelle le ministre Avédis Guidanian avait affirmé préférer l'Arménie au Liban.
Le 30 mars dernier, le ministre du Tourisme a été l'invité de Mona Abou Hamzé, présentatrice du programme Hadis el-Balad, Talk of the town diffusé sur la MTV. À la question « Que préférez-vous, l'Arménie ou le Liban ? » M. Guidanian n'a même pas hésité une seconde. « L'Arménie », a-t-il répondu. Il n'en fallait pas plus pour susciter une polémique et enflammer les réseaux sociaux.
Parmi les nombreux commentaires sur cette question, celui du général Achraf Rifi a attiré l'attention des milieux politiques. Sur son compte officiel Twitter, l'ancien ministre avait écrit le lendemain même : « Préférer un autre pays au Liban est synonyme de haute trahison. Tous ceux qui ne croient pas en leur appartenance à leur patrie devraient renoncer à leur nationalité libanaise. Les propos du ministre portent atteinte au Liban et à ses relations avec la Turquie. Il doit démissionner du gouvernement, et, s'il refuse, il doit être démis de ses fonctions. »
« L'année dernière, l'ancien ministre du Tourisme Michel Pharaon avait pris la décision de consacrer une somme de 250 millions de livres libanaises à l'association en vue de soutenir le festival. Cette année, nous avons été surpris d'apprendre, à travers un appel téléphonique de la part du ministère, que le ministre actuel a décidé de priver l'association de cette aide », a expliqué Mme Rifi avant de poursuivre : « Cette mesure semble être administrative en apparence, mais elle est profondément politique en réalité. »
Pour Assaad Béchara, conseiller de M. Rifi, la décision du ministre du Tourisme est « arbitraire et n'est que pure vexation ». « Faire prévaloir ses intérêts personnels au détriment de ceux de son ministère est inacceptable », a-t-il affirmé. « Ce festival est le plus important de tous les festivals du pays, non pas par son ampleur, mais parce qu'il a lieu à Tripoli, dans une région qui a toujours été marginalisée », a souligné Assaad Béchara. « De plus, le rendement de cet événement finance les frais de scolarité d'environ un millier d'écoliers dans le besoin. Le ministre du Tourisme n'a-t-il pas pensé à cela avant de choisir de répondre à M. Rifi de cette manière ? » s'est interrogé M. Béchara.
De son côté, M. Moustapha Allouche, ancien député de Tripoli, a estimé que « l'association n'aurait pas dû recevoir une aide de la part du ministère en premier lieu, puisqu'il s'agit d'une organisation politique et non pas civile ou touristique, d'autant que ce festival est investi politiquement par ses organisateurs ». « Mais ce serait encore pire si l'hypothèse selon laquelle M. Guidanian s'est basé sur les critiques de M. Rifi à son égard pour prendre sa décision s'avérait être vraie », a-t-il conclu.
Liban - Tourisme
Une polémique entre Rifi et Guidanian déteint sur le Festival de Tripoli
L'année dernière, le ministère du Tourisme avait consacré 250 millions de livres au festival de Tripoli. Les choses sont différentes cette année.
OLJ / Par Ornella ANTAR, le 11 mai 2017 à 00h00


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CELUI A L,APPARTENANCE NON NATIONALE EST UN BON CITOYEN... BILMA2LOUB... ET MAINTENANT VEUILLEZ PUBLIER S.V.P.
20 h 15, le 11 mai 2017