Le cardinal Béchara Raï discutant avec la délégation venue l’accueillir hier à l’aéroport au terme d’une visite de plusieurs jours au Vatican. Photo ANI
Le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a salué « les efforts déployés par les différentes parties et blocs politiques pour parvenir à une loi électorale, d'autant que le temps presse ». « Tout le monde craint que la date butoir du 20 juin ne soit atteinte sans parvenir à une entente sur une loi électorale », a-t-il déclaré à son arrivée hier à l'aéroport de Beyrouth au terme d'une visite de plusieurs jours au Vatican, où il a pris part aux travaux de la commission pontificale des communications sociales dont il fait partie et pris en charge ses nouvelles fonctions de membre du tribunal de la Rote (tribunal de grande instance) romaine.
« J'espère que les responsables libanais s'entendront sur une nouvelle loi électorale », a encore insisté le chef de l'Église maronite au cours d'une cérémonie organisée en son honneur à l'AIB, en présence notamment du ministre de la Culture, Ghattas Khoury, représentant le chef de l'État. Rappelant qu'on dit que « les Libanais parviennent à des accords au dernier quart d'heure », Mgr Raï a exprimé l'espoir que « tout se terminera bien pour que les gens puissent enfin souffler, éviter de se retrouver devant une nouvelle crise politique et pour que l'activité parlementaire et ministérielle ne soit pas paralysée ».
Se disant « optimiste » face aux nouvelles démarches entreprises pour parvenir à une loi électorale, le cardinal Raï a affirmé qu'au Liban, « nous avons besoin de beaucoup de sagesse ». Il a écarté l'hypothèse selon laquelle des conflits interlibanais surgiraient et souligné que les forces politiques au Liban doivent être unies pour « garder le pays à l'abri des crises régionales ou des crises avec une quelconque organisation terroriste ». Mgr Raï a affirmé dans ce cadre qu'avec l'armée, les forces politiques et les services de sécurité, il est possible de protéger le Liban contre toute organisation qui essaie de s'y infiltrer.
Abordant la crise syrienne, le cardinal maronite a rappelé qu'au Liban « nous vivons les répercussions de cette guerre » du fait de la présence de plus d'un million et demi de réfugiés qui « ont le droit de vivre convenablement », mais que cela « se fait aux dépens des Libanais ». Cela entraînera, a-t-il rappelé, une crise socio-économique et accroîtra le danger politique et sécuritaire. « Tout le monde sait que la route commerciale terrestre qui passe par la Syrie vers le Golfe, la Jordanie et l'Irak est fermée, a-t-il noté. Il est donc nécessaire d'essayer d'éviter, autant que possible, de nouveaux conflits et qu'on se serre les coudes le temps que cette crise passe. »


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