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Culture - Spectacle

La danse pour sortir des ténèbres ?

Le mythe d'Orphée repensé par Cornelia Krafft au théâtre al-Madina.

Orphée et Euridice allant vers la lumière. Photo DR

Un décor sobre, cinq artistes et le son d'une flûte sont venus combler, le temps d'une week-end, les silences du théâtre al-Madina.
Le célèbre musicien de la mythologie grecque et sa femme Eurydice ont revu le jour à travers les danses poignantes de Yara Boustany et Ahlam Dirani dans Orpheo a Breath of Light, un spectacle de Cornelia Krafft. Communiant par la respiration et guidées par le son de l'instrument (joué par Kamel Hélou), l'une tente de sauver l'autre de l'enfer comme Orphée voulait le faire avec sa bien-aimée. Pour parvenir à traverser ce périple de l'obscurité à la lumière, de la mort à la vie, la seule condition imposée aux deux amants est de ne pas se regarder. Tout comme dans le mythe, l'instrument a une place majeure car il symbolise le breath of light, le souffle de lumière. La lyre d'Orphée a ainsi laissé la place à la flûte japonaise Shakuhachi, à l'origine donnée aux moines mendiants (komuso) pour répandre la paix.
Le rythme lent de la performance muette, ponctué par les mélodies de la flûte de bambou, permet au public de saisir chacune des émotions des corps. À travers ce choix d'interprétation, l'objectif de Cornelia Krafft est de laisser libre cours à l'expression corporelle qui est un langage universel. Avec son statut d'étrangère au Liban, la danse lui permet de s'adresser à un public sans être confrontée à la barrière de la langue. Les gestuelles des artistes, aux visages expressifs, permettent de faire passer des messages compréhensibles par tous. La confiance étant le maître mot du mythe, le but de la performance est de mettre l'accent sur l'importance de la communion avec l'autre. De même, afin de vaincre les obstacles et de retrouver l'amour, il est difficile mais nécessaire d'avoir confiance en notre humanité.
Un message on ne peut plus actuel pour le monde d'aujourd'hui, Orphée n'en finissant pas de sortir des ténèbres.


Un décor sobre, cinq artistes et le son d'une flûte sont venus combler, le temps d'une week-end, les silences du théâtre al-Madina.Le célèbre musicien de la mythologie grecque et sa femme Eurydice ont revu le jour à travers les danses poignantes de Yara Boustany et Ahlam Dirani dans Orpheo a Breath of Light, un spectacle de Cornelia Krafft. Communiant par la respiration et guidées par le...

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