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Agenda - Hommage

De Gutenberg à Walid Tuéni

Un grand homme est mort. L'homme, qui avait à la place du cerveau une imprimerie et à la place du sang de l'encre, fit pâlir les plus grands imprimeurs des siècles passés et surtout de l'avenir. Un artiste de son temps. On connaît Ghassan, on connaissait Fouad, officier puis patron de la distribution des journaux libanais. Walid était le machiniste de l'imprimerie et le père de l'alphabet arabe du Nahar. Il a habité l'immeuble où je suis né. Il était mon voisin et grand ami de mon père. C'était un homme convaincu de l'honnêteté des Forces libanaises de Bachir dont il appuyait les idées.
L'homme fit de la prison pour des raisons politiques à la place de son frère Ghassan et couva Gebran à Paris pour qu'il devienne ce qu'il a été. Walid lutta pour que le Nahar brille au firmament et que son coq chante tout haut, il était le VIP du Nahar, de son groupe, dans la discrétion la plus totale. De Marwan Hamadé à Tony Frangié, Walid était un homme qui a su tenir l'équilibre politique du journal et de Ghassan. Il était toujours présent auprès de Nadia. Je me rappelle à la mort de Makram, Walid était là pour tout avec Samir Tuéni.
Il a été le commodore de l'ATCL au temps où les généraux géraient le club. Il était le beau-frère de Mitri Tuéni, le propriétaire du restaurant al-Bahri de renommée internationale disparu en 1975 avec la guerre du Liban. Il a créé le Nahar en France et, avec ses frères, les éditions du Nahar. Les habitués du restaurant le Beaujolais de la rue d'Artois à Paris le connaissaient comme le loup blanc : Monsieur Walid par-ci, Monsieur Walid par-là. Il recevait tous les Libanais et les aidait pour des papiers de séjour et les accompagnait avec Joy Haddad à la préfecture de police. Il était le vrai maire de Paris et habitait le parc Tuéni, ce qu'on appelait à ce moment « tousswinett el-Tuéni ». Il rendit ses lettres de noblesse à la librairie Dupré Octante que la moitié du Liban et du Proche-Orient connaissent. Un homme de cœur et pas d'intérêt. La vie n'a pas été facile avec la mort de son fils Marwan, de son neveu Gebran, puis de son frère Ghassan. Il fut laminé, mais Myriam et ses enfants étaient présents, sans oublier Gaby, sa femme et ses neveux. Walid restera cet inconnu pour le public, mais un espoir pour la vie et un exemple à suivre.

 

Un grand homme est mort. L'homme, qui avait à la place du cerveau une imprimerie et à la place du sang de l'encre, fit pâlir les plus grands imprimeurs des siècles passés et surtout de l'avenir. Un artiste de son temps. On connaît Ghassan, on connaissait Fouad, officier puis patron de la distribution des journaux libanais. Walid était le machiniste de l'imprimerie et le père de l'alphabet arabe du Nahar. Il a habité l'immeuble où je suis né. Il était mon voisin et grand ami de mon père. C'était un homme convaincu de l'honnêteté des Forces libanaises de Bachir dont il appuyait les idées.L'homme fit de la prison pour des raisons politiques à la place de son frère Ghassan et couva Gebran à Paris pour qu'il devienne ce qu'il a été. Walid lutta pour que le Nahar brille au firmament et que son coq chante tout haut, il...