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Liban

De Washington à Moscou, le Liban tente d’anticiper de nouvelles sanctions contre le Hezbollah

À Moscou, le Liban représenté par Hajj Hassan accuse les USA de terrorisme.

S. N. | OLJ
20/04/2017

L'éventualité de nouvelles sanctions américaines contre le Hezbollah, qui seraient approuvées en mai prochain par le Congrès, se confirme. Ces sanctions seraient plus strictes que celles prises en 2016, en ce sens qu'elles élargissent l'éventail des personnes qui en sont des cibles potentielles, c'est-à-dire qui risquent de voir leurs comptes bancaires au Liban fermés. Aux partisans ou simples sympathisants du Hezbollah qui tombaient sous le coup des sanctions de 2016 pourrait s'ajouter toute personne, physique ou morale, ayant servi de prête-nom au Hezbollah pour contourner les sanctions américaines en vigueur, indique une source indépendante à L'Orient-Le Jour.
C'est en prévision des nouvelles sanctions plus strictes que des contacts sont entrepris dans le but de trouver un équilibre entre leur mise en œuvre par les banques libanaises et la préservation de la stabilité interne, sécuritaire et économique. Pour rappel, les sanctions de 2016 avaient provoqué l'attentat-message contre le siège de la BLOM Bank à Hamra en 2016, à l'issue duquel un comité interbancaire, chapeauté par la BDL, avait été créé pour examiner au cas par cas les comptes de clients potentiellement douteux.
Hier, le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé a été reçu à Baabda par le président de la République, le général Michel Aoun. Rassurant, M. Salamé a affirmé que « la BDL a les moyens de préserver la stabilité monétaire du pays ». L'entretien a été qualifié de « positif » par des sources citées par l'agence d'information al-Markaziya, révélant en outre qu'une « cellule de crise a été aménagée au sein de la BDL pour anticiper les retombées des sanctions éventuelles ».
En parallèle, c'est à Washington que la délégation parlementaire, formée des députés Yassine Jaber, Alain Aoun et Bassem Chab, tâte le terrain de ces nouvelles sanctions, loin des feux de la rampe, en marge de la conférence internationale des parlementaires organisée par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Lors du premier panel de la conférence, la délégation libanaise a adressé au directeur du département Europe du FMI, Jeffrey Franks, un appel à « apporter des réponses exceptionnelles au fardeau exceptionnel » que la crise des déplacés fait porter au Liban. Selon les informations d'al-Markaziya, M. Franks se serait dit compréhensif à l'égard des difficultés engendrées par la crise, avant de préciser toutefois que « le FMI n'a pour l'instant aucune idée de solutions toutes prêtes ». Et de proposer, en tout état de cause, « d'ouvrir le marché du travail aux Syriens afin qu'ils contribuent au développement de l'économie plutôt qu'à son épuisement ».
Tout aussi significative est, à la veille des sanctions américaines, la présence à Moscou d'une délégation des ministres Hussein Hajj Hassan, Raëd Khoury et Avédis Guidanian qui y effectuent, avec des hommes d'affaires libanais, une visite à caractère économique dans l'objectif notamment d'attirer les investisseurs russes au Liban. Au deuxième jour de sa visite, la délégation a pris part à une réunion de la commission russe des Affaires étrangères, au siège de la Douma. Après le mot de bienvenue du député Leonid Slotsky, valorisant la « haute coopération entre les parlementaires » des deux pays, M. Hajj Hassan a défendu la mise en œuvre « d'une vision commune qui contribue à un essor économique complet ». Il a estimé dans ce cadre que la Russie a « un rôle central à jouer dans le chantier de reconstruction de la Syrie ».
Les enjeux économiques n'ont pas exclu, à l'évidence, les références politiques, axées sur la lutte commune contre l'État islamique. M. Slotsky s'est dit « inquiet pour la Syrie et la région de la menace de l'EI (...) une création des États-Unis (...) qui ne la combattent pas, mais combattent le président syrien ».
À son tour, M. Hajj Hassan a déclaré que le Liban et la Russie sont « dans une même position » et dans une même lutte « face au terrorisme ». « Nous soutenons avec force le rôle central de la Russie dans la lutte contre le terrorisme, l'EI et le Front al-Nosra, appuyés par les États-Unis », a-t-il ajouté.

S. N.

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