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Campus

Tamara Abi Khalil, la passion à fleur de peau

Libre cours
08/04/2017

Elle possède le physique d'une star de cinéma et l'esprit d'une jeune chercheuse assoiffée de nouvelles connaissances. À 25 ans, Tamara Abi Khalil vient d'entamer un doctorat en psychologie de la communication à l'Université autonome de Barcelone (UAB). Son projet de thèse, pas encore officiellement défini, portera a priori sur « les effets psychologiques des séries télévisées sur les spectateurs ». Il s'intéressera plus précisément aux fictions télévisuelles qui traitent de la mode, des tueurs en série et de la drogue. L'intérêt que l'ambitieuse doctorante porte à ce sujet n'est pas nouveau. Son mémoire de master en médias et communication, défendu à l'Université Notre-Dame de Louaizé (NDU) en 2015, avait pour thème les tendances de la mode et l'influence des séries télévisées sur les jeunes téléspectateurs libanais.
Toutefois, ce qui captive Tamara Abi Khalil depuis ses tendres années, ce qui l'enthousiasme et la passionne, ce qui lui permet de poser les bonnes questions et d'y apporter des éléments de réponse, son moyen d'expression préféré, c'est l'écriture. « J'ai toujours aimé écrire et j'ai toujours écrit », confie la dynamique femme qui vient de publier dans la langue de Shakespeare un premier roman intitulé pertinemment Chasing Serendipity. Une expérience édifiante pour la jeune auteure qui avait remporté plusieurs concours de nouvelles alors qu'elle était encore écolière.

Aux antipodes des contes de fées
La jeune femme aux multiples talents – elle a à son actif douze ans de ballet classique, dont sept avec Georgette Gebara, grande figure de la danse au Liban – explique : « Chasing Serendipity raconte l'histoire de Tala, une jeune adolescente sur le chemin de l'âge adulte. Elle va traverser les expériences habituelles que connaissent les jeunes filles de son âge : rupture avec son copain, conflits avec ses copines... » S'y ajoutent, en toile de fond, les réseaux sociaux, les séries télévisées et les images déformées de la réalité qu'ils véhiculent. Un cadre ponctué par les remarques, désobligeantes et déplacées, sur son physique que lui répètent certaines personnes de son entourage. Des messages négatifs que Tala « absorbe comme une éponge » et qu'elle « finit par croire avec le temps », comme l'écrit Tamara.
Si au début de son projet d'écriture, l'idée de publier ne l'avait pas effleurée, la jeune auteure raconte s'être rapidement trouvée entraînée par sa plume. « Au fur et à mesure que l'histoire évoluait, mon ambition croissait. Je consacrais alors plus de temps à l'écriture », confie-t-elle.

Pas de prince charmant
Tamara Abi Khalil, qui est née et qui a vécu les six premières années de sa vie à Bruxelles, n'a pas voulu apposer un drapeau sur le pays de son héroïne ni dessiner ses frontières. « L'histoire de Tala est universelle. L'impact des réseaux sociaux et l'influence de l'entourage sur les jeunes est une réalité partout au monde », indique-t-elle avant d'ajouter : « Lorsque les gens répètent à une jeune fille qu'elle est trop grosse ou trop maigre, ils ne semblent pas réaliser l'effet dévastateur que leurs propos pourraient avoir sur elle. »
L'histoire, composée de bribes du propre vécu de l'auteure, de fragments de la vie de ses amis et de parcelles de son imagination, est surtout une invitation à l'émancipation et au bonheur, le vrai, celui qui prend un autre visage que celui plastifié et figé que dépeignent les médias télévisés et les réseaux sociaux. « Je n'ai pas voulu écrire une histoire d'amour à l'eau de rose. Au contraire. J'ai voulu plonger le lecteur dans la réalité pour qu'il puisse s'y reconnaître », souligne la jeune auteure. « Les fins heureuses ne sont pas toujours celles des contes de fées », fait-elle dire à l'un de ses protagonistes. Le bonheur arrive lorsque la vie cesse d'être une course effrénée pour combler des rêves artificiels et des besoins créés de toutes pièces par la société, les médias, les réseaux sociaux, l'entourage. Des alternatives existent. Et elles sont libératrices, plus réelles, plus authentiques, plus durables. Pour Tamara Abi Khalil, chacun peut créer son propre conte de fées.
Pour en savoir plus sur la jeune auteure :
https://www.facebook.com/TamaraAbiK/?ref=ts&fref=ts

 

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