Liban

Le sommet arabe de Amman, une opportunité de réconciliation avec les pays du Golfe

L’éclairage
25/03/2017

Les préparatifs en vue de la tenue, aujourd'hui, du sommet arabe à Amman vont bon train. Sur le plan local, les contacts se sont intensifiés pour tenter d'harmoniser la position libanaise en l'adaptant au climat général qui prévaut dans la région. Une tâche d'autant plus importante que les leaders des pays arabes, et plus particulièrement ceux du Golfe, guettent en attendant de voir quel discours le Liban portera lors du sommet afin de décider en conséquence des relations futures à entretenir avec Beyrouth.

La rencontre de Amman constitue en effet une charnière importante à la lumière de la dégradation des relations survenue après les célèbres propos du président de la République Michel Aoun sur le rôle du Hezbollah, lors de son passage au Caire. Le chef de l'État avait souligné dans un entretien accordé à un média égyptien que les « armes du Hezbollah sont nécessaires et complémentaires de l'action de l'armée tant que celle-ci n'a pas la force de frappe nécessaire pour faire face à Israël, qui occupe toujours une partie du territoire libanais ».

Cette prise de position avait suscité des réactions négatives qui ont requis une clarification de la part du Premier ministre, Saad Hariri, et de plus d'un responsable politique, dont le chef des FL, Samir Geagea. Tous ont réaffirmé le principe du monopole de l'usage de la force par l'État. M. Geagea a également rappelé la nécessité pour le Liban d'adopter une politique étrangère indépendante, fondée sur la politique de distanciation par rapport aux crises extérieures, ainsi que le respect des résolutions et conventions internationales.

Du Caire où il clôturait hier sa visite officielle, le chef du gouvernement Saad Hariri a reconnu devant les journalistes qui évoquaient cette problématique qu'il existe effectivement des différends au sein du gouvernement à ce sujet mais qu'ils n'iront pas jusqu'à susciter des problèmes. « Nous mettons ces différends de côté pour en discuter calmement afin de trouver les solutions qui servent l'intérêt du Liban », a-t-il déclaré.

À Washington où il se trouve dans le cadre d'un sommet pour la lutte contre le terrorisme, le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil a souligné pour sa part « l'unanimité libanaise autour du rôle du Hezbollah pour résister contre Israël et défendre le Liban. Aux Libanais de s'entendre, par le biais du dialogue, sur une stratégie nationale », a-t-il indiqué, précisant toutefois que la préservation de la sécurité et de la stabilité internes ainsi que la lutte contre le terrorisme sont autant de tâches qui relèvent des forces armées. « Telle était la teneur de la déclaration ministérielle », devait rappeler M. Bassil.

Un observateur politique rappelle à ce propos les conséquences néfastes des prises de position affichées par le chef de l'État, le ministre des Affaires étrangères et les milieux proches de son camp politique, qui ont été suivies d'une reprise de la campagne de dénigrement des pays du Golfe menée par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Des positions qui n'ont fait l'objet d'aucune mise au point de la part de Baabda ou du palais Bustros, créant ainsi un malaise chez les États du Golfe. En somme, un climat qui tranche radicalement avec les déclarations faites par M. Aoun dans le sillage de son élection, suivie de sa décision d'inaugurer ses visites à l'étranger par un voyage en Arabie saoudite où il a exprimé à l'occasion son attachement à l'ouverture au monde arabe. Bien accueillis au départ, ces propos ont motivé la décision d'autoriser à nouveau le tourisme arabe au Liban, aussitôt freinée par les positions de soutien aux armes du Hezbollah. Également remise en cause, la décision de la réactivation de la mission diplomatique saoudienne au Liban, reportée à une date ultérieure à la tenue du sommet de Amman. La visite promise du roi Salmane a été en même temps gelée en attendant de voir ce que révélera la nouvelle posture du Liban lors de ce sommet.

De source ministérielle, on indique à ce propos que la participation du Premier ministre à cette rencontre sera déterminante, dans la mesure où l'on s'attend que Saad Hariri fasse montre d'un front libanais unifié, inspiré du discours d'investiture du chef de l'État et de la teneur de la déclaration ministérielle qui a suivi, deux références qui représentent un point de convergence parmi les Libanais.

D'après les conseils prodigués par des parties extérieures, le sexennat du président Aoun aurait intérêt à mettre en place une commission de dialogue comprenant les différents protagonistes politiques, chargée de plancher sur les questions épineuses telles que la stratégie de défense et autres dossiers mis en veilleuse et susceptibles de faire l'objet d'une entente politique. Une telle réalisation ne manquera pas d'avoir des retombées positives sur la scène locale et externe.

Entre-temps, le sommet de Amman devrait déjà paver la voie à une décrispation des relations avec certains pays du Golfe menant à l'ouverture d'une nouvelle page dans les rapports entre le Liban et ses voisins arabes, estime-t-on dans certains milieux ministériels. Certains responsables s'attendent même au retour à la normale des rapports entre l'Arabie saoudite et le Liban, l'arrivée du nouvel ambassadeur étant attendue au début du mois d'avril.

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA 1701 AU MENU POUR LA SERVIR A L,ARABE PRETE A LA TABLE DE L,INTERNATIONAL... PERSONNE N,OSERA CONTREDIRE !

Ma Fi Metlo

Subitement les conférences arabes prennent de l'importance ??????

Quand il s'agissait de se réunir pour condamner israel usurpateur on entendait des rires crever les plafonds.

Bery tus

Tout ce bla bla et encore n'est la que pour faire valoir la 1701 un point c'est tout .. et l'avenir nous le montrera !!

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