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Liban

Geagea s’en prend au populisme et défend Hariri

Meerab

Le leader des FL propose une série de démarches pour éradiquer la corruption et le gaspillage des deniers publics.

OLJ
21/03/2017

Le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, s'en est pris hier, sans le nommer, au parti des Kataëb, l'accusant de populisme, et a exprimé par ailleurs son appui au Premier ministre, Saad Hariri, qui a été hué, dimanche, lors du sit-in organisé pour protester contre les mesures fiscales que tente d'imposer le gouvernement.
« L'exploitation populiste est laide, quelle que soit sa forme », a affirmé M. Geagea, lors d'une conférence de presse tenue à Meerab, soulignant que « la forme la plus rebutante est celle qui profite de la peine et de la douleur des gens ».
Et de critiquer « un parti (les Kataëb) qui a participé à tous les gouvernements, sauf au dernier, et qui se met maintenant à déplorer la corruption et le gaspillage », se demandant « comment ce n'est que récemment que lui sont venus à l'esprit ces fléaux ».
Dans le même temps, le leader des FL a fustigé l'ancien directeur général de la Sûreté générale, Jamil Sayyed, qui a participé au sit-in du centre-ville, le décrivant comme « un des plus grands symboles de la corruption à l'ère de la tutelle (syrienne) ».
M. Geagea a par ailleurs pris fait et cause pour le Premier ministre, Saad Hariri, s'élevant « contre une attitude inacceptable » des protestataires, et soulignant que le chef du gouvernement s'est pourtant rendu à la place Riad el-Solh « pour s'adresser aux gens et s'enquérir de leurs appréhensions, et leur demander de former un comité de suivi pour discuter de leurs doléances ». M. Geagea n'a pas manqué d'accuser dans ce cadre « des personnes mal intentionnées qui ont tenté d'exploiter le mouvement de protestation ».

Un panier de mesures
Le leader des FL a par ailleurs présenté des propositions pour redynamiser le secteur économique et mettre fin à la corruption et à la dilapidation des fonds publics, prônant notamment une politique stricte de réduction des dépenses, de recouvrement d'impôts, de contrôle des douanes et de suspension du recrutement de fonctionnaires.
« Nous détenons un panier renfermant des mesures à prendre pour s'engager dans le droit chemin », a annoncé M. Geagea, évoquant d'abord « une étape d'austérité et de réduction des dépenses ». « Le montant des dépenses s'élève cette année à 26 milliards de livres libanaises », a-t-il relevé, réclamant que ce chiffre soit revu à la baisse pour atteindre 22 milliards de livres libanaises, à l'instar du chiffre qui figure au projet du budget de 2016. Et d'illustrer les dépenses inutiles en s'interrogeant : « Est-il raisonnable que certains ministères renouvellent leur ameublement ou acquièrent un véhicule à 30 000 $ ? »
Par ailleurs, et en vue de mettre fin à l'évasion fiscale, M. Geagea a préconisé une attitude stricte de l'État pour recouvrer les impôts en cas de non-paiement par le contribuable, ce qui éviterait, a-t-il dit, de procéder à de nouvelles impositions. Et de noter que « le gouvernement peut, sur ordre judiciaire, consulter les comptes bancaires d'entreprises en vue de vérifier leurs revenus et prélever des impôts proportionnels à leurs bénéfices ».
Le chef des FL a également proposé un contrôle sévère des douanes, ce qui, a-t-il estimé, favoriserait « l'entrée de fonds énormes dans les caisses de l'État ». Il a par ailleurs évoqué l'existence de voies et de passages incontrôlés, qui « génèrent à l'État des pertes de 200 à 400 millions de dollars », déplorant en outre les infractions dans les ports de Beyrouth et de Tripoli.

Quarante enseignants pour vingt élèves
Un quatrième point qui, selon M. Geagea, contribuerait à arrêter l'hémorragie financière est la suspension des embauches dans l'administration publique. « Les salaires et les pensions de retraite dans ce secteur atteignent 35 % du montant du budget », a déploré M. Geagea, indiquant que « les fonctionnaires cadrés et contractuels sont au nombre de 310 000, sans que pour autant ce nombre corresponde à leur productivité ». Et de s'indigner : « Est-il possible que des écoles publiques comptent parfois 40 enseignants pour 20 élèves ? »
Loin d'être en reste au niveau des mesures à adopter, le secteur de l'électricité a fait l'objet d'une étude des Forces libanaises, sur base de laquelle les FL ont réclamé la privatisation de la production de l'électricité. M. Geagea indique à ce propos qu'« un plan à court et moyen terme a été établi et a été bien accueilli par le Courant patriotique libre (CPL), plus particulièrement le ministre de l'Énergie et de l'Eau, qui a présenté un cahier des charges en ce sens ».
Affirmant enfin qu'« un redressement du pays nécessite des capitaux provenant habituellement des pays du Golfe », le leader des FL a attribué l'absence d'investissements et de touristes arabes aux attaques du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, contre ces États, et à l'implication du parti chiite dans les guerres de Syrie et du Yémen. M. Geagea a exhorté le gouvernement à « s'adresser officiellement aux représentants du Hezbollah pour leur dire qu'à cause d'une telle attitude, le Liban a perdu de nombreuses opportunités qui lui auraient permis de se redresser ».

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Mais que fera donc Séttt Asstrîdâh alors, yâââï, pour pouvoir ; à Chaque Saisonnn ;.... "Renouveler l'Ameublement" ?
Yîîîh !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

"Est-il raisonnable que certain(e)s renouvellent always leur ameublement, ou bâtissent des Bunkers-(résidences) valant des Millions d'US Dollars ?!
Et en vue de mettre fin à l'évasion fiscale des politicards, une attitude stricte de l'État pour recouvrer leurs impôts éviterait de procéder ainsi à de nouvelles impositions sur le crâne du Simple conTribuable !
Car un gouvernement de Pays Développé ; qui donc se respecte mahééék ; consulte d'office lui les comptes bancaires de ses (politiciens) en vue de vérifier leurs revenus n'est-ce pas, et prélever des impôts proportionnels à leurs énormes bénéfices !
Surtout que les (Dons Frérots) des pays du Golfe, e.g. le Qatar surtout ; yâââï ; ont diminué d'une façon drastique !
Yâ hassértéééh !".

Hanna Philipe

We agree with most of what Mr Geagea is saying above, HOWEVER we do not believe the "Talk" anymore... since we've seen the opposite being executed, unfortunately, very successfully!!!

In Lebanon, Presidents & Governments come and go... but CORRUPTION STAYS & GROWS (25+ years after the war, still no Electricity, no water, no roads, etc...)

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