La situation des réfugiés syriens évoquée par le Saint-Père et M. Aoun lors de leur rencontre. Photo ANSA
Le chef de l'État, Michel Aoun, est retourné hier à Beyrouth après une visite effectuée au Vatican, où il a rencontré le Saint-Père, le pape François. Le pape avait reçu en audience M. Aoun jeudi dernier. Selon le communiqué de la salle de presse du Saint-Siège, le président et le Saint-Père ont insisté sur « le rôle historique et institutionnel de l'Église dans la vie du pays ». Ils ont exprimé leur satisfaction quant à l'engagement des différentes forces politiques pour mettre fin à la vacance présidentielle qui a duré deux ans et demi, espérant à l'avenir « une coopération plus fructueuse entre les membres des différentes communautés ethniques et religieuses » pour le bien de la nation. Au cours de cette audience, il a aussi été question de la situation en Syrie. Le pape a salué le rôle du Liban dans l'accueil de nombreux réfugiés syriens. Le contexte régional a également été abordé, notamment les autres conflits en cours et « la situation des chrétiens au Moyen-Orient ».
Quelques heures après sa rencontre avec le souverain pontife, le président Aoun a accordé un entretien à Radio Vatican dans lequel il a évoqué les principaux défis auxquels est confronté le Liban. Dans cette interview, le président a affirmé qu'au Liban la classe politique n'a d'autre choix que d'adopter une nouvelle loi électorale.
Ci-dessous, la teneur de l'entretien.
Quels sont les défis auxquels fait face le Liban actuellement ?
Le Liban a besoin d'être soutenu politiquement à l'ombre de cette crise qui secoue la région et le monde arabe. J'ai évoqué avec le Saint-Père les problèmes de la région et du Liban, qui sont la conséquence de cette crise mondiale.
Votre pays est sous une forte pression à cause de la guerre en Syrie. Quels changements provoque cette crise au sein de la société libanaise ?
Il n'y a pas eu de changements au sein de la société libanaise puisque nous avons réussi à préserver la stabilité et la sécurité dans le pays, à l'exception peut-être (d'un épisode tragique) au début puisqu'il y a eu des attentats terroristes qui ont fait beaucoup de morts. Relativement à ce qui se passe dans toute la région, cette épreuve était quasiment minime, mais les conséquences indirectes étaient très graves. Le Liban, avec ses 4 millions d'habitants, a accueilli 2 millions de réfugiés, ce qui rend la situation économique et sécuritaire très précaire.
L'Église maronite a appelé les différentes formations politiques à s'entendre pour aboutir à une nouvelle loi électorale ? Que faut-il faire pour débloquer la situation?
Il faut dialoguer. C'est ce que nous sommes en train de faire. Je pense que cela va aboutir bientôt. Nous nous trouvons déjà dans l'impossibilité de proroger le mandat parlementaire et nous ne pouvons pas risquer d'avoir un vide. Donc nous serons obligés d'adopter une nouvelle loi.
Récemment, un séminaire sur le thème de la « violence au nom de Dieu » a réuni chrétiens et musulmans à l'université al-Azhar au Caire. La déclaration finale de cette rencontre est très forte et rejette notamment le statut de minorité. En quoi ce concept de minorité est-il un préjudice pour le Liban ?
Il faudra trouver un système juridique qui prévoie l'abolition du système confessionnel en politique. Ce sera une ambiance laïque à ce moment-là.
Avez-vous bon espoir que les divisions et particularismes puissent être dépassés?
Dans cette situation, les particularismes seraient pratiqués dans le privé mais pas au niveau du pouvoir qui devrait se fonder sur une législation moderne et non sur des considérations communautaires.
Le Liban a souvent été érigé comme un modèle de coexistence dans cette région compliquée. Est-ce que ce modèle est menacé aujourd'hui ?
Non, ce modèle n'est pas menacé, mais s'il y a un changement, il se fera de manière progressive, en préservant la stabilité et la sécurité du pays. Sur ce point, il y a un consensus national.
Les blocages politiques ne menacent-ils pas la cohésion de la société libanaise ?
Ce n'est pas la cohésion de la société qui est menacée. Cela dit, il y a certes des choses qui sont bonnes à changer et qui ne bougent pas. Il y a actuellement au sein de la société une lutte entre les avant-gardistes et les conservateurs. C'est là où réside le problème. C'est ce qui doit évoluer.
Vous avez invité le Saint-Père, le pape François, à venir visiter le Liban. Que vous a-t–il dit ?
Il viendra, je pense.
Quel souvenir gardez-vous de la visite du pape Benoît XVI ?
Toutes les communautés confondues ont accueilli le pape Benoît XVI avec enthousiasme. Je l'ai moi-même rencontré. Le pape s'impose toujours comme une autorité spirituelle et morale dans le monde entier.


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"Äâoûn : Le pape s'impose toujours comme une autorité spirituelle et morale dans le Monde Entier." ?! Quid du Cyrille "Dernier" moscovite, et surtout.... Du "Guide-Wâlïyoûlfakkîh" de Qôôôm ?
15 h 13, le 18 mars 2017