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Nos lecteurs ont la parole - Georges Tyan

Changer et d’hommes et de recettes

Photo Bigstock

« Les mêmes hommes et les mêmes idées, leurs recettes ont simplement échoué. » Ce constat d'un candidat à la présidentielle française, lancé contre ses concurrents, m'a interpellé. Pourtant Je m'étais promis de ne jamais aborder ce sujet, l'ayant enfoui au plus profond des oubliettes de ma mémoire, jugeant qu'en tant que libanais, il ne me concernait nullement.
De culture française, je n'ai pu en dépit de toute ma volonté rester imperméable à cette campagne à rebondissements, dont les soubresauts dénotent souvent d'une similitude parfaite avec notre quotidien. La colonisation de notre pays ayant laissé des marques indélébiles dans nos gènes, leur résidu tenace mène à une comparaison parfois caricaturale, mais combien vraie.
L'épouse d'un autre candidat aurait bénéficié dit-on des largesses de l'État français, la belle affaire. Si cela se passait au Liban, c'est tous les natifs du village, voire de la région, même toute la communauté dont est issu le mari qui auraient à leur premiers balbutiements bénéficié d'emplois fictifs grassement rétribués.
Je me demande bien quel quotidien, revue ou station de télévision auraient ébruité l'affaire avec tant d'insistance et moult détails. Au mieux son rédacteur en chef croupirait à l'heure actuelle en prison pour diffamation, sinon à six pieds sous terre il serait en train de déguster les pissenlits par leur racine, emporté par la hargne des meutes conduites par autobus entiers hurler des menaces sous les fenêtres de ceux qui ont eu l'outrecuidance de porter atteinte à la probité et la rectitude de l'un ou l'autre de nos augustes dirigeants.
Le plus dangereux dans ces situations à deux doigts de tourner au drame, est qu'à l'instar des foules bigarrées, tapageuses à souhait, forcenées à faire peur, leurs meneurs ne savent pas le pourquoi du comment, ni contre qui ils manifestent avec ce déchaînement de violence. On a juste pressé un bouton et les professionnels de l'émeute se sont mis en branle.
Passons. Toutefois je me demande aussi quel juge assez téméraire, mais assurément suicidaire, aurait eu la mauvaise idée de se saisir d'une affaire pareille, ordonner une perquisition au domicile ou au bureau d'un pompeux personnage suspecté de péché véniel, sa main ayant par mégarde confondu sa poche avec les caisses de l'état, où il a puisé sans retenue.
Au pays de notre tendre mère la France, ces pratiques aussi bénignes fussent-elles, mènent tout droit à la case prison ; au Liban comme au Monopoly, si on frôle les murs des cachots, les dés étant pipés, c'est pour mieux se faire catapulter dans un siège de responsabilité où l'on se prendra pour un fiscaliste hors pair, imposant de nouvelles taxes à un peuple exsangue, pour continuer le jeu malsain des vases communicants confondant ses deniers avec ceux de l'état.
Fiscaliste ? Passe encore, du besoin jaillit la lumière. Mais s'instaurer en un incontournable constitutionnaliste, est une aimable plaisanterie difficile à gober, quoique Beyrouth notre scintillante capitale qui ne brille plus depuis déjà longtemps faute de courant électrique, soit comme on veut bien nous le faire croire, le berceau des lois.
Quoi qu'il en soit le pas du ridicule est franchi voire dépassé, personne n'en est mort. Les responsables respirent la santé. À chaque matin éclôt une nouvelle mouture de la loi électorale, à chaque coucher de soleil le livre se referme sur un ouvrage plus biscornu encore que le précédent. Les mêmes hommes, les mêmes idées, leurs recettes ont simplement échoué.
Au Liban toutefois, les dirigeants, tous de connivence même s'ils le démentent, jouent la montre pour faire les prolongations et s'incruster à moindre frais, ad vitam aeternam, dans le paysage politique du pays, et ils sont en passe de réussir leur coup.
C'est le peuple qui une fois de plus échouera à changer et d'hommes et de recettes. Dommage !

Georges TYAN

« Les mêmes hommes et les mêmes idées, leurs recettes ont simplement échoué. » Ce constat d'un candidat à la présidentielle française, lancé contre ses concurrents, m'a interpellé. Pourtant Je m'étais promis de ne jamais aborder ce sujet, l'ayant enfoui au plus profond des oubliettes de ma mémoire, jugeant qu'en tant que libanais, il ne me concernait nullement.De culture française, je n'ai pu en dépit de toute ma volonté rester imperméable à cette campagne à rebondissements, dont les soubresauts dénotent souvent d'une similitude parfaite avec notre quotidien. La colonisation de notre pays ayant laissé des marques indélébiles dans nos gènes, leur résidu tenace mène à une comparaison parfois caricaturale, mais combien vraie.L'épouse d'un autre candidat aurait bénéficié dit-on des largesses de l'État...
commentaires (2)

LES DERNIERES DEUX LIGNES DISENT TOUT ! MERCI POUR CET ARTICLE.

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

19 h 41, le 15 mars 2017

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Commentaires (2)

  • LES DERNIERES DEUX LIGNES DISENT TOUT ! MERCI POUR CET ARTICLE.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    19 h 41, le 15 mars 2017

  • Félicitations M tyan c'est un super article vous avez raison combien de fois j'ai entendu des réactions de Libanais qui ne comprenaient pas les Français pour eux c'était du "pipi de chat" c'est toute la différence entre deux mentalités au Liban un politique qui ne fait pas de l'argent est un idiot, c'est très choquant pour moi Français et je m'oppose à tous les hommes politiques de droite ou de gauche qui ont de tels comportements

    yves kerlidou

    10 h 47, le 15 mars 2017

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