La maladie de Crohn aggravée par la souche de levure du boulanger
La maladie de Crohn, une inflammation intestinale chronique, serait exacerbée par une souche de levure courante et ses symptômes pourraient être atténués par un médicament générique contre la goutte, a déterminé une étude conduite sur des souris.
Cette découverte, publiée dans la revue Science Translational Medicine, pourrait ouvrir la voie à un nouveau traitement contre cette pathologie auto-immune incurable.
Les auteurs ont déterminé que cette souche de levure, appelée Saccharomyces cerevisiae ou levure du boulanger, « aggravait l'inflammation intestinale chez ces souris » de laboratoire chez lesquelles les chercheurs ont induit l'équivalent de la maladie de Crohn. Ils ont également constaté que ces rongeurs avaient des taux d'acide urique plus élevés dans leurs intestins. Ces scientifiques ont traité ces animaux avec de l'allopurinol, un traitement pour réduire l'acide urique utilisé depuis cinquante ans contre la goutte, réduisant très nettement l'inflammation.
Pour déterminer si cette même souche de levure provoquait les mêmes effets chez les humains, ces scientifiques ont testé du sérum sanguin provenant de 168 volontaires en bonne santé et observé une corrélation entre des taux d'acide urique élevés et la concentration d'anticorps à cette levure.
Depuis des décennies, les médecins utilisent la présence d'anticorps aux différentes levures dont la Saccharomyces cerevisiae pour différencier entre la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse, deux variantes du syndrome inflammatoire de l'intestin. Mais le rôle joué par S. cerevisiae dans ce syndrome n'avait jamais été bien éclairci.
« Cette découverte représente une importante avancée dans notre compréhension du rôle de cette levure dans la maladie de Crohn et notre santé », estime June Round, professeure adjointe de pathologie à la faculté de médecine de l'Université d'Utah et principale auteure de cette étude. « Nos travaux suggèrent que si on peut bloquer le mécanisme qui produit de l'acide urique (...) les personnes souffrant de la maladie de Crohn ayant une forte concentration d'anticorps contre la souche de levure S. cerevisiae pourraient disposer d'un nouveau traitement pour réduire l'inflammation et permettre une guérison de l'intestin », explique June Round. Mais des essais cliniques seront nécessaires pour déterminer si cette levure exacerbe les symptômes de la maladie de Crohn aussi chez les humains, souligne-t-elle.
Les parfums aphrodisiaques sans effet
Les phéromones sont souvent évoquées lorsqu'on parle d'attirance sexuelle, mais une étude menée sur deux d'entre elles, utilisées notamment pour des parfums soi-disant aphrodisiaques, s'est avérée incapable de démontrer leur efficacité sur les êtres humains.
Selon l'étude publiée dans la revue Royal Society Open Science, l'androstadienone et l'estratetraenol n'ont pas eu d'impact notable notamment sur le degré de séduction. Les deux substances sont commercialisées depuis les années 1990 comme des phéromones humaines, même s'il n'existe aucune preuve scientifique que ce soit bien le cas. Elles se présentent sous la forme de parfums ou d'eau de Cologne, mais également de concentrés non parfumés, et sont censées renforcer l'attraction sexuelle.
Les phéromones sont des substances chimiques qui jouent un rôle dans le comportement sexuel des animaux. Elles sont secrétées par le corps et reconnues par des animaux de la même espèce.
L'étude a été menée par des chercheurs australiens qui ont exposé quatre-vingt-quatorze hétérosexuels (quarante-trois hommes et cinquante et une femmes) aux deux phéromones pendant une journée et à un parfum témoin le lendemain. Après chaque exposition, ils ont été invités à regarder des photos de visages neutres (cheveux cachés, sans maquillage) pour déterminer s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme, les phéromones étant censées faciliter cette reconnaissance. Ils ont aussi évalué le degré de séduction ou le risque d'infidélité de photos de personnes du sexe opposé.
« Les résultats concordent avec ceux d'autres études expérimentales qui suggèrent que l'androstadienone et l'estratetraenol ont peu de chances d'être des phéromones humaines » ayant un impact sur l'être humain, écrivent les auteurs de l'étude. Les chercheurs n'excluent pas toutefois que des phéromones sexuelles puissent affecter notre évaluation de la séduction ou de l'infidélité, mais estiment qu'il est « très peu probable » qu'il s'agisse des deux phéromones étudiées.
(Source : AFP)

