Plantu présentant une caricature au chef de l’État.
« Tout être humain devrait être croyant pour donner un sens à sa vie et à son existence », a déclaré le président Michel Aoun lors de son entretien, hier, avec le caricaturiste Plantu qu'il a reçu au palais de Baabda.
L'entrevue s'est tenue en présence de la fille du président Aoun, Claudine Aoun Roukoz, du père Joe Abou Jaoudé, du propriétaire du journal satirique al-Dabbour, Joseph Moukarzel, et de la présidente du syndicat du graphisme et de l'illustration, Rita Saab Moukarzel.
Plantu, qui a fondé avec l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan l'association « Cartooning for Peace », ayant pour but la promotion de la paix, la tolérance et le pluralisme, est actuellement en visite au Liban dans le cadre du concours « La plume de Pierre », organisée la semaine dernière par la fondation Pierre Sadek.
Le dessinateur français a présenté un nombre de ses illustrations au chef de l'État. Ces dessins mettent l'accent sur l'amitié franco-libanaise. Il a aussi dessiné une caricature avec le chef de l'État : le dessin a été entamé par Michel Aoun, qui a crayonné un poisson – et Plantu a pris la relève, jugeant que l'œuvre du général Aoun était « efficace ».
Dans un entretien avec la presse à l'issue de la réunion, Plantu a souligné qu'il portera un message de paix à partir du Liban, « un pays connu pour son vivre-ensemble malgré la guerre qu'il a connue ». « L'Europe a beaucoup à apprendre du Liban et du Proche-Orient en matière de tolérance et de respect de l'autre », a-t-il dit.
« Nous essayons de créer des liens grâce aux dessins avec nos feutres, avec des crayons et avec nos cultures, pour essayer de nous parler, alors que d'autres essaient d'opérer une rupture entre notre culture et les autres cultures. Nous avons besoin de mettre en place toute une pédagogie de paix, de tolérance pour voir comment nous pouvons construire un monde meilleur en utilisant la pédagogie du dessin », a indiqué le grand dessinateur.
« Je retourne à Paris avec des dessins. J'ai mélangé les miens à celui du président Aoun et ceux des religieux et des gens de différentes communautés. C'est grâce à ces gens rassemblés que nous pouvons nous dire "Nous pouvons faire la paix" », a-t-il noté.
« Pour nous en Europe, cela paraît compliqué d'essayer de se parler. Vous, vous avez l'expérience du vivre-ensemble avec des communautés différentes qui se sont finalement rassemblées autour du président. Nous sommes à un moment de notre histoire en France et en Europe où nous nous posons des questions sur notre vivre-ensemble. La vie, ça s'apprend partout, à commencer par le Liban », a-t-il conclu.


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