Il est rare de tomber sur un film aussi puissant et bouleversant que le Silence de Martin Scorsese. Superbement bien filmé, ce film s'interroge sur le silence de Dieu face à la souffrance des hommes, en particulier lorsque celle-ci touche ceux qui croient en Lui. Contrairement à ce que son titre laisse suggérer et malgré la réaction mitigée de certains spectateurs qui n'y ont vu que le désespoir et le reniement de la foi, certains trouvant même dans ce silence une preuve de la non-existence de Dieu, ce film est au contraire une apologie frappante de la foi et répond clairement à la problématique de la souffrance.
En ayant subtilement recours à un dialogue intermittent entre le prêtre missionnaire et l'image du Christ, Scorsese donne des réponses très claires à ce sujet. Il démontre clairement que Dieu ne peut, au nom de la liberté humaine, don sacré et inconditionnel octroyé à l'homme, s'opposer à la souffrance infligée par l'homme à son prochain, aussi cruelle et injuste soit-elle. Mais, loin d'être absent et silencieux, Dieu se tient à côté de l'homme souffrant et le soutient spirituellement dans son épreuve. À plusieurs reprises, on sent la présence de Dieu même dans les moments les plus douloureux du film, même lorsque les missionnaires finissent par Le renier pour sauver leurs coreligionnaires. On décèle subtilement à travers le film que, même lorsque ces missionnaires ont endossé une vie différente, ils portent toujours en leur cœur la flamme, même vacillante, de l'amour de Dieu. Mais comment expliquer leur zèle à contrer la propagation de la foi chrétienne qu'ils ont pourtant eux-mêmes enseignée ?
Simplement par leur souci de mettre fin au cycle de violence et aux souffrances des populations qu'ils ont converties.
Face à l'échec de leur mission, on peut se demander où est la présence de Dieu. Mais là aussi, la réponse est très claire et vient de la bouche même du missionnaire : « Si on lui arrache ses racines, l'arbre ne peut porter ses fruits. » Faut-il blâmer Dieu si l'homme rejette le message d'amour qui lui est offert et préfère suivre la voie de la violence ?
Charles NAJJAR


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Mais voyons, selon les dogmes de la foi, Dieu est omniprésent, omniscient, omnipotent, omnibenevolent dans sa perfection, mais cette description de l'être suprême est en contradiction avec son message d'amour pour sa créature, qui démontrent des faiblesses, telles que son impossibilité de pouvoir sauver tout le monde qu'il a pourtant tant aimé, et incapable de pouvoir annihiler la cause du mal suprême qu'est le diable qui est pourtant une de ses créatures... Il y a quelque chose qui cloche et dérange dans ce message d'amour qui semblerait bien selectif. Le silence de Dieu en face des souffrances humaines est bien éloquent dans ce contexte: est-il vraiment là? Il n y a que la foi aveugle et hyperemotive qui ne se pose pas ces questions!
05 h 20, le 05 mars 2017