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Étudiants et experts à l’USEK : Oui à une chasse durable et responsable

Écologie

Le Comité vert de l'Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK) a organisé, le jeudi 23 février, en collaboration avec le ministère de l'Environnement, une conférence sur la chasse durable. Objectif : sensibiliser les jeunes sur l'importance de la conciliation entre la chasse et le développement durable.

03/03/2017

C'est à une plongée dans la nature, dans une ambiance didactique, à la découverte des conséquences, néfastes, de la chasse incontrôlée sur la biodiversité et du principe de la chasse durable, qu'étaient conviés les jeunes au campus de l'USEK à Kaslik. Le décor et l'animation ayant réussi à inviter l'objet de la chasse, les merveilleux ovipares, à la rencontre. Nombre de figures publiques, d'experts internationaux, de chasseurs professionnels et d'écologistes y ont également pris part. « C'est la première fois que ce thème (la chasse durable) est évoqué dans une conférence universitaire au Moyen-Orient », précise à L'Orient-Le Jour le Dr Samar Azzi Achkouty, présidente du Comité vert de l'USEK. Et d'ajouter : « La chasse durable est l'un des thèmes environnementaux les moins abordés. Il est de notre responsabilité de sensibiliser les jeunes à ce principe surtout qu'ils s'intéressent de plus en plus à la chasse. »

400 espèces d'oiseaux
« Il existe 10 000 différentes espèces d'oiseaux, dont 1 300 sont en voie d'extinction », note le spécialiste en environnement James Hogg dans son allocution. « Les services offerts par chacune de ces espèces aux hommes et à la nature sont nombreux. Parmi lesquels figurent la lutte contre certaines épidémies et la pollinisation des fleurs »,
poursuit-il.
« Les oiseaux migrateurs font partie des espèces migratrices dont la conservation et la protection sont requises par la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (UNEP/CMS) », explique par la suite Borja Heredia, chef de l'équipe pour les espèces aviaires au secrétariat de l'UNEP/CMS. Et d'ajouter : « Environ 25 millions d'oiseaux sont tués d'une manière illégale dans la zone méditerranéenne. Le Liban, qui compte 400 espèces d'oiseaux, dont certaines sont en voie d'extinction, forme un passage essentiel aux oiseaux migratoires, d'où la nécessité de promouvoir la chasse durable dans ce pays. »

Recruter des garde-forestiers
La loi libanaise sur la chasse (n°580, décrétée le 25 février 2004) protège les oiseaux contre la chasse, tout en précisant les espèces qui sont chassables. Pourtant, toute forme de chasse représente une infraction, puisque l'ouverture de la saison, au cours de laquelle la chasse peut être pratiquée d'une manière légale, n'est pas déclarée par le ministère. « Le Conseil supérieur de la chasse a fixé la saison de la mi-septembre jusqu'à la fin du mois de janvier. Mais pour l'inaugurer, il faut une décision du ministre accompagnée de la liste des espèces pouvant être chassées, ainsi que du nombre de proies légales par personne », précise la directrice du département des systèmes écologiques au MOE, Lara Samaha.
Afin de permettre une meilleure application de la réglementation et d'aider à ouvrir la saison de la chasse, Mme Samaha a invité les chasseurs à postuler pour obtenir des permis de chasse. Ce permis repose, selon elle, sur une autorisation de détention d'une arme, une assurance responsabilité civile pour les risques liés à la pratique de la chasse et la réussite de deux examens : théorique et pratique.
Le directeur exécutif de la société commerciale Josons, spécialisée dans la vente des fusils et des accessoires de chasse, Nazih Abi Semaan, s'accorde avec Mme Samaha sur la nécessité de l'organisation de cette activité. « Au Liban, il y a 200 000 chasseurs, si des frais annuels de 100$ leur sont imposés, le gouvernement aura les moyens de recruter des garde-forestiers qui veilleront sur une bonne application de la loi en saison de chasse et imposeront des amendes aux
contrevenants. »

Éthique
Dans son allocution, l'acteur Tony Issa a appelé les jeunes à se débarrasser de la mentalité libanaise sur la chasse. « Les chasseurs sont appelés à respecter l'éthique de la chasse et à utiliser les outils convenables. Il est inacceptable et cruel de chasser avec des armes de chasses traditionnelles (la glu, le filet, l'utilisation de haut-parleurs) », s'est-il emporté.
Les étudiants ont apprécié les présentations offertes par les conférenciers. « Cet atelier nous a révélé de nouvelles connaissances qui nous aident à devenir des écocitoyens », note Karl Mhanna. Pour l'étudiant en agronomie, « la chasse est un sport professionnel qui ne doit pas être pratiqué par n'importe quel détenteur d'armes. Les chasseurs doivent être formés à distinguer les proies et à identifier les espèces chassables ». Ribal Homsy, également étudiant en agronomie, estime, lui, que la chasse durable pourra aider à contrôler les chasseurs insensibles à la nature, à ce jour incontrôlables.
Interrogé par L'OLJ, le père Talal Hachem, vice-recteur aux affaires administratives à l'USEK, demande aux jeunes de respecter la législation libanaise, même si elle manque de régulation : « Je les appelle à faire un lobbying dans le but d'inciter le Parlement et le gouvernement à œuvrer pour une application stricte de la loi. »

Pour plus d'informations sur l'organisation de la chasse, le processus de demande de permis et l'examen requis :
http ://hunting.moe.gov.lb.

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