Antoine Zahra, député des Forces libanaises, a insisté hier sur la privatisation du secteur de la production électrique, lors d'une conférence de presse. Le plaidoyer du parlementaire intervient au lendemain du discours tenu par le chef des FL, Samir Geagea, qui avait affirmé que les ministres et les députés FL « ne voteront pas pour un projet de budget sans une privatisation du secteur de l'électricité ».
M. Zahra a expliqué longuement les motivations de cette position, en la liant aux débats en cours autour du projet de budget et de nouvelles taxes.
« La majorité des Libanais savent que plus de la moitié de la dette publique s'est accumulée à cause des tentatives de réformer le secteur de l'énergie et d'assurer le courant aux Libanais. Or nous payons toujours deux factures pour l'électricité (une à l'État et une deuxième aux propriétaires de générateurs de quartier). De surcroît, le rationnement du courant n'est pas organisé et tous nos équipements électroniques domestiques tombent en panne à cause de cela », a-t-il critiqué.
Après avoir rappelé le succès de la concession donnée à Électricité de Zahlé (EDZ), M. Zahra a fait savoir que près de 1,5 milliard de dollars sont dépensés annuellement sur ce secteur, sans la moindre amélioration au niveau de la production, de la distribution du courant ou encore de la collecte des factures. Selon lui, l'initiative des Forces libanaises – que soutiennent le courant du Futur et le président – vise à mettre fin à des investissements publics à fonds perdus et tend, dans sa finalité, à permettre aux Libanais de revenir à une seule facture électrique, « moins chère que celle qu'ils sont en train de payer aujourd'hui ». Poursuivant sur sa lancée, il a expliqué que seule la production sera privatisée « sur base d'appels d'offres transparents » et qu'il sera possible de produire de l'énergie grâce au gaz.
La privatisation de la production électrique avait été envisagée par le gouvernement de l'ancien Premier ministre assassiné Rafic Hariri en 2002, mais à l'époque, sa politique économique qui reposait sur un partenariat soutenu avec le secteur privé était contestée par l'opposition. Selon le député Mohammad Kabbani, le projet du gouvernement Hariri était de confier au secteur privé la production et la distribution du courant électrique, ainsi que la gestion seulement du réseau de lignes et de câbles électriques qui devait rester la propriété de l'État. Celui-ci était en outre supposé mettre en place un organisme de régulation avec pour mission de superviser le secteur et de délivrer les permis de production de courant, toujours selon le député qui a accusé les ministres « qui se sont succédé au ministère de l'Énergie d'avoir tous rejeté cette étape, pourtant primordiale pour une bonne administration du réseau, afin de pouvoir maintenir leur hégémonie sur le secteur ».
M. Kabbani a rappelé dans ce cadre qu'en 2006, le Parlement avait autorisé le gouvernement à délivrer des permis à des compagnies privées pour la production du courant électrique, en attendant la création de l'organisme de régulation, « mais sans que rien ne se produise, malheureusement ». « En 2014, une proposition de loi du député démissionnaire Robert Fadel autorisant également le gouvernement à délivrer pendant deux ans seulement ces permis au secteur privé a été adoptée, mais est restée lettre morte. Ce délai a été prolongé pour deux nouvelles années, sans que rien ne se passe toujours. Nous sommes toujours au point mort », a-t-il déploré, en précisant que trois compagnies dans le Akkar sont prêtes à commencer à produire de l'énergie à partir d'éoliennes, mais attendent depuis quatre ans d'avoir les permis, ce qui est en soi un scandale, dans la mesure où nous continuons de dépenser des milliards de livres pour une électricité qui n'est pas assurée.
Il a insisté sur la nécessité de donner une suite favorable à la proposition de M. Geagea, « parce que le déficit d'EDL accentuera la dette publique ».
Liban - Électricité
Après le chef des FL, Zahra plaide pour la privatisation de la production
Kabbani dénonce une « hégémonie » sur le secteur.
OLJ / le 01 mars 2017 à 00h00


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