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Moyen Orient et Monde

Une réunion secrète a eu lieu en 2016 entre Kerry, Netanyahu, Abdallah II et Sissi

Paix au Proche-Orient

Lieberman en faveur d'une solution à deux États avec échange de terres et de populations.

OLJ
20/02/2017

Une réunion secrète sur un plan de paix au Proche-Orient s'est tenue il y a un an en Jordanie entre le secrétaire d'État américain de l'époque, le Premier ministre israélien, le roi de Jordanie et le président égyptien, a révélé hier le Haaretz.
Cette entrevue, qu'aucun média n'avait jamais pu rapporter, avait réuni en février 2016 John Kerry, Benjamin Netanyahu, Abdallah II et Abdel Fattah al-Sissi, dans la ville portuaire jordanienne d'Aqaba, précise le quotidien israélien en citant d'anciens responsables de l'administration Obama. À Washington, l'un de ses responsables a confirmé que cette réunion secrète avait bien eu lieu à Aqaba, mais sans vouloir donner de détails sur le contenu de la proposition qu'avait faite John Kerry. À l'époque, le chef de la diplomatie américaine s'était rendu officiellement à Amman les 19 et 20 février 2016 pour y rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas, et il avait été reçu par le roi Abdallah dans sa résidence de Aqaba, au bord de la mer Rouge.
Selon le journal israélien, John Kerry – qui n'a cessé jusqu'à son départ le 19 janvier dernier de travailler sur le conflit israélo-palestinien – avait demandé aux trois dirigeants d'accepter six principes, qu'il a ensuite dévoilés lors d'un discours en décembre 2016. Parmi ces principes figurent le retrait israélien des territoires palestiniens occupés depuis 1967 – avec la possibilité d'échange de terres accepté par les deux parties –, la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël – que les Palestiniens reconnaîtraient comme un « État juif » – et la déclaration de Jérusalem comme capitale des deux États. À ces deux derniers points, Palestiniens et Israéliens ont déjà opposé des fins de non-recevoir. Les Palestiniens refusent de reconnaître un État « juif », tandis qu'Israël refuse de revenir sur son annexion de Jérusalem-Est.
« Netanyahu a refusé la proposition de Kerry et indiqué qu'il lui serait difficile d'obtenir l'accord de sa coalition gouvernementale à son sujet », affirme Haaretz. Les autorités jordaniennes ont refusé de commenter ces informations et le porte-parole de M. Netanyahu, sollicité par l'AFP, n'a pas donné suite. Du côté du Caire, la présidence égyptienne a publié hier soir un communiqué équivoque semblant confirmer la rencontre quadripartite, mais en contestant les détails révélés par le journal israélien.

État binational
Par ailleurs, le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman s'est dit samedi en faveur d'une solution à deux États avec échange de terres et de populations afin de garantir l'homogénéité de la population israélienne. Il faut « une solution à deux États, (mais) je pense qu'il faut préserver (le caractère) juif de l'État » israélien, a-t-il dit lors de la conférence sur la sécurité de Munich où il était interrogé sur les propos du président américain Donald Trump, qui s'est distancié de l'objectif de la création d'un État palestinien. « Mon problème est qu'aujourd'hui la proposition sur la table est que nous devons établir un État palestinien homogène, sans le moindre juif, et nous allons devenir un État binational avec 20 % de la population qui sont des Palestiniens », a-t-il dit. « Je pense que le principe de base d'une solution (à deux États) doit être un échange de terres et de populations », a conclu le ministre israélien.
Selon cette idée, les terres en territoire palestinien peuplées par des colons juifs reviendraient à Israël, tandis que des localités israéliennes peuplées d'Arabes iraient au futur État palestinien. Les Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d'Israël, représentent aujourd'hui 17,5 % de la population. Certains en Israël craignent que leur poids démographique croissant puisse remettre en cause l'identité juive du pays.
La solution à deux États est depuis des années l'idée dominante pour aboutir à un règlement du conflit, et implique qu'Israël renonce, en moins en partie, aux colonies bâties en territoire palestinien. Mais recevant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, M. Trump a semblé rompre avec ce principe en disant qu'il ne s'accrochait pas à cette solution. Cependant, 24 heures après, l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Nikki Haley, ajoutait à l'impression générale de confusion en réaffirmant le soutien de Washington au principe de la création de deux États.

(Sources : agences)

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