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Moyen Orient et Monde

L’Allemagne met en garde Trump sur l’UE et la Russie

Diplomatie

Le secrétaire d'État US à la Défense s'est efforcé de rassurer, insistant sur l'importance de la relation transatlantique.

OLJ
18/02/2017

L'Allemagne a appelé hier les États-Unis à ne pas menacer la cohésion européenne et à se méfier de la Russie. À Munich, où se tient une réunion annuelle du gratin diplomatico-militaire mondial, la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, a fermement répondu aux nombreux propos du président américain semblant dénigrer la relation transatlantique. « Nos amis américains savent que leur ton vis-à-vis de l'Europe et de l'OTAN a un effet direct sur la cohésion de l'Europe. Une UE stable est dans l'intérêt américain », a dit la ministre, alors que le président américain s'est par le passé réjoui de la crise déclenchée par le Brexit et a qualifié l'Alliance atlantique d'« obsolète ».
Tout en admettant que l'Europe devait faire plus au sein de l'OTAN pour assurer sa sécurité, une revendication américaine, elle a aussi demandé à Washington de ne pas traiter Moscou et l'Europe sur un pied d'égalité, alors que M. Trump, juste avant sa prise de fonctions, louait Vladimir Poutine et attaquait Angela Merkel. « Il ne peut y avoir d'équidistance entre la confiance accordée à un allié et envers ceux qui remettent en question nos valeurs, nos frontières et le droit international », a-t-elle dit.
Dans une autre mise en garde, Mme von der Leyen a insisté sur l'importance des valeurs occidentales, notamment le rejet de la torture, là aussi en référence à des propos de Donald Trump. Et elle a martelé que la guerre contre le « terrorisme » ne pouvait devenir une guerre contre l'islam, alors que le décret migratoire controversé de Donald Trump a été largement perçu comme antimusulman.
Mme Merkel, recevant le Premier ministre canadien Justin Trudeau à Berlin, a, elle, souligné que si l'Europe était le bénéficiaire de l'Alliance atlantique, « les États-Unis (aussi) ont développé leur puissance à travers l'OTAN ».
Dans la même ligne, le président polonais Andrzej Duda a lui aussi mis en garde contre une « déstabilisation de l'Europe » et jugé que remettre en cause « la relation transatlantique (...) serait irresponsable ». Le président ukrainien, Petro Porochenko, lui a fait écho, en estimant que « ce serait une erreur de croire que l'appétit de la Russie se limite à l'Ukraine ».
Dans ce contexte, le secrétaire d'État américain à la Défense James Mattis s'est efforcé de rassurer, lui qui tempère régulièrement les propos de son chef. Il a ainsi insisté sur l'importance de la relation transatlantique, « meilleur rempart contre l'instabilité », et appelé à « renforcer les partenariats ». « Je sais qu'il y a une profonde inquiétude que les États-Unis sont en train d'abandonner l'étendard du leadership, ce n'est pas le message que vous entendrez des dirigeants américains qui viennent ici », a aussi insisté le sénateur républicain John McCain. L'élu américain a admis qu'il y avait du « désordre » dans l'administration Trump, comme l'a illustré la démission du conseiller à la sécurité de Donald Trump pour avoir menti sur ses liens avec Moscou. Mais M. McCain, qui a été la cible de virulentes critiques du locataire de la Maison-Blanche, a aussi appelé à faire plus attention à ce « que le président fait qu'à ce qu'il dit ». Il a reçu le soutien du ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson : « Donnez une chance à Donald Trump. Oui, c'est une nouvelle manière de gouverner, mais ne sous-estimez pas la capacité à obtenir des résultats. »

Positions traditionnelles
Déjà jeudi, lors d'une réunion des chefs de la diplomatie du G20 à Bonn, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a tenu des propos correspondant largement aux positions traditionnelles de son pays. Il a ainsi tempéré les velléités de rapprochement avec Moscou, alors que le conseiller à la Sécurité de Donald Trump vient de démissionner pour avoir menti sur ses liens avec Moscou. Le secrétaire d'État a souligné que, dans la coopération avec la Russie, les États-Unis « défendront leurs intérêts et leurs valeurs, et ceux de leurs alliés ». Le vice-président Mike Pence devrait, aujourd'hui à Munich, à son tour clarifier la position des États-Unis sur l'OTAN dans un discours très attendu.

(Source : AFP)

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