Un monde qui se polarise est un monde qui se déshumanise, qui régresse et se réfugie dans ses peurs ancestrales. Peur de l'autre, différent et source de questionnement de soi sur soi. La polarisation est une fuite dans l'illusion de croire que tous les humains doivent être semblables, voire les mêmes, pour s'entendre. Au lieu de s'enrichir mutuellement par nos dissemblances, l'on opte pour des camps hermétiques faits de miroirs qui nous protègent, mais pour combien de temps ?
Avec tout ce que supposent la mondialisation et ses attributs, est-ce réaliste de vouloir se cantonner de nouveau dans des îlots coupés des autres ? Cet autre peut prendre alors le visage de l'immigré, de l'étranger, du marginal, du souffrant, du fantaisiste, du rejeté et ceci peut aller très loin parce que l'exclusion d'un groupe d'individus entraîne d'autres exclusions de plus en plus concentriques, élargies et prononcées. Ceci est évidemment une décadence, parce que le renfermement sur un soi étouffant, poussé à l'extrême, n'est pas viable à long terme et peut conduire à une dégradation et une mort certaine.
Mais en même temps, soyons réalistes, le danger imminent de cette vague terroriste et extrémiste est aux aguets et risque de contaminer le monde et de l'envahir. Jusqu'à présent, aucune solution valable n'a été efficace, face à ce « monstre », ce Frankenstein créé de toutes pièces et qui prend sa revanche. D'ailleurs, peut-on raisonner la colère et la violence déchaînées ? Peut-on dompter un animal féroce bondissant sur sa proie ? Un contrepoids est désespérément nécessaire, mais sous quelle forme ?
Chacun de nous se pose l'ultime question : quelles alternatives possibles pour rééquilibrer ce monde qui dérive et va vers une polarité de violence irréversible et dangereuse pour tous ? Que faire pour retrouver un semblant d'harmonie tout en gardant une certaine ouverture, garante de nos principes modernes ? Et surtout, pour ne pas se laisser emporter par cette frénésie guerrière qui s'annonce apocalyptique ?
Confronté à une épreuve, l'homme ne dispose que de trois choix : « Combattre, ne rien faire ou fuir », écrivait le biologiste Henri Laborit.
Chacun de ces choix supposerait un prix à payer. On ne prend pas de décision impunément. Tout dépendra des repères, des valeurs et de la vision de ce nouveau monde qu'on voudrait cristalliser. Combattre, bien sûr, mais le combat le plus important reste celui de l'esprit.
Alors, pour soutenir une vision du monde ascendante, moderne, où l'humanité se verrait grandir en humanité, l'important ne serait-il pas de regarder d'abord en soi ce qui pourrait améliorer les choses ?
En d'autres termes, examiner sérieusement et en toute conscience ce qui cloche chez nous plutôt que d'aller le projeter chez les voisins ?
Oser regarder en face ses propres démons et rectifier le tir en se remettant en question et en avouant, avant de les dénoncer, tous les abus de pouvoir, la volonté de manipuler les peuples, l'hypocrisie de la politique des « grands », l'exploitation des plus faibles, le ploiement devant le veau d'or qui régit les désirs et les ambitions... À ce moment-là, une réforme des mentalités et des systèmes serait de mise. On ne récolte que ce qu'on sème et il faut dire qu'on a assez mal semé pour récolter tous ces désastres locaux et mondiaux.
Ces questionnements ne trouveront jamais de réponses fermes ni catégoriques mais, du moins, aideraient à emprunter peut-être un nouveau chemin de recherche pour de nouvelles solutions plus profondes dans le but d'extirper cette écharde au cœur de l'humanité souffrante qui affronte un tournant alarmant de son histoire.
Un « réarmement moral »* est crucial pour éloigner le monde du réarmement militaire galopant qui ne présage rien de bon. C'est un engagement pour la paix véritable qui ne peut être imposé de l'extérieur, mais doit émerger d'une profonde liberté intérieure, responsabilisant les individus, les collectivités et les nations. C'est seulement à partir de cette remise en question de soi-même qu'un pays peut envisager des stratégies correctrices d'émergence puis de croissance, au service des valeurs humaines et du respect de l'être, si faible soit-il. Il n'est plus permis ni favorable de progresser et de dominer en écrasant les autres. Tôt ou tard, l'écrasé va se rebeller pour devenir écrasant à son tour et le cercle dramatique risque de s'éterniser. Il est temps de comprendre que la solidarité est notre unique bouée de secours et que l'autre n'est qu'un double de soi, que les consciences doivent se réveiller !
Les dissimulations « politiquement correctes », les manipulations, l'esprit de division et cette polarisation machiavélique qui se dessine clairement ne servent que le profit matériel et l'avidité des puissants, aux dépens de l'humanité. Ces silences complaisants, ces fuites malsaines et ces tensions ne feraient qu'aggraver la situation et la mener inexorablement vers une implosion irréversible où sonnera fatalement le glas de la mort de l'Humain.
Carla BEJJANI ARAMOUNI
*Réarmement moral
(Fiche extraite du « Dictionnaire des groupes religieux » du P. Jean Vernette et Claire Moncelon – PUF – 1995)
Origine : fondé par le pasteur d'origine suisse Frank Buchman (1878-1961).
Principes et objectifs : en 1938, alors que l'Europe se réarme dans la perspective d'une nouvelle guerre mondiale, il lance l'appel à un « réarmement moral et spirituel pour un monde sans haine, sans peur et sans égoïsme ». Il affirme que le continent a besoin d'hommes et de femmes intègres, prêts à se remettre en question et que la refonte de la société ne peut s'opérer en définitive que par la transformation des hommes. Les objectifs : conversion des cœurs pour un renouvellement de la société, recherche des valeurs morales, guérison des préjugés et des haines en étant présents auprès des responsables de la société, réunion des hommes de toutes croyances dans un combat pour la justice et la paix.
« L'hostilité s'accumule entre les peuples, déclare-t-il lors d'une grande manifestation à Londres. Les rancœurs et la peur nous coûtent tous les jours plus cher. Le remède serait peut-être le retour à ces vérités si simples que nous avons souvent oubliées ou négligées : l'honnêteté, la pureté, le désintéressement et l'amour. »
Pratique : une école du changement ; des équipes agissantes s'efforçant d'établir un dialogue fécond là où règne l'antagonisme, dans l'arène sociale et politique comme dans les relations internationales. Conçue et poursuivie par des personnes animées par l'idéal chrétien, l'action du Réarmement moral s'est voulue ouverte à des hommes de toutes croyances dans un respect mutuel et en vue d'un combat commun pour un avenir meilleur.
En 1946, ouverture du centre de Caux (Suisse) et développement en France. Durant l'été de la même année, 4 000 Allemands et 2 000 Français s'y retrouvent. Le mouvement apporte une pierre importante à la réconciliation franco-allemande (et avec le Japon).


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
RE-POLARISATION ELECTRO-MAGNETIQUE DES LOBES DE-POLARISES !
22 h 05, le 17 février 2017