Le mufti Deriane, se recueillant hier devant la sépulture de Rafic Hariri. Photo ANI
À la veille de la douzième commémoration du 14 février 2005, date de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, qui aura lieu ce soir au BIEL et durant laquelle le Premier ministre Saad Hariri devrait prononcer un discours, le ton est surtout au souvenir.
Le mufti de la République libanaise, Abdellatif Deriane, s'est recueilli hier devant la tombe de Rafic Hariri, dans le centre-ville de Beyrouth. « Rafic Hariri était un symbole de la stabilité, de la sécurité et de l'avenir florissant du Liban », a déclaré le mufti Deriane. Selon lui, son fils, l'actuel Premier ministre Saad Hariri, « suit le chemin tracé » par son père. Le ministre du Travail Mohammad Kabbara a affirmé que le « 14 février est plus qu'une occasion douloureuse, mais une leçon qui nous rappelle chaque année qu'il est nécessaire de réclamer que soient punis les auteurs du crime perpétré contre Rafic Hariri ».
Pour sa part, le parti Kataëb s'est essentiellement penché sur la nécessité de punir les criminels. Les Kataëb ont ainsi réclamé que « la justice soit faite en ce qui concerne l'assassinat de Rafic Hariri et tous les crimes perpétrés contre les martyrs, notamment Pierre Gemayel et Antoine Ghanem ».
L'ancien ministre de la Justice, le général Achraf Rifi, a souligné de son côté que l'assassinat de Rafic Hariri a eu pour résultat d'unifier les Libanais « qui se sont élevés pour rejeter la tutelle du régime syrien, ainsi que celle des armes (illégales) et du mini-État ». Après avoir réaffirmé sa détermination à rester attaché « à la souveraineté totale du Liban », le général Rifi a souligné la nécessité de « persévérer sur la voie de la justice pour réclamer des comptes à ceux qui ont assassiné Rafic Hariri et ses compagnons, ainsi que les martyrs de la révolution du Cèdre ». « Au grand assassin, à tous ceux qui ont commandité, planifié et exécuté tous ces crimes, nous disons que, tôt ou tard, justice sera faite », a conclu le général Achraf Rifi.
Pour le député Amine Wehbé, « Rafic Hariri représentait un soutien à tous les Libanais qu'il avait aidés à regagner confiance en leur pays et en l'État. Il avait non seulement reconstruit le Liban, mais lui avait assuré un retour au sein de la communauté internationale ». « Son martyre a offert aux Libanais la chance de s'unir et de s'entendre autour de leur pays et de leur armée, et de se débarrasser de l'occupation syrienne », a-t-il ajouté.
Abondant dans le même sens, le député Mohammad Safadi a publié un tweet dans lequel il a salué les « sacrifices présentés par les martyrs » pour assurer la souveraineté et l'indépendance du Liban. « Nous aspirons à voir naître le projet de reconstruction de l'État qui a été entravé plusieurs fois depuis la fin de la guerre civile. Le vrai hommage que nous pouvons rendre aux martyrs serait de prendre une décision nationale audacieuse qui mènera à tenir les élections législatives conformément à une loi juste et moderne qui garantirait la participation et la représentation de tous », a-t-il écrit.
Selon le député Nidal Tohmé, Rafic Hariri a instauré des valeurs auxquelles nous recourons à chaque fois où nous faisons face à des obstacles et des menaces «. De son côté, Mohammad Choucair, président de la Chambre du commerce et de l'industrie de Beyrouth, a estimé que « la fidélité à Rafic Hariri serait de suivre le chemin qu'il avait tracé, et de se référer aux valeurs nationales qu'il avait instaurées pour atteindre le Liban auquel il rêvait ».
Seule voix discordante, celle de l'ancien député Émile Émile Lahoud qui s'est insurgé contre la diffusion par le Premier ministre Saad Hariri d'une circulaire décrétant la fermeture des administrations publiques le 14 février, en commémoration de l'assassinat de Rafic Hariri en 2005. « Si les Libanais veulent savoir la raison pour laquelle ils vivent dans un pays rongé par la corruption, il n'auront qu'à assister à la cérémonie qui aura lieu mardi à la mémoire de Rafic Hariri, dans le centre-ville de Beyrouth », a-t-il affirmé, non sans ironie.


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