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« Je suis gaulliste et chrétien » (François Fillon)
En tant qu'observateur libre, étant foncièrement chrétien, non indépendant, étant de droite, mais lointain, étant au Liban, j'assiste avec stupéfaction au lynchage médiatique record du candidat élu de la droite, François Fillon, peu de temps après qu'il eut remporté haut la main la primaire de la droite et du centre, et imposé sa stature de favori pour la présidentielle française. Ce lynchage médiatique, assorti d'un lâchage de quelques-uns de son entourage, vient à la suite d'un « canard » sorti, déchaîné, des eaux glauques du monde obscur de la désespérance, de l'irrévérence, de la désublimation et de l'unidimensionnalité. Point besoin d'être un fin limier pour remonter la piste jusqu'aux officines où s'est concoctée cette cabale contre le candidat favori à la présidentielle, même si les « apothicaires » ne sont pas tous du camp adverse, certains étant du même camp, et d'autres d'un camp « central » qui virevolte ou qui penche, au gré du vent électoral, vers un camp ou l'autre. Le centrisme, qui rime bien avec opportunisme, a en effet vite fait de tirer ses « macarons », pardon marrons, du feu. Et l'un des principaux foyers externes de cuisson : le Liban, voisin des « points chauds », foyer des « chrétiens d'Orient » et arche « d'alliance des minorités », et donc terre d'élection électorale de la politique française étrangère vers laquelle se dirigeait justement Fillon avant d'être retenu par sa propre terre qui lui a ouvert les failles de ses secousses telluriques – l'affaire des emplois fictifs – dont l'épicentre remonte à des années et dont la magnitude fictive a affolé l'échelle de Richter pour faire d'un simple frémissement un séisme.
En tant qu'observateur libre et lointain, je ne peux m'empêcher de faire un rapprochement (hypothétique) entre l'affaire des emplois fictifs de l'épouse de Fillon et la « profession de foi » de ce dernier, laquelle est venue inquiéter l'establishment laïc de l'an 1905. Avec tout ce que cette « allégeance chrétienne » du président pressenti implique comme politiques sociales et engagement moral, notamment en ce qui a trait aux questions épineuses du « mariage pour tous », de l'avortement, de l'euthanasie, de la « théorie du genre », de l'immigration et l'accueil des réfugiés, de la défense de la liberté religieuse, de l'identité culturelle française, etc. Ce laïc à la fibre chrétienne, aux positions « catho-compatibles », devenait dangereux, et il fallait le crucifier, coûte que coûte, malgré ce qu'en pense la majorité de l'électorat de droite qui l'a choisi. On saura bien, par le bon matraquage médiatique et la bonne désinformation, intoxiquer l'électeur. Sauf que cette fois-ci le cri « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » au Pilate invisible a été chuchoté dans les coulisses « des pouvoirs », allant de l'extrême-droite à l'extrême-gauche, en passant par le centre. Toute la gamme politicienne y trouve son compte. Et la horde médiatique de sauter sur cette nouvelle matière, ou « aubaine » à scandale. On se lèche les doigts sur le clavier ou on salive devant les micros. C'est la course à l'audimat, la chasse à courre ou au scoop journalistique. Le « chrétien » est aux abois. On sonne l'hallali ! On vient de le « capturer » en flagrant délit d'emploi fictif, sauf que, dans ce cas, il y a plus d'un Judas pour le désigner. Dépouillé de ses droits, de la présomption d'innocence, on le traîne devant le Sanhédrin médiatique, présidé par plus d'un Caïphe occulte, et ce avant le jugement de la vraie cour (qui le rendra blanc ou noir, selon qu'il sera puissant ou misérable). On le met sous pression, ou « sous presse » ; on le branche, on le lynche à l'antenne de la tribune publique, avant le tribunal, après avoir émis la sentence : coupable jusqu'à preuve du contraire, ou même sans preuves.
Et ce qui met la puce vicieuse à l'oreille, c'est la diligence avec laquelle le parquet national financier s'est jeté sur la « proie », contre toute habitude procédurale. Aussitôt cancané le canard, aussitôt lancée l'enquête. Cette façon de faire « deux poids et deux mesures » devrait susciter de sérieuses interrogations, voire des accusations et non de simples remarques partisanes journalistiques, l'injustice étant flagrante.
Si j'étais un proche de François Fillon, un de ses conseillers, je l'inciterais à porter sa « croix » et poursuivre le chemin, envers et contre tous les coups de fouet et coups de Jarnac, en lui rappelant, en tant que chrétien, qu'au bout du tunnel, au bout du Golgotha, et au-delà de la crucifixion, il y a la résurrection. Cela vaut aussi pour la « Passion politique ».
Et si je devais mettre, pour un moment, un bémol à ma propre éthique chrétienne, j'utiliserais le proverbe (plus au propre qu'au figuré) : « Les chiens aboient, la caravane passe » et l'encouragerais à ne pas arrêter la caravane de sa campagne électorale, à laisser les chiens aboyer et ses propres « Judas » ruer dans les brancards, en lui rappelant l'exemple encore flambant de Donald Trump qui s'est moqué de toutes les meutes de journaleux lancées à ses trousses, des frondeurs et boudeurs de son propre camp et de tous les sondages, pour leur faire finalement un pied de nez historique. Le peuple français, comme le peuple américain, pourrait asséner à cet « establishment » la même claque. Car il arrive parfois, et surtout de nos jours, que les peuples ne choisissent pas Barabbas, mais Jésus.


Amen et Ainsi soit-ïîîîl !
01 h 55, le 12 février 2017