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Économie - Dette

La Grèce ne cédera pas aux exigences « irrationnelles » du FMI

Des désaccords au sein du FMI se sont manifestés concernant les performances budgétaires de la Grèce. Mandel Ngan/AFP

La Grèce souhaite une conclusion positive et rapide de l'examen engagé sur le plan d'aide financière dont elle bénéficie afin de pouvoir bénéficier des rachats d'actifs de la Banque centrale européenne (BCE), mais elle ne cédera pas aux exigences « irrationnelles » du Fonds monétaire international (FMI) en faveur de nouvelles mesures d'austérité pour favoriser sa participation à ce programme d'assistance, a dit hier un porte-parole du gouvernement.
« La position du gouvernement est claire et elle a été catégoriquement affirmée (...). Notre objectif est de ne pas céder aux exigences irrationnelles du Fonds monétaire international, qui insiste pour décréter des mesures de prudence (austérité) une fois le plan terminé », a dit Dimitris Tzanakopoulos. Le FMI a appelé Athènes à élargir la base de l'impôt sur le revenu et rationaliser les dépenses de retraite.
Les discussions entre la Grèce et ses créanciers européens au sujet des mesures prises en échange de leur aide butent sur des désaccords en matière de politique budgétaire et de réformes des marchés du travail et de l'énergie.
Les divergences se sont également manifestées au sein même des États membres du FMI. Dans sa revue annuelle de la politique économique de la Grèce, le Fonds informe que la plupart de ses administrateurs penchent en faveur d'un objectif d'excédent budgétaire primaire – c'est-à-dire hors service de la dette – de 1,5 % du PIB d'ici à 2018, mais que certains d'entre eux sont favorables à l'objectif plus élevé, de 3,5 %, fixé par le groupe de créanciers européens de la Grèce. Le Fonds n'a pas donné l'identité des administrateurs qui privilégient l'objectif le plus ambitieux, ni leur nombre, parmi les 24 membres de son conseil d'administration. Cette division des membres du FMI est un fait rare et reflète des désaccords au sein du Fonds concernant les performances budgétaires de la Grèce et la viabilité de sa dette alors que l'institution de Washington s'interroge sur sa participation au nouveau plan d'aide au pays, d'un montant total de 86 milliards d'euros (92,5 milliards de dollars), qui doit être mis en place d'ici à la mi-2018.
L'Allemagne prévient que, sans la participation du FMI, cette aide pourrait prendre fin prématurément, avant l'expiration prévue du plan en 2018.

L'UE maintient son diagnostic
Par ailleurs, malgré les critiques du FMI, qui s'inquiète de l'insoutenabilité de la dette d'Athènes, l'UE a maintenu hier son diagnostic sur l'économie grecque. « Nous continuons à penser que les engagements pris pour le programme (d'aide à la Grèce conclu à l'été 2015, NDLR) sont crédibles et ambitieux », a déclaré une porte-parole de la Commission européenne, Annika Breidthardt, lors du point presse quotidien de l'exécutif européen. Selon le rapport du FMI, les équipes du Fonds jugent la dette grecque « totalement intenable » sur le long terme et appellent les Européens à en faire plus pour réduire l'endettement d'Athènes. Ces divergences de vue entre l'UE et le FMI inquiètent sur la poursuite des négociations sur la dette grecque.
Car sortir de l'impasse pourrait permettre à la Grèce de bénéficier des rachats d'actifs de la BCE, d'obtenir la nouvelle tranche d'aide et de faciliter le remboursement d'un emprunt arrivant à échéance cet été. « Une volonté de toutes les parties de prendre des initiatives pour combler les divergences de vues et la direction positive prise par l'économie grecque concourent à une conclusion positive de cette question bientôt », a dit M. Tzanakopoulos à la presse. Selon ce dernier, Athènes a « toutes les raisons de croire » que les négociations aboutiront prochainement, étant donné le respect de ses engagements par la Grèce.
Le président de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, a exclu hier tout effacement de la dette grecque, mais il a dit que les créanciers pourraient envisager de nouvelles mesures pour en alléger le fardeau, à condition que le gouvernement grec coopère en matière de réformes. « L'emploi augmente et de grandes mesures ont été intégrées dans le budget, même s'il reste des réformes de grande envergure, comme le fonctionnement du marché du travail et les systèmes d'imposition et de pensions. Sur ces points, nous sommes d'accord avec le FMI qu'il reste du boulot », a-t-il commenté.
Une évolution de la position européenne paraît d'autant moins probable que des élections sont prévues cette année en Allemagne, en France et aux Pays-Bas.
(Sources : agences)

La Grèce souhaite une conclusion positive et rapide de l'examen engagé sur le plan d'aide financière dont elle bénéficie afin de pouvoir bénéficier des rachats d'actifs de la Banque centrale européenne (BCE), mais elle ne cédera pas aux exigences « irrationnelles » du Fonds monétaire international (FMI) en faveur de nouvelles mesures d'austérité pour favoriser sa participation à ce programme d'assistance, a dit hier un porte-parole du gouvernement.« La position du gouvernement est claire et elle a été catégoriquement affirmée (...). Notre objectif est de ne pas céder aux exigences irrationnelles du Fonds monétaire international, qui insiste pour décréter des mesures de prudence (austérité) une fois le plan terminé », a dit Dimitris Tzanakopoulos. Le FMI a appelé Athènes à élargir la base de l'impôt...
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