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Nos lecteurs ont la parole - Dolly Talhamé

Une directrice à poigne

Louise Wegmannn et Raymonde Abou.

Les classes de l'ancien Collège protestant français, sis rue Georges Picot, donnaient sur une pelouse que notre directrice, Mlle Louise Wegmann, arpentait allègrement chaque matin jetant un coup d'œil par les fenêtres, s'assurant ainsi que tout se passait au mieux. Un matin où nous étions particulièrement dissipées et chahuteuses, elle poussa soudainement la porte de la salle de classe et le silence fut total. Dans notre hâte de paraître calmes, nous avions occupé la première place à notre portée et je me suis trouvée derrière le pupitre d'une camarade qui avait gravé au canif ses initiales qui, malheureusement pour moi, étaient aussi les miennes. Je fus sommée d'expliquer mon acte et, devant mon silence, je reçus une gifle retentissante ; c'est alors que l'auteure du méfait se présenta affirmant que c'était sa place et qu'elle était responsable du vandalisme, recevant, elle aussi, une gifle tout aussi retentissante que celle qui m'avait été donnée.
La directrice quitta les lieux, mais la surprise m'attendait le lendemain à l'heure de la prière matinale, quand je fus appelée devant toutes les élèves de l'école réunies et reçus, rougissante, les excuses de la directrice qui narra l'incident, précisant que la colère lui avait fait commettre une injustice. Je n'ai jamais oublié cet incident qui s'est déroulé il y a de cela soixante ans, et qui m'a appris la valeur de la solidarité et du sens de l'intégrité et de la justice.

Dolly TALHAMÉ

Les classes de l'ancien Collège protestant français, sis rue Georges Picot, donnaient sur une pelouse que notre directrice, Mlle Louise Wegmann, arpentait allègrement chaque matin jetant un coup d'œil par les fenêtres, s'assurant ainsi que tout se passait au mieux. Un matin où nous étions particulièrement dissipées et chahuteuses, elle poussa soudainement la porte de la salle de classe et le silence fut total. Dans notre hâte de paraître calmes, nous avions occupé la première place à notre portée et je me suis trouvée derrière le pupitre d'une camarade qui avait gravé au canif ses initiales qui, malheureusement pour moi, étaient aussi les miennes. Je fus sommée d'expliquer mon acte et, devant mon silence, je reçus une gifle retentissante ; c'est alors que l'auteure du méfait se présenta affirmant que c'était sa...
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