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Culture - Édition

Un livre à charge contre Céline, « génie littéraire » et « antisémite obsessionnel »

« Génie littéraire » et laudateur du nazisme, voire agent d'influence des nazis durant la guerre. Pour le philosophe Pierre-André Taguieff et l'historienne Annick Duraffour, on ne doit plus distinguer chez Céline l'écrivain de l'« antisémite obsessionnel ». Céline, la race, le Juif (Fayard), un pavé de 1 180 pages, passionnant et extrêmement bien documenté, à paraître lundi, entend rétablir « la vérité historique » face à « la légende littéraire » qui entoure l'auteur du Voyage au bout de la nuit mais aussi de Bagatelles pour un massacre.
Le débat (parfois vif) entre admirateurs et contempteurs de l'écrivain n'est pas nouveau, mais cet ouvrage, fruit d'un travail entamé il y a quinze ans, entend démontrer, en s'appuyant sur un corpus impressionnant, que l'antisémitisme de Céline ne fut pas un « accident » à prendre à la légère, mais se situe bien au cœur de sa pensée et de son écriture. « Plus on connaît l'homme Céline, plus on est saisi par le dégoût et le mépris », écrivent les deux auteurs qui ne manquent pas d'égratigner plusieurs biographes et « spécialistes » de l'écrivain qu'ils jugent trop bienveillants à l'égard du « reclus » de Meudon. « Face à Céline, la complaisance et l'indulgence prennent le sens d'une connivence, voire d'une complicité rétrospective », cinglent Pierre-André Taguieff et Annick Duraffour.
Pour les deux auteurs, Céline a été un collaborateur « engagé » aux côtés des nazis durant l'Occupation, et non un simple spectateur. « La thèse du retrait de Céline pendant les années noires est devenue insoutenable. »
L'ouvrage dépeint également un Céline volontiers menteur et opportuniste. « Céline n'est pas Bardamu », l'homme du peuple, narrateur du Voyage au bout de la nuit, affirme Annick Duraffour. La correspondance de Céline révèle que l'écrivain – contrairement à son narrateur » soutient le colonialisme et l'esclavage. « Je suis tout porté à croire que certains êtres sont naturellement prédestinés à être esclaves », écrit-il ainsi à son père.
Parallèlement à cet ouvrage, paraît mercredi prochain chez Grasset le sixième des carnets tenus par Véronique Robert-Chovin sur Lucette Destouches, épouse Céline. Le carnet court du 20 juillet 2012 (jour des 100 ans de Lucette) jusqu'au 19 janvier 2016.
(Source : AFP)

« Génie littéraire » et laudateur du nazisme, voire agent d'influence des nazis durant la guerre. Pour le philosophe Pierre-André Taguieff et l'historienne Annick Duraffour, on ne doit plus distinguer chez Céline l'écrivain de l'« antisémite obsessionnel ». Céline, la race, le Juif (Fayard), un pavé de 1 180 pages, passionnant et extrêmement bien documenté, à paraître lundi, entend rétablir « la vérité historique » face à « la légende littéraire » qui entoure l'auteur du Voyage au bout de la nuit mais aussi de Bagatelles pour un massacre.Le débat (parfois vif) entre admirateurs et contempteurs de l'écrivain n'est pas nouveau, mais cet ouvrage, fruit d'un travail entamé il y a quinze ans, entend démontrer, en s'appuyant sur un corpus impressionnant, que l'antisémitisme de Céline ne fut pas un...
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