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Moyen Orient et Monde - Chronique / Sur un air de campagne

L’odyssée élyséenne

Palais de l’Élysée. Photo archives/AFP

Le monde politique français est dans le brouillard. Visibilité nulle ou quasi. Une seule certitude : demain s'annonce historique. Le séisme politique qui se prépare laissera, en mai, les Français hagards, pantois, déçus ou ravivés. Aujourd'hui, aucun candidat ne peut prétendre l'emporter, car tout le monde peut gagner.
Les prétendants sont atones. Les porte-parole aphones. Les verbes perdent leur temps. Nos politiciens composent, se décomposent à la vitesse de la lumière.
2017 est l'année de Sortez les sortants. Du grand ménage. Du Par ici la sortie... Les élus d'hier deviennent des ex. Des exclus. Après un Hollande obligé d'abdiquer avant la bataille, les primaires ont déjà digéré les Duflot, Sarkozy, Juppé, avant qu'une ultime bouchée ne déglutisse Montebourg et n'avale Valls. Le monde tourne à l'envers. Les pelles se ramassent à la feuille... d'émargement, alors qu'au siècle dernier, en janvier précisément, les candidats à la présidentielle s'envolaient. Chirac, en 1995, revenu des tréfonds des intentions de vote, prenait la tête, statufiant son ami de trente ans. En 2007, Sarkozy emportait la foule avec son discours de la porte de Versailles étouffant lavoix Royal. En 2012, Hollande décollait du Bourget, scotchant Sarkozy sur le tarmac.
De nos jours, au mois de janvier, les candidats à la fonction suprême s'emberlificotent, s'empêtrent, s'engluent dans des affaire et confondent avec une facilité déconcertante dépenses personnelles avec dépenses de l'État. À gauche, Macron, En marche !, est bousculé par les révélations du livre Dans l'Enfer de Bercy. On y apprend qu'il aurait peut-être bien utilisé, alors qu'il était en poste, l'enveloppe des frais de bouche du ministère de l'Économie. À l'extrême droite, Marine Le Pen, accusée d'avoir rémunéré deux emplois d'assistants parlementaires jugés fictifs par Bruxelles, est sommée de payer 340 000 euros avant la fin du mois de janvier. C'est demain...
Et le grand favori de la droite ? François Fillon affronte, lui, les accusations d'emploi fictif visant sa femme. La tempête Pénélope. Un cyclone, une tornade. Un ouragan. Lui qui espérait retrouver, en cette fin janvier, le souffle de novembre, est soufflé par l'explosion du Penelopegate. Une déflagration qui frappe de plein fouet l'une des qualités qui lui étaient communément attribuées : l'honnêteté. L'honnêteté, sa marque de fabrique. Son « Moi, président... ». Son anaphore. Lui qui dénonçait ceux qui « profitent du système » est rattrapé par ledit système. Et ce même si le candidat Les Républicains donne les preuves. Même s'il a assuré, hier encore, qu'il « allait se battre jusqu'au bout » et « ne se laisserait pas abattre » face aux « forces » qui « veulent le faire taire ». Ses paroles, son énergie... suffiront-elles à convaincre une époque assoiffée de transparence ?
L'odyssée élyséenne est suspendue à un fil.

* Frédéric Picard est rédacteur en chef du Figaro.fr

Le monde politique français est dans le brouillard. Visibilité nulle ou quasi. Une seule certitude : demain s'annonce historique. Le séisme politique qui se prépare laissera, en mai, les Français hagards, pantois, déçus ou ravivés. Aujourd'hui, aucun candidat ne peut prétendre l'emporter, car tout le monde peut gagner.Les prétendants sont atones. Les porte-parole aphones. Les verbes...
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