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Nos lecteurs ont la parole - Par Ronald Barakat

Droit d’accès à l’information : objectif ONG

Jour historique, le jeudi 19 janvier 2017, pour le public libanais, la société civile libanaise et notamment les ONG locales: le Parlement a enfin voté la loi d'accès à l'information, avec une mouture renforcée, pour assurer un maximum de transparence. On s'en est félicité, côté civil. On a pavoisé. On s'est frotté les mains à la perspective de pouvoir accéder à des informations dans le dessein de surveiller l'administration publique et les organismes rattachés, de forcer leur opacité et les pousser à la transparence, de les questionner sur leurs activités et leurs dépenses, et de leur réclamer, éventuellement, des comptes... Sauf que cette loi ne va pas à sens unique, mais à deux ou plusieurs sens, et peut se diriger contre des représentants de la société civile, et notamment certaines ONG comme celles qui défendent à cor et à cri de nobles causes sociales, familiales, environnementales, humanitaires... En effet, le schéma n'est pas aussi simpliste, aussi antinomique, du genre les «bons intègres» de la société civile contre les «méchants corrompus» de l'administration publique. Il y en a des deux chez les deux, et chez d'autres. Il y en a des deux partout. On est loin de la dualité tranchée: bien contre mal ou les blancs contre les noirs du jeu d'échecs. Cette loi devrait porter le citoyen à réclamer aussi «les» comptes, en vue de réclamer «des» comptes aux deux parties, même à celle qui se sent flouée et qui crie «au voleur!». Cette loi, si bienvenue, devrait pousser le citoyen libanais à questionner certaines ONG qui, de par leur nature «non gouvernementale», sont soustraites à toute surveillance, à moins d'une plainte logée au ministère de l'Intérieur. Nous attendons donc, impatiemment, la publication du bilan annuel des ONG locales, incluant les sources de leurs financements et le rapport narratif et financier de leurs activités, et ce en conformité avec les clauses de la loi qui vient d'être votée.
Nous invitons ces ONG, et surtout celles qui promeuvent la transparence, à prendre les devants, à surenchérir, à donner le bon exemple, à faire preuve de transparence effective et à publier les bilans de leurs dernières années d'activité, sans attendre les décrets d'application de ladite loi pour commencer à le faire. Et cela afin de dissiper les doutes entourant leur gestion financière passée et de ne pas offrir l'image de «prostituées qui jouent les vierges effarouchées». Que ces ONG des droits de l'homme et des œuvres humanitaires, qui vivent très bien de leurs missions respectives grâce à des émoluments faramineux, qui échappent au contrôle de l'État et même à celui de leurs donateurs (qui n'y voient souvent que du feu... ou qui ferment les yeux), s'emploient à se mettre elles-mêmes dans le collimateur de cette loi, à accéder à leurs propres données et à les rendre publiques, pour montrer leur intégrité ou faire leur mea culpa. Que ces ONG si promptes à réclamer des comptes, si «charitables», si «transparentes», considèrent que « charité bien ordonnée commence par soi-même » et se mettent à balayer devant leur propre porte avant de lorgner celle de leur voisin de l'administration publique. Qu'elles fassent le ménage de leur propre administration privée qui se trouve à l'abri, ou presque, de tout droit de regard extérieur. Elles qui aiment à donner des leçons d'intégrité, qu'elles présentent à la société civile dont elles sont issues, par un exposé franc de leurs activités, une comptabilité «une » et saine, exempte de surfacturation et de feuille de paye salariale «double » (l'une fictive, conforme au budget alloué, et l'autre «effective», conforme à leurs besoins), et cela dans le but de couvrir des frais non budgétisés, de financer d'autres activités, etc.
Que certaines ONG locales (et non des moindres) s'attellent à questionner leurs propres pratiques, jusqu'à se remettre en question, à interpeller leur propre conscience morale et professionnelle, à mettre de l'ordre dans leurs propres finances, à nettoyer leurs propres écuries, à s'immuniser contre l'appât du gain ou du gagne-pain, à faire primer l'activisme sur l'affairisme, la solidarité sur la compétitivité, la vision sur la visibilité, la vocation sur la profession, afin de pouvoir mieux questionner et interpeller les administrations et les pouvoirs publics, fureter dans leurs dossiers, leur réclamer des comptes, les réformer et les exorciser de ces mêmes démons qui viennent posséder les « exorcistes civils ».

Jour historique, le jeudi 19 janvier 2017, pour le public libanais, la société civile libanaise et notamment les ONG locales: le Parlement a enfin voté la loi d'accès à l'information, avec une mouture renforcée, pour assurer un maximum de transparence. On s'en est félicité, côté civil. On a pavoisé. On s'est frotté les mains à la perspective de pouvoir accéder à des informations dans le dessein de surveiller l'administration publique et les organismes rattachés, de forcer leur opacité et les pousser à la transparence, de les questionner sur leurs activités et leurs dépenses, et de leur réclamer, éventuellement, des comptes... Sauf que cette loi ne va pas à sens unique, mais à deux ou plusieurs sens, et peut se diriger contre des représentants de la société civile, et notamment certaines ONG comme celles qui...
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