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Nos lecteurs ont la parole - Rolla Aoun

Non, ce ne sont plus de simples objets...

Photo objets .

Nous avons tous ressenti, devant un objet ou un meuble ayant appartenu à des personnes disparues chères à nos cœurs, ce moment fugace où d'un seul coup les souvenirs affluent, et la présence des absents devient tangible. Que d'histoires qui nous reviennent alors... On dirait des bulles d'air qui viendraient pétiller à la surface d'une eau qu'on croyait dormante et sans vie. On se souvient d'évènements qui ont jalonné notre passé, qui nous ont fait rire ou pleurer. Ces objets témoins font résonner dans notre tête les échos d'une vie qu'on croyait enterrée. C'est comme un parfum, une odeur qui déclenche une image ou des bribes d'images parfois sans fil conducteur, des visages du passé que la pensée n'osait plus évoquer. On revoie comme dans un rêve des lieux et des personnes et on se laisse gagner par la douce mélancolie de ces vécus qui ont su laisser des traces. Chaque objet a une histoire, banale, tragique ou joyeuse. Mais chaque histoire à une douceur authentique dont on n'avait pas perçu la fragilité à l'époque... Ces objets, qui ont marqué notre quotidien, sont les objets de toute une existence. Ils nous parlent un langage intime que nous seuls comprenons. Ils sont d'une richesse incroyable car ils portent en eux l'âme de ceux qui nous ont précédés dans l'éternité. Ce sont des tableaux précieux décorant le mur de notre existence, et les enlever laisserait un vide...Ce sont enfin des objets que leur souffle continuera d'habiter. D'une simple paire de lunettes qu'ils portaient pour lire ou enlevaient furieusement quand ils s'énervaient, à un fauteuil où ils aimaient s'asseoir le soir quand toute la maisonnée dormait, à un livre de chevet qu'ils affectionnaient ou un vase fêlé et mille fois recollé. Des objets qui apaisent, bien qu'on ressente un pincement douloureux à les voir. Des compagnons de tous les jours qui se sont imprégnés de leur âme. De petits clins d'œil silencieux de l'au-delà. Alors pourquoi ne pas nous en entourer puisqu'on ne peut plus, hélas, entourer de nos bras ceux qui nous les ont légués ?

Rolla Aoun

Nous avons tous ressenti, devant un objet ou un meuble ayant appartenu à des personnes disparues chères à nos cœurs, ce moment fugace où d'un seul coup les souvenirs affluent, et la présence des absents devient tangible. Que d'histoires qui nous reviennent alors... On dirait des bulles d'air qui viendraient pétiller à la surface d'une eau qu'on croyait dormante et sans vie. On se souvient d'évènements qui ont jalonné notre passé, qui nous ont fait rire ou pleurer. Ces objets témoins font résonner dans notre tête les échos d'une vie qu'on croyait enterrée. C'est comme un parfum, une odeur qui déclenche une image ou des bribes d'images parfois sans fil conducteur, des visages du passé que la pensée n'osait plus évoquer. On revoie comme dans un rêve des lieux et des personnes et on se laisse gagner par la douce...
commentaires (1)

Oublions les clichés, le fétichisme, et la nostalgie heureuse ou malheureuse, ou bien le vers que tout familier avec la littérature francophone a fredonné, ""objets inanimés avez-vous donc une âme…"" et surtout mes travaux en photographies qui abordent les objets dans une autre dimension que celle de l’évocation. Lecteur assidu de Pascal Quignard, dont les personnages aiment plutôt les objets que les êtres, comme Charles, le héros du "Salon de Wurtemberg", par exemple. On se heurte finalement au principe de réalité, et on se demande où mettre tous ces objets qu’on a amassés tout au long de sa courte existence. La vie est en effet courte, et avec le temps, il vaut mieux garder tous ces objets dans l’armoire de sa mémoire. Comme disait l’écrivain, les souvenirs des objets sont comme les bulles de champagne, elles remontent de toute façon à la surface…

Charles Fayad

10 h 08, le 23 janvier 2017

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Commentaires (1)

  • Oublions les clichés, le fétichisme, et la nostalgie heureuse ou malheureuse, ou bien le vers que tout familier avec la littérature francophone a fredonné, ""objets inanimés avez-vous donc une âme…"" et surtout mes travaux en photographies qui abordent les objets dans une autre dimension que celle de l’évocation. Lecteur assidu de Pascal Quignard, dont les personnages aiment plutôt les objets que les êtres, comme Charles, le héros du "Salon de Wurtemberg", par exemple. On se heurte finalement au principe de réalité, et on se demande où mettre tous ces objets qu’on a amassés tout au long de sa courte existence. La vie est en effet courte, et avec le temps, il vaut mieux garder tous ces objets dans l’armoire de sa mémoire. Comme disait l’écrivain, les souvenirs des objets sont comme les bulles de champagne, elles remontent de toute façon à la surface…

    Charles Fayad

    10 h 08, le 23 janvier 2017

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