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« Monsieur le Futur Président de la République », je vous écris une lettre, que vous lirez peut-être si vous avez le temps. Je viens vers vous par la présente en votre qualité d'homme postulant à la plus haute des fonctions dans cette belle France : la présidence la République. Il est normal que vous exposiez vos atouts pour être l'élu du peuple de France.
Après les détails de vos projets économique, éducatif, social, juridique, et j'en passe, je m'arrête sur celui de votre politique étrangère outre-continentale que vous comptez mener. Beaucoup de citoyens, étrangers aux yeux d'une citoyenne chef de parti, mais rattachés au destin de la France sans même y avoir parfois foulé son sol, maîtrisant parfaitement la belle langue de Molière, épousant sa culture et son histoire par le biais de leurs racines communes avec les vôtres, vous observent après des décennies d'attente sans résultats. Vous n'aurez pas leurs voix, certes, mais leurs prières à coup sûr.
Je vous parle du problème politique des chrétiens d'Orient, cette communauté qui est un pont historique et unique entre la France et l'Orient. Ils ne sont certes pas tous français et pourtant, à les entendre parler, les voir agir et surtout raisonner, ils le sont ou presque ! Ce n'est plus une question de nationalité, de frontières terrestres ou autres, mais juste une question de liens trop longs à détailler au vu de leur ancienneté et de leur profondeur. Ça semble pourtant si simple pour eux, car c'est leur histoire, leurs racines – et aussi les vôtres –, leur vie et leur destin depuis saint Louis et François Ier qui les ont amenés à vous épouser sans jamais songer à un divorce ou une mésalliance, même momentanée.
Ils étaient à l'époque bien plus nombreux lorsqu'ils insufflèrent la renaissance, anticipant sur ce qui sera votre culture et, ainsi, consolidant ce pont vous liant à eux et qui a servi vos politiques, votre éducation et votre culture. Il a été le chemin de passage de vos troupes qui se sont implantées outre-Méditerranée. Pourtant, la France semble aujourd'hui être très loin, presque à l'horizon de leurs espoirs et de leurs espérances. Ils lui restent pourtant fidèles et accueillants comme à leur habitude, en la recevant comme toujours par un « bonjour et bienvenue » et en la raccompagnant par un « merci et à bientôt » ; mais depuis, il leur est imposé de répéter le mot « sorry ». Ils le croyaient momentané, ce mot introuvable dans leur Larousse. Un printemps dit arabe au souffle brûlant leur casse les ailes, le corps et l'âme, et fissure ce pont.
Ce génocide non déclaré menant à leur affaiblissant programmé en vue de leur disparition n'est certes pas leur mission divine sur ces terres. Leur vie-témoignage ne pourrait-elle pas se solder par d'autres méthodes dignes des critères des droits de l'homme ?
Jusqu'à quand le club des puissants auquel appartient la France les observera, tels des équilibristes sur ce fil frontalier entre ces deux rives de la Méditerranée ? Chaque dimanche, ils prient (leur) Dieu pour que ça ne soit pas le dernier jour de leur mission
Que comptez-vous faire de cette nouvelle ère et de ce nouveau monde qui ne sont qu'à leur commencement ? Ces ambassadeurs et soldats de la culture et de la langue françaises, conscients que la laïcité a la française ne pourra jamais voir le jour sur leurs terres, ont-ils le droit d'espérer et d'aspirer à une société citoyenne au sens propre du terme, où tous pourront vivre ensemble dans le respect des différences et des croyances – ou pas – de chacun ? Allez-vous leur offrir un ministère ou un secrétariat d'État en charge des Relations avec les minorités religieuses en Orient au sein du prochain gouvernement français ?
Ou bien une commission, ou mieux encore un semblant de conclave moyen-oriental (une sorte de Saint-Cloud interreligieux et politique) où chefs religieux de tous les rites et hommes politiques de tout bord se retrouveront réunis sous l'égide de la France ? Plus que jamais, chacun a un rôle désormais à jouer sans se substituer à l'autre. Le devoir de chacun serait de préparer le chemin à une véritable réconciliation afin de trouver une solution juste, pour légitimer les accords politiques et trouver les solutions aux problèmes à caractère religieux où tous pourront vivre ensemble dans le même pays en totale liberté.
Ceci reste la seule solution pour accéder à un État de citoyenneté où toutes les religions seront respectées. Allez-vous chercher et obtenir en premier la justice qui mènera à une paix durable ? Cette justice n'est-elle pas censée être une valeur commune à tous les enfants d'Abraham pour ainsi placer aussi la première pierre d'un véritable temple de l'islam de France ? Allez-vous œuvrer à établir une journée internationale de commémoration pour les martyrs chrétiens d'Orient avec le soutien de l'ONU ? Comme vous le dites si bien et si fort, « si l'on ne casse pas la baraque maintenant, quand le ferons-nous ? »
La fille aînée de l'Église, garante du maintien du pluralisme, est si loin. Il serait terrible que la montée de cette soi-disant nouvelle démocratie signe la fin du vivre-ensemble. La politique d'aujourd'hui sera l'histoire de demain. Ne ratez pas la politique, marquez l'histoire... Elle est dure, elle ne pardonne guère !


FILL... MIN...HON... POURRAIT ETRE L,ELU !
22 h 39, le 14 janvier 2017