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Économie

Prochaine étape : Trump contre les robots

Ces dernières décennies, les États-Unis ont été les plus grands promoteurs du libre-échange dans le monde. On peine à croire qu'ils n'y aient pas trouvé un intérêt. Trump a une position diamétralement opposée. Il prône des mesures protectionnistes visant à revitaliser les anciens bassins industriels. Par tweets interposés, il tord le bras d'entreprises privées pour qu'elles développent leurs chaînes de production aux États-Unis. Cette position explique probablement ses victoires décisives dans les swing states du Midwest, bastion de l'industrie américaine. Il est sous-entendu que la désindustrialisation s'explique par la concurrence de pays à bas coûts, en particulier par l'ouverture au commerce chinois vers l'an 2000. L'emploi manufacturier était de 17-18 millions depuis les années 60, et c'est effectivement après 2000 qu'il décroche. Ce constat omet un point crucial lié à la démographie. Avec le début de départ à la retraite des baby-boomers, la force de travail a nettement ralenti. Vue en pourcentage de l'emploi total, la chute de l'emploi manufacturier a commencé depuis plusieurs décennies et n'a pas accéléré après 2000 (graphe de gauche). Ce phénomène est avant tout lié aux gains de productivité obtenus par l'automatisation des chaînes de production. Ce sont les robots qui sont en cause, plus que la concurrence salariale de l'extérieur. On en a la confirmation en observant le ratio de la production réelle dans le secteur manufacturier par rapport à l'ensemble de l'économie (graphe de droite). Ce ratio n'est pas spécialement faible. En termes relatifs, on produit autant mais avec moins de main-d'œuvre. Ce constat général n'exclut certaines exceptions. La quasi-disparition du secteur textile aux États-Unis s'explique par la concurrence de la Chine, pays qui a longtemps mené une politique d'affaiblissement de sa devise (ses interventions vont désormais dans le soutien de sa devise). Des droits de douane sont-ils la solution ? Ils auront pour conséquence de renchérir les coûts de production et ne peuvent alors que renforcer le recours à l'automatisation. Ils risquent aussi de provoquer une hausse du dollar rendant les manufacturiers américains moins concurrentiels. On voit mal comment le secteur industriel en viendrait donc à créer les millions d'emplois que Trump a promis durant sa campagne.

Cet article est réalisé par Fidus

Ces dernières décennies, les États-Unis ont été les plus grands promoteurs du libre-échange dans le monde. On peine à croire qu'ils n'y aient pas trouvé un intérêt. Trump a une position diamétralement opposée. Il prône des mesures protectionnistes visant à revitaliser les anciens bassins industriels. Par tweets interposés, il tord le bras d'entreprises privées pour qu'elles développent leurs chaînes de production aux États-Unis. Cette position explique probablement ses victoires décisives dans les swing states du Midwest, bastion de l'industrie américaine. Il est sous-entendu que la désindustrialisation s'explique par la concurrence de pays à bas coûts, en particulier par l'ouverture au commerce chinois vers l'an 2000. L'emploi manufacturier était de 17-18 millions depuis les années 60, et c'est effectivement...
commentaires (1)

1- Pourquoi ne défendrait-il pas l'industrie nationale? Je ne vois pas pourquoi c'est un crime de vouloir défendre ses frontières et les intérêts nationaux, surtout quand on sait que la délocalisation n'est justifiée que par des soucis d'économie de salaires et de frais... 2- Oui, la robotisation des tâches a augmenté le chômage partout... On crée des machines qui remplacent les hommes et les mettent à lrue, et puis on pleure sur la montée du chômage...

Soraya Naufal

08 h 58, le 14 janvier 2017

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Commentaires (1)

  • 1- Pourquoi ne défendrait-il pas l'industrie nationale? Je ne vois pas pourquoi c'est un crime de vouloir défendre ses frontières et les intérêts nationaux, surtout quand on sait que la délocalisation n'est justifiée que par des soucis d'économie de salaires et de frais... 2- Oui, la robotisation des tâches a augmenté le chômage partout... On crée des machines qui remplacent les hommes et les mettent à lrue, et puis on pleure sur la montée du chômage...

    Soraya Naufal

    08 h 58, le 14 janvier 2017

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