Liban

Avec la visite de Aoun à Riyad et Doha, un mandat qui démarre sur l’ancrage dans le monde arabe

L’éclairage
11/01/2017

Le Premier ministre Saad Hariri continue de souligner que le climat positif qui a accompagné l'élection à la présidence de Michel Aoun et la formation du nouveau cabinet dit du « regain de confiance » prévaut encore aujourd'hui et qu'il reste possible d'en tirer profit afin de faire en sorte que les différents dossiers en suspens progressent. Devant une délégation de journalistes venus lui rendre visite, il a en effet déclaré : « Regardez où nous nous trouvons aujourd'hui, en comparaison avec l'année précédente. Nous avons un président de la République, un gouvernent a été formé et nous évoluons dans un climat de stabilité. Nous allons œuvrer pour renforcer ce climat. » Il a également certifié qu'avec le président Aoun l'entente est « totale » sur tous les dossiers. Les deux hommes se fondent sur deux principes pour gérer leur relation : d'abord, les divisions politiques sont interdites et il est interdit de revenir en arrière, ensuite, il est impératif de faciliter et d'accélérer la gestion des dossiers qui touchent à la vie quotidienne des gens.
De source proche de Baabda, on assure que le nouveau mandat est intraitable sur le respect de la loi et l'indépendance du pouvoir judiciaire, loin des ingérences des responsables politiques. La source poursuit en indiquant que le président de la République est convaincu de la nécessité de préserver la sécurité et la stabilité, de veiller également à l'application de la loi car ces éléments-là sont de nature à encourager les investissements et les capitaux étrangers. Il souligne également la nécessité du consensus pour permettre au pays de se relever car gouverner revient à partager des responsabilités, non pas à s'opposer de manière permanente. C'est dans ce contexte que le Conseil des ministres doit se réunir aujourd'hui afin de poursuivre l'examen des dossiers urgents et importants.
Ce qui est sûr, c'est que le gouvernement continue de réaffirmer sa volonté d'organiser dans les délais constitutionnels les élections législatives et rejette d'emblée tous les prétextes qui pourraient donner lieu à une prorogation « technique » du mandat de la Chambre le temps qu'une nouvelle loi électorale soit votée. Cela étant dit, une source gouvernementale reconnaît la quasi-impossibilité de tomber d'accord sur le vote d'une nouvelle loi électorale à l'aune notamment du refus total du leader druze Walid Joumblatt de laisser « passer » une loi fondée sur la proportionnelle. Ses récentes déclarations sur Twitter ont bien mis en relief l'intransigeance de sa position puisqu'il a maintes fois déclaré que la communauté druze tient une place particulière au sein du tissu social libanais et ne saurait voir sa place et son rôle réduits à cause d'une nouvelle loi électorale. La députée Sethrida Geagea l'a d'ailleurs contacté par téléphone pour lui faire part de sa solidarité. Quant au chef du gouvernement, Saad Hariri, il a déclaré de son côté qu'il « comprenait les craintes » de Walid Joumblatt, mais il l'a néanmoins exhorté à mettre de l'eau dans son vin en soulignant que la conciliation reste le maître-mot pour la période à venir et afin de permettre au chantier du développement du pays de démarrer et répondre aux besoins pressants des citoyens.
Les différentes chancelleries occidentales et régionales ont exprimé de leur côté leur satisfaction par rapport aux derniers développements sur la scène libanaise. Elles estiment que la nature des relations entre les trois pouvoirs et le fait pour eux d'éviter de se noyer dans les méandres des influences régionales sont un indicateur positif de l'étape à venir et du travail qui reste à faire pour rattraper le temps jusque-là perdu. De même, le fait pour le président de la République d'avoir démarré sa tournée diplomatique dans la région et non pas en visitant en premier lieu le Vatican et Paris dénote bien pour les sources diplomatiques précitées une indéniable volonté de donner une portée régionale à ce début de mandat et de l'ancrer dans son milieu naturel que sont les pays arabes.
De plus, et contrairement à ce qui a pu « fuiter » ces derniers temps, l'Égypte ne figure pas au programme de la tournée officielle du président de la République. Michel Aoun envisage toutefois de s'y rendre prochainement dans le cadre d'une visite privée, car il reste conscient de l'importance du rayonnement régional du Caire. Il sera aussi attendu au Vatican dans un futur proche, mais dans l'intervalle, l'heure est à l'expectative en attendant les résultats de sa visite en Arabie saoudite.
Certaines sources estiment qu'après les « clarifications » qui auront été faites lors de ce passage à Riyad, les relations libano-saoudiennes pourront retrouver leur harmonie d'antan et le climat politique positif n'en sortira que renforcé sur la scène locale.

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