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Moyen Orient et Monde - États-Unis

Au Sénat, le candidat de Trump à la Justice se défend de tout racisme

La séance s'est déroulée de façon mouvementée, de multiples manifestants interrompant les échanges tout au long de l'audition.

Jeff Sessions lors de son audition hier au Sénat. Chip Somodevilla/Getty Images/AFP

L'homme choisi par Donald Trump pour diriger le département américain de la Justice, Jeff Sessions, a rejeté hier de vieilles accusations de racisme, tout en tâchant de rassurer ceux qui craignent des dérives touchant les minorités et les libertés individuelles. Jeff Sessions ouvrait la longue procession d'audition du gouvernement Trump au Sénat.
Lors de son audition, le sénateur de l'Alabama s'est dit défavorable à une loi qui interdirait aux musulmans d'entrer aux États-Unis, et a admis que la technique d'interrogatoire en simulant la noyade, interdite sous la présidence Obama, était « absolument impropre et illégale », ainsi que toute forme de torture. Personnellement opposé au mariage homosexuel et à l'avortement, M. Sessions a cependant promis qu'il respecterait les décisions de la Cour suprême sur ces sujets.
Sur Hillary Clinton, que M. Trump avait un temps menacé de traîner devant les tribunaux en cas d'arrivée à la Maison-Blanche avant de changer d'avis après sa victoire, M. Sessions n'a ni promis ni écarté d'éventuelles poursuites dans l'affaire de ses emails ou de sa fondation. « Je pense qu'il serait convenable que je me récuse de tout dossier d'enquête impliquant la secrétaire Clinton », a déclaré le sénateur. « Ce pays ne punit pas les rivaux politiques, ce pays fait en sorte que personne ne soit au-dessus des lois », a-t-il ajouté. Le secrétaire à la Justice, a aussi dit M. Sessions, « doit être capable de dire non au président s'il va trop loin ».

L'ombre du KKK
La séance sur la colline du Capitole s'est déroulée de façon mouvementée, de multiples manifestants interrompant les échanges tout au long de l'audition, depuis les rangs du public dans la salle. Des militants du groupe Code Pink, et notamment deux hommes déguisés en membres de l'organisation raciste Ku Klux Klan (KKK), ont ainsi été expulsés.
Jeff Sessions a été accusé en 1986 de propos racistes et d'avoir critiqué le travail d'associations de défense des droits civiques dans l'Alabama, un ex-État ségrégationniste. Cela lui avait alors coûté sa nomination à un poste de juge fédéral. L'opposition démocrate a abondamment rappelé, citations à l'appui, ces diverses affaires reprochées à l'ancien procureur. Il s'agit « d'accusations infondées », a répliqué l'homme de 70 ans, en revenant en détail sur cette période et en dénonçant la « caricature » de 1986 qui lui colle à la peau. « J'ai en horreur le Klan, ce qu'il représente et son idéologie », a-t-il affirmé.
Et il a d'emblée tenté de déminer le terrain sur la défense du droit de vote des minorités, notamment à travers le Sud où des restrictions ont été mises en place ces dernières années. « Je comprends profondément l'histoire des droits civiques et l'impact terrible que la discrimination incessante et systématique, ainsi que les restrictions sur le droit de vote ont eu sur nos frères et sœurs afro-américains », a-t-il déclaré. Des personnalités noires devaient témoigner plus tard pour attester que l'ancien procureur n'est pas raciste.
Mais ce conservateur pur et dur n'a pas adouci la ligne ferme qu'il entend appliquer sur de nombreux dossiers en tant qu'Attorney General, poste-clé de l'exécutif américain. Le sénateur Sessions a ainsi adopté un ton martial contre la délinquance et l'immigration clandestine, estimant que les régularisations « sapaient le respect de la loi et encourageaient de nouvelles arrivées illégales ». Il a également répété qu'il n'était pas favorable à la fermeture de la prison de Guantanamo, « endroit sûr pour garder des prisonniers ».
L'audition du futur secrétaire, qui ne le deviendra qu'en emportant un vote majoritaire des sénateurs, sera bouclée aujourd'hui.
(Source : AFP)

L'homme choisi par Donald Trump pour diriger le département américain de la Justice, Jeff Sessions, a rejeté hier de vieilles accusations de racisme, tout en tâchant de rassurer ceux qui craignent des dérives touchant les minorités et les libertés individuelles. Jeff Sessions ouvrait la longue procession d'audition du gouvernement Trump au Sénat.Lors de son audition, le sénateur de...
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