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Liban

Nasrallah : Après la victoire à Alep, la chute du régime de Damas n’est plus possible

Hezbollah

« Nous jurons que nous ne voulons pas mettre la main sur le Liban », a affirmé le secrétaire général du Hezbollah.

OLJ
24/12/2016

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, s'est félicité hier de la prise totale d'Alep par l'armée syrienne et ses alliés, affirmant que cette victoire mettait un terme à l'éventualité d'une chute du régime du président Bachar el-Assad. Abordant brièvement l'actualité politique libanaise, il a appelé le gouvernement de Saad Hariri à assumer toutes ses responsabilités, et affirmé que son parti avait combattu en faveur d'un cabinet d'union nationale.

« Une nouvelle étape de la guerre en Syrie »
« Sans vouloir exagérer, nous n'allons pas dire que (la victoire) à Alep est anodine, a ajouté Hassan Nasrallah, lors d'un discours télévisé retransmis en direct à l'occasion d'un rassemblement d'étudiants partisans. Certes, la guerre n'est pas terminée, mais la victoire à Alep est une défaite majeure pour le camp adverse. »
« Faire tomber le régime était possible, mais cela n'était en tout cas pas corollaire du contrôle total du territoire syrien, a-t-il ajouté. Mais aujourd'hui, après la victoire à Alep, les projets visant à faire chuter le régime ont échoué. Voilà l'une des conséquences politiques de la victoire à Alep. Oui, nous sommes face à une nouvelle étape de la guerre en Syrie. Nous avons réalisé de grandes avancées. »
Et de poursuivre : « La prochaine étape consistera à renforcer la sécurité à Alep, car les groupes armés tenteront de viser à nouveau la ville. Ils ne vont pas baisser les bras. La priorité va à la consolidation de cette victoire afin de l'exploiter sur les terrains militaire et politique. Cette victoire peut ouvrir la voie à des solutions politiques. Certains États pourraient être amenés à accepter une solution politique. »
Les forces gouvernementales syriennes se déployaient vendredi dans les quartiers d'Alep récemment reconquis. L'armée du président Assad avait solennellement annoncé jeudi soir la reprise de la moitié de cette ville qui lui échappait depuis juillet 2012, après une offensive féroce d'un mois qui a abouti à l'évacuation forcée de dizaines de milliers de résidents et d'insurgés vers des régions rebelles du nord du pays.

« Les groupes armés responsables des déplacements de population »
« Ce qui s'est passé à Alep, tout au long de ces derniers mois (...), c'est une des guerres les plus dures qu'ait connues la Syrie, mais aussi la région, ces dernières années, a estimé Hassan Nasrallah. Les combats ne se faisaient pas seulement contre des groupes d'opposition syriens, mais il y avait également des combattants turcs, tchétchènes, ouzbeks, etc., et notamment des centaines de kamikazes qui commettaient leurs attentats-suicide à l'aide de véhicules lourds bourrés de tonnes d'explosifs. »
« Il y avait des armes sophistiquées, des sommes faramineuses (investies). Tous les États qui prônent le projet adverse ont parié sur la chute d'Alep (...), a-t-il lancé. Toutes ces sommes dépensées depuis six ans dans la guerre en Syrie (au profit de l'opposition armée) dépassent de loin les sommes allouées par les pays arabes depuis 60 ans à la cause palestinienne. »
« Les États qui ont soutenu les terroristes n'ont pas ménagé leurs efforts. La seule chose qu'ils n'ont pas faite, c'est d'envoyer l'armée saoudienne ou qatarie sur place. Mais aujourd'hui, la Turquie, qui a envoyé ses soldats, en subit les conséquences : ses fils sont brûlés vifs », a affirmé le chef du Hezbollah, en référence aux deux militaires turcs présumés brûlés vifs par l'EI, dans une vidéo diffusée vendredi.
Pour le leader chiite, « ce qui s'est passé en Syrie n'est pas la conséquence d'une réduction du soutien aux bandes armées, mais le résultat de la détermination et de la volonté du peuple et de l'armée syrienne ». « On a parlé de 300 000 personnes assiégées à Alep. Le siège a été levé. Où sont-elles, ces 300 000 personnes ? » s'est interrogé Hassan Nasrallah. Il s'est également défendu contre les accusations de nettoyage ethnique. « Il s'agit de mensonges concernant des changements démographiques (provoqués par le déplacement forcé d'habitants). Les gens devront retourner dans leurs villes à un moment ou à un autre. Personne ne veut changer la démographie en Syrie. Ce sont les groupes armés qui sont responsables des déplacements de population. »
Hassan Nasrallah a toutefois estimé que les derniers développements à Alep « pourraient ouvrir de nouvelles perspectives pour des solutions politiques » à la guerre en Syrie.

« Nous avons combattu pour un cabinet d'union nationale »
Sur le plan politique interne, le chef du Hezbollah a abordé la question de l'investiture du nouveau gouvernement et l'élaboration d'une loi électorale pour les législatives prévues en principe en mai prochain.
« Il ne devrait pas y avoir d'obstacles concernant la rédaction de la déclaration ministérielle », a estimé Hassan Nasrallah. Son avis est partagé par un large éventail de responsables politiques qui s'attendent à ce que cette déclaration soit finalisée dans les heures ou les jours qui viennent, de sorte que le gouvernement présidé par Saad Hariri obtienne la confiance du Parlement avant la fin de l'année.
« Le gouvernement, qui aura naturellement la confiance du Parlement, ne doit pas se considérer comme uniquement responsable d'organiser les prochaines législatives, qui pourraient être retardées pour des raisons techniques de quelques mois, a prévenu le chef du parti chiite. Ce gouvernement doit être responsable de toutes les questions en suspens. Il s'agit d'un cabinet qui jouit de toutes ses prérogatives et qui devrait de la sorte assumer toutes ses responsabilités. »
« D'aucuns disent que ce gouvernement est celui du Hezbollah, a-t-il ajouté. Mais ce n'est pas vrai. On disait souvent que le Hezbollah veut s'accaparer l'État. Mais nous vous jurons que nous ne voulons pas mettre la main sur le pays. Nous voulons un partenariat avec tous les pôles. Nous avons combattu pour un gouvernement d'union nationale où tout le monde serait représenté, car cela est dans l'intérêt du pays. »
Concernant l'élaboration d'une nouvelle loi électorale, Hassan Nasrallah a affirmé que sa formation est « ouverte au dialogue avec toutes les composantes politiques ». « Nous comprenons les appréhensions de certains, a-t-il dit. Mais nous ne devons pas retourner à la loi de 1960. » Cette loi, actuellement en vigueur, prévoit un scrutin majoritaire plurinominal, décrié, du moins en apparence, par les différents partis politiques.
« En tout cas, l'atmosphère autour des discussions est positive. Cela veut dire que notre pays entrera dans une période de stabilité. Mais nous devons rester vigilants aux niveaux sécuritaire et politique, car les groupes armés sont furieux après leurs défaites en Syrie », a-t-il conclu.

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LA NON APPARTENANCE NATIONALE... CHANTE DU NATIONAL ...

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Les dires de l’haSSine anthracite ne sont pas tout simplement des pseudo-analyses en stratégies ou ses ordinaires diatribes : Non ! Ce sont surtout pour ses Niais des paroles "spirituelles!" : mystères, secrets, révélations" etc... Rien n'y manque.
Mais, comme ces temps-ci les prophètes sont discutés plus consciencieusement que les baratineurs profanes, il faut bien qu’on se résigne à passer même avec des ex-"déshérités" par l'érudition aride et ténébreuse, pour s'élever plus tard mahééék, avec Nabäâh 1er n’est-ce pas, dans les régions éthérées et fécondes du supra-"résistancialisme" fakkîhàrienique.

Yves Prevost

« Nous jurons que nous ne voulons pas mettre la main sur le Liban ». Bonne blague! C'est déjà fait depuis longtemps!

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