De gauche à droite : le ministre de l’Éducation Marwan Hamadé, le président du groupe CMA CGM Jacques Saadé, Nora Joumblatt et la présidente de la Fondation pour l’enfance Naïla Saadé.
La présidente de la fondation d'entreprise CMA CGM, Naïla Saadé, a remis hier au siège de CMA CGM à Beyrouth le prix 2016 de la fondation à Nora Joumblatt, fondatrice et responsable de l'ONG Kayany.
Fondée en 2013, Kayani, qui signifie « mon existence », a pour mission de scolariser les enfants et jeunes syriens les plus vulnérables, réfugiés au Liban, et de leur apporter un soutien psychosocial. Depuis sa création, Kayani a scolarisé gratuitement 3 000 enfants et jeunes syriens, filles et garçons, âgés de 6 à 14 ans, n'ayant pas accès à l'éducation et déscolarisés depuis plus de 3 ans.
En partenariat avec le Center for Civic Engagement and Community service (CCECS) de l'Université américaine de Beyrouth, Kayani a développé et construit, pour une intervention directe à proximité des camps de réfugiés, 4 écoles, selon le modèle « ghata » (nom donné aux écoles mobiles), approuvées par le ministère libanais des Affaires sociales. Ces écoles, de 9 classes chacune, implantées sur des terrains loués à des propriétaires libanais dans les villages de Bar Élias, Majdel Anjar et Saadnayel dans la Békaa, ne sont pas dressées sous des tentes mais construites avec des murs de séparation et respectueuses de l'environnement.
Les cours sont assurés par des éducateurs libanais et syriens, en arabe et en anglais : calcul, mathématiques, sciences, langues et géographie. « Une année de scolarité coûte plus de 600 dollars par enfant, sans compter les salaires du personnel, révèle Nora Joumblatt. D'où l'urgence de trouver des fonds auprès des particuliers et des fondations pour le bon fonctionnement des écoles. »
Créé en 2007
Kayani gère en partenariat avec la Fondation Malala (du nom de la jeune Pakistanaise ayant reçu le prix Nobel pour son combat contre l'ignorance) une école à Bar Élias (2015) et une autre à Saadnayel (2016), pour assurer une formation professionnelle (aide-soignante, anglais, informatique et couture) à 300 jeunes filles syriennes âgées de 14 à 18 ans. Formation qui facilitera aussi leur intégration dans les écoles publiques libanaises et les aidera à trouver un emploi.
En 2017, Kayani envisage de construire à Mekseh dans la Békaa, en partenariat avec l'Union européenne, une école et un centre communautaire pour les Libanais et les Syriens.
Naïla Saadé a déclaré à cette occasion : « Nous avons souhaité distinguer Kayani pour son engagement depuis 2013 auprès des enfants syriens déplacés et réfugiés au Liban. Et surtout Nora Joumblatt pour sa ferme détermination à vouloir sauver, par l'éducation, une génération d'enfants délaissés et privés d'enseignement. »
L'ONG Kayani a reçu un trophée et une aide financière.
Le Prix de la Fondation CMA CGM pour l'enfance a été créé en 2007. Chaque année, il est remis à deux associations, en France et au Liban, qui se distinguent par leur engagement dans le domaine social ou humanitaire en faveur des enfants fragilisés.
En France, le prix 2016 de la fondation a récompensé l'association Phonambule pour ses interventions musicales auprès des enfants en bas âge hospitalisés ou atteints de handicap.
Par ailleurs, chaque année depuis 2011, la Fondation CMA CGM pour l'enfance lance un appel à projets, en France et au Liban, et vient en soutien à des projets répondant à une problématique précise. En 2016, la fondation a déjà récompensé 14 associations françaises et libanaises portant des projets destinés à favoriser le développement personnel des enfants en situation de handicap. Au Liban, en 2016, 1 500 enfants atteints de handicap ont bénéficié de l'aide de la fondation.


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