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À La Une - Polémique

"Infidèle!" Une insulte ottomane provoque une levée de boucliers en Turquie

"Même l'Empire ottoman que vous aimez tant avait banni l'utilisation de telles expressions pour mettre fin aux discriminations contre les citoyens non-musulmans", remarque un éditorialiste turc.

"Infidèle". En employant ce terme à connotation péjorative courant à l'époque ottomane pour désigner les non-musulmans, le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus a suscité une vague de critiques, notamment dans les rangs de la minorité arménienne en Turquie. Photo d'archives AFP

"Infidèle". En employant ce terme à connotation péjorative courant à l'époque ottomane pour désigner les non-musulmans, un haut responsable a suscité une vague de critiques, notamment dans les rangs de la minorité arménienne en Turquie.

"Nous devons prendre au sérieux la question de l'indépendance. Pour nous, l'indépendance c'est garder la tête haute et appeler un gavur un gavur" avait déclaré le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus lors d'un récent meeting dans le nord de la Turquie.

L'emploi, qui plus est par un responsable de ce rang, du mot "gavur", qui veut dire "infidèle" en turc, a choqué. Ce terme était en effet utilisé pendant une certaine période pour stigmatiser les non-musulmans vivant dans les territoires de l'empire ottoman. Dans son discours, M. Kurtulmus vantait "une nouvelle Turquie" forgée sous l'impulsion du Parti de la Justice et du Développement (AKP) au pouvoir depuis 2002, opposée, selon lui, à l'impérialisme et l'exploitation.

L'Empire ottoman, qui a régné sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord pendant près de six siècles (1299 - 1922), était multi-ethnique et multi-confessionnel, abritant notamment des millions de chrétiens. Dans la Turquie moderne, ils ne sont plus que quelques dizaines de milliers -principalement Arméniens, Grecs et Assyriens, ainsi qu'une petite communauté juive.

 

(Lire aussi : Première action en justice de l’Église arménienne contre la Turquie)

 

'Chassé et caillassé'
L'Association des droits de l'Homme turque (IHD) a porté plainte, accusant M. Kurtulmus de violer le code pénal turc et la Déclaration universelle des droits de l'Homme, reconnue par Ankara.

Ahmet Hakan, chroniqueur du journal Hürriyet, a qualifié les propos du vice-Premier ministre de "crime haineux". "Même l'Empire ottoman que vous aimez tant avait banni l'utilisation d'expressions telles qu''infidèle' pour mettre fin aux discriminations contre les citoyens non-musulmans", remarquait-il, s'adressant au gouvernement. Au 19e siècle, les Ottomans avaient en effet banni l'usage de termes péjoratifs fondés sur la religion, la langue ou la race, dans le cadre d'une série de mesures d'inspiration européenne.

Pour Garo Paylan, député d'Istanbul d'origine arménienne, élu du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde), le discours de Kurtulmus est un "discours de haine". "Il aurait dû s'excuser", a-t-il dit à l'AFP. "Je suis un député qui a été chassé et caillassé dans son enfance, et étiqueté comme infidèle".

M. Kurtulmus s'est plus tard défendu auprès de l'agence de presse progouvernementale Anadolu, affirmant qu'il ne s'agissait pas "d'offenser nos citoyens non-musulmans" mais de prendre position contre l'impérialisme.
Il a personnellement appelé M. Hakan: "Il y a un qualificatif dans le village d'origine de ma femme qui dit 'haji infidèle' (le haji étant celui qui a fait son pèlerinage à la Mecque). Même un homme qui a fait son pèlerinage est appelé infidèle. Pourquoi? Parce que c'est un tyran."
Un dictionnaire officiel turc définit effectivement un "gavur" comme un non-musulman, un tyran ou quelqu'un d'impitoyable.

 

(Pour mémoire : Erdogan veut « réexaminer » l’histoire de la Turquie moderne)

 

'Ils m'ont traité d'Arménien'
M. Paylan a estimé que ce terme était un "mot empoisonné": "Lorsque vous demandez aux gens dans la rue qui est infidèle, au moins 50% répondront 'un Arménien'."

Pendant leurs premières années au pouvoir, le président Recep Tayyip Erdogan et l'AKP avaient été salués pour leurs gestes d'ouverture envers les minorités et pour quelques pas timides en direction de l'Arménie.
Dans ses discours, M. Erdogan tranche avec ses prédécesseurs, insistant régulièrement sur le fait que tous les citoyens, qu'ils soient Turcs, Grecs, Arméniens, Arabes ou Juifs, appartiennent à la Turquie moderne.
Mais ses détracteurs s'inquiètent de voir l'AKP recourir de plus en plus à une rhétorique nationaliste pour gagner des voix.

En 2014, M. Erdogan, alors Premier ministre, a même expliqué, en parlant de ses origines familiales: "J'ai été traité de Géorgien. Je m'en excuse, mais ils ont dit pire. Ils m'ont traité d'Arménien." Arméniens et Juifs sont les minorités les plus souvent attaquées par la presse turque, selon des données récoltées par la Fondation Hrant Dink, qui porte le nom du journaliste turco-arménien tué en 2007. En 2015, les Juifs ont été attaqués 531 fois, les Arméniens 459 fois. Les non-musulmans ont été visés 65 fois dans plusieurs cas utilisant le terme "infidèle", selon ces données.

 

 

Pour mémoire

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« La démocratie en Turquie est en train de disparaître, de s'effondrer »

 

"Infidèle". En employant ce terme à connotation péjorative courant à l'époque ottomane pour désigner les non-musulmans, un haut responsable a suscité une vague de critiques, notamment dans les rangs de la minorité arménienne en Turquie."Nous devons prendre au sérieux la question de l'indépendance. Pour nous, l'indépendance c'est garder la tête haute et appeler un gavur un gavur" avait déclaré le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus lors d'un récent meeting dans le nord de la Turquie.L'emploi, qui plus est par un responsable de ce rang, du mot "gavur", qui veut dire "infidèle" en turc, a choqué. Ce terme était en effet utilisé pendant une certaine période pour stigmatiser les non-musulmans vivant dans les territoires de l'empire ottoman. Dans son discours, M. Kurtulmus vantait "une nouvelle Turquie" forgée sous...
commentaires (5)

Excellent bluffer Marx...il a remplacé l'opium du peuple ..par les piquouze d'une religion sans dieu, cela s'appelle le marxo/socialisme , pour en connaître ses bienfaits , voir l'histoire du socialisme depuis 1917 ,sous toutes ses variantes , national, asiatique , soviet , tropicale ...etc..

M.V.

10 h 02, le 16 décembre 2016

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Commentaires (5)

  • Excellent bluffer Marx...il a remplacé l'opium du peuple ..par les piquouze d'une religion sans dieu, cela s'appelle le marxo/socialisme , pour en connaître ses bienfaits , voir l'histoire du socialisme depuis 1917 ,sous toutes ses variantes , national, asiatique , soviet , tropicale ...etc..

    M.V.

    10 h 02, le 16 décembre 2016

  • C,EST ECRIT... LES FIDELES ET LES MECREANTS... EN FAIT LES PREMIERS SONT LES DERNIERS ET LES DERNIERS SONT LES PREMIERS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    16 h 22, le 15 décembre 2016

  • Ce n’est pas vraiment l’Islam qui pose problème, mais certains musulmans stupides. Marx : La religion est le soupir de la créature accablée, le cœur d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit d’une époque sans esprit. Elle est l’opium du peuple.

    Jack Gardner

    15 h 20, le 15 décembre 2016

  • Vous ne changez pas d'un coup de baguette magique la mentalité "séculaire" du "turc musulman , surtout anatolien , au moins d'origine... Le jour ou une majorité de "turcs musulmans" reconnaîtra comme frères et citoyens de la même Turquie... La Turquie sera vraiment entrée dans le monde moderne...et laïque...comme le voulait Ataturc...laïque et démocratique...but difficile a atteindre...pour un pays dont le Sultan était aussi Calife Bonne chance ur la route qui mène à la democratie

    Chammas frederico

    15 h 16, le 15 décembre 2016

  • Pourquoi ,au 21 siècle l'islam pose t'il problème de partout ... ? il serait -temps- , de sortir du 14 siècle ..ca fait déjà 500 ans de retard , dans la marche du temps des civilisations....

    M.V.

    14 h 35, le 15 décembre 2016

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