J'ai envie aujourd'hui de partager une très belle histoire nourrie de générosité, de bonté et de don de soi. L'histoire vraie d'une amitié née fortuitement entre un couple suisse, de passage au Liban il y a quelques années, et une famille libanaise, vivant dans un village éloigné et qui n'hésitait jamais à venir en aide à plus pauvres qu'eux, malgré leur extrême difficulté financière. Une famille qui a marqué ce couple suisse par cette leçon de vie, de soi et d'amour qu'ils ont montrée. De retour dans leur pays, les Suisses, bouleversés, racontent le Liban, ce pays «message, porteur d'espoir humain, d'énergie et de compassion par rapport à l'autre». Ils parlent de ce peuple libanais «à la générosité et au cœur extraordinaires». Ils décrivent l'énergie de ce peuple «qui n'hésite pas à se lancer et bâtir comme si l'avenir lui appartenait». Ils racontent ce peuple qui manque de l'essentiel, qui se bat au quotidien pour assurer ses besoins les plus élémentaires et qui vit et fonctionne pourtant malgré tout. Pourquoi? Parce que «les gens de ce pays sont des gens magnifiques», diront-ils. Parce que l'urgence fait qu'ils doivent s'entraider au quotidien pour survivre au manque et à l'absence d'un gouvernement qui les prive de l'essentiel. Parce qu'au Liban, il y a cette espèce de communauté qui s'est soudée dans le besoin et qui fait que «les gens ne peuvent pas vivre les uns sans les autres et que les uns sans les autres n'existeraient pas». Parce dans ce pays, les verbes partager, donner, offrir et réconforter se conjuguent à tous les temps et tous les moments. Parce qu'au Liban, il y a cet «Autre» qui, même dans le besoin, offre sans hésiter un sourire, un geste, un mot, pour réconforter ceux qui baignent dans la misère. Et parce qu'au Liban, grâce à cette société civile, à cet élan de solidarité qui se forme entre les personnes, à cette formidable chaleur humaine que l'on respire à pleins poumons, on ne meurt pas de froid, on ne vit pas l'insupportable solitude que vivent les vieux des pays civilisés, délaissés, abandonnés, oubliés de tous, on connaît la vraie valeur du partage et du don, on vit et on survit, grâce à cet «Autre» qui donne sans hésiter, celui qui porte et soulage la misère des plus démunis, celui surtout qui donne une formidable leçon de générosité et de don de soi à ces pays civilisés qui possèdent tout, mais manquent de l'essentiel: cet «Autre» qui n'existe pas!


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