Georges Schéhadé : « Un lever de rideau pour la saison prochaine. »
À Beyrouth, nous avons lu tant d'articles, collectionné tant de coupure de presse sur « l'Émigré de Brisbane », écouté tant de propos rapportés par les quelques privilégiés qui se sont rendus à Paris pour voir la représentation que nous avions presque l'illusion de nous trouver dans le parterre, ou les avant-scènes, ou les corbeilles, ou les loges de la Comédie-Française !
Mais le meilleur spectateur est arrivé avant-hier à Beyrouth, Georges Schéhadé lui-même – le spectateur le plus assidu de la pièce : en septembre, il surveillait déjà les premières répétitions, et il détient aujourd'hui les tout derniers secrets qui la concernent. Alors après celle, si mémorable, de « Monsieur Bob'le », peut-on parler d'une bataille de « l'Émigré » ? « C'est la même histoire qui continue, en ce sens qu'il s'agit d'un théâtre neuf qui n'a pas encore trouvé son moule. De plus, c'est un théâtre "écrit", et parce qu'on devient familier d'œuvres qui tiennent essentiellement du spectacle pur – ainsi, le happening qui à la limite peut se passer de texte –, l'esprit se fait paresseux à son égard. Il y a des articles pour et des articles contre. En somme, pas de quoi fouetter un chat ! Tenez, dans deux critiques parues le même jour, Bertrand Poirot Delpech jugeait triviale cette image : "La mule noire de la nuit tire sur sa corde jusqu'à qu'il fasse jour." Alors que Jean Dutourd la déclarait ravissante. »


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