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La Dernière

#undress522 : la claque

Hot(on)line
C. H. | OLJ
02/12/2016

Le message est direct, résumé en un hashtag : #undress522. Un coup de poing dans nos lois d'un autre temps qui sévissent encore, et qui donnent toutes les excuses et le droit aux auteurs de viol de persévérer dans l'inadmissible.

Une action simultanée et nécessaire contre l'article 522 du code pénal libanais s'est mise en place cette semaine, et ceci sur plusieurs plans : manifestation organisée par l'ONG Abaad, réactions de plusieurs députés pour faire bouger la commission parlementaire de l'Administration et de la Justice, et une proposition de loi présentée par le député Élie Keyrouz, dont l'objectif est d'annuler cet article complètement insensé qui permet à un violeur d'échapper à sa peine en... épousant la victime.

Dans la forme également, le message se veut fort, un discours en soi qui n'a besoin d'aucune explication superflue. Abaad a lancé une vidéo, visionnée et partagée des centaines de milliers de fois, qui a ébranlé les réseaux sociaux en quelques heures. On y voit une femme dont on panse les blessures à grand renfort de compresses et bandelettes blanches. Elle finit par apparaître habillée en mariée. Très justement réalisé par (la passionnée) Danielle Rizkallah, engagée dans toutes les causes humanitaires, ce sont quelques minutes qui décrivent ce cauchemar.
« J'ai adoré faire ce petit film que je considère majeur, à un niveau humain d'abord et ensuite personnel. Je ne suis pas une victime, mais dans ma nouvelle carrière de réalisatrice, je l'estime essentiel, confie Danielle Rizkallah. Pour ce concept fort qu'il porte en lui, les émotions puissantes qu'il provoque, pour cette camera vivante et cette actrice extraordinaire. »

À la base graphiste à l'agence Léo Burnett Beirut, Galina Yordanova n'avait jamais joué auparavant. « Je l'ai choisie pour son physique et sa sensibilité. » L'idée géniale est de Leo Burnett Beirut, pour Abaad qui se bat contre l'injustice faite aux femmes de cette partie du monde. « Personnellement engagée dans toutes les causes convaincantes qui peuvent changer le monde, ou plutôt les hommes, je me suis penchée, avec ce film, sur l'acte d'injustice et d'objectivation de la femme, et l'aberration de la loi 522 qui exempte un violeur de prison s'il épouse sa victime. Acte d'horreur encouragé par la famille pour sauver l'honneur de leur propre fille, et qui est comme un second viol, plus grave encore que le premier. Un autre acte de violence, de pénétration d'une frontière féminine, de trauma psychologique, d'abus d'autorité contre une personne sans défense. Même pas celle de la loi. »

L'idée, accompagnée du slogan « Le blanc ne couvre pas le viol », est d'autant plus efficace qu'elle est simple mais profonde. Une femme se fait couvrir les plaies du viol par de la gaze médicale blanche, qui finit par se transformer en robe de mariée, « blanche immaculée, comme un mensonge. Le film commence par un viol et se termine par un autre, précise la réalisatrice. La campagne massive faite sur les réseaux sociaux et sur le terrain compte bien réussir ce pari possible et même nécessaire, car seul 1 % des Libanais est au courant de cette flagrante injustice. »

 

 

 

 

Fiche technique

Production : Clandestino Films Beirut

Réalisation : Danielle Rizkallah
Photo : Karim Ghorayeb
Montage : Maria Malek
Bande son : Ryan Sfeir
Post production : Lilapost

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