La Fed est probablement satisfaite de la situation actuelle du marché du travail, ni trop chaude ni trop froide. Un taux de chômage à 4,9 %, attendu stable en novembre, est proche de son estimation du taux d'équilibre. Le ralentissement modeste des créations d'emplois cette année (181 000 par mois vs 229 000 en 2015) est en ligne avec ce constat. Le rythme de croissance de l'emploi nécessaire pour stabiliser le chômage s'établit dans une fourchette allant de 50 000 à 150 000 environ. Il serait logique que l'emploi continue de se modérer dans les prochains mois, même si ce n'est pas ce qu'attend le consensus en novembre (+170 000). Désormais, l'attention va se tourner de plus en plus vers l'évolution des salaires horaires. Après deux rebonds assez forts en septembre et octobre, leur progression était de 2,8 % sur un an, au plus haut depuis 2009 (graphe ci-contre). La tendance est redevenue haussière depuis deux ans et les conditions sont réunies pour que cela se poursuive. La crainte que pourrait avoir la Fed est qu'un emballement se produise quand les tensions sur le marché du travail seront trop fortes. Dans un environnement de faible hausse de la productivité, cela signifierait une baisse des marges des sociétés, phénomène lui-même précurseur d'une nouvelle pression sur l'investissement. L'idée d'ajouter du stimulus budgétaire à une économie au plein emploi peut décidément donner une belle migraine à la Fed.
Cet article est réalisé par Fidus



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