Rechercher
Rechercher

Liban - Élections

Les indépendants réaffirment leur poids au sein de l’ordre des avocats de Beyrouth

Le vote électronique, une première, a assuré la rapidité des résultats et la confidentialité des votes.

Une fois encore, la démocratie s'est imposée comme le grand vainqueur à l'ordre des avocats de Beyrouth. Lors des élections partielles qui se sont déroulées hier au Palais de justice, l'esprit de liberté, dont s'est félicité en première ligne le bâtonnier Antonio Hachem, a rassemblé candidats et électeurs, partisans et indépendants, dans un même souci de transparence et de respect des opinions.
L'échéance, à l'issue de laquelle quatre candidats au Conseil de l'ordre ont été élus, a connu un taux de participation de l'ordre de 60 %, 4 037 avocats ayant exprimé leurs suffrages sur environ 7 000 qui ont payé leurs cotisations. Les quatre vainqueurs sont Iskandar Élias (indépendant, 1 900 voix), Abdo Lahoud (indépendant, appuyé par les Forces libanaises, 1 679 voix), Georges Estephane (Kataëb, 1 527 voix), et Wajih Massaad, indépendant (1 526 voix). Le candidat du Courant patriotique libre, Rabih Maalouli, a été élu membre suppléant (1 519 voix).

« Les avocats ont leur propre parti »
Une simple lecture des résultats met en évidence l'esprit d'indépendance qui anime les membres du barreau, en dépit de l'ingérence grandissante des partis dans les élections ordinales. Cette interprétation, émise par nombre d'avocats rencontrés par L'Orient-Le Jour dans la salle des pas perdus, pousse une jeune électrice, Mireille Ammoury, à affirmer avec fierté que « les avocats ont leur propre parti ».
L'ancienne bâtonnière, Amal Haddad, fait observer dans ce cadre que ses confrères « refusent la politisation de l'échéance », invoquant la preuve que « le premier des vainqueurs, Iskandar Élias, est indépendant ». Ce dernier, assailli par les félicitations et embrassades de toutes parts, prend le temps de dire à L'OLJ que « malgré le rôle important que veulent jouer les partis, les avocats ont voté selon le critère professionnel de compétences », soulignant que « les urnes ont traduit en clair les résultats de mon implication pour leur cause ».
Deuxième sur la liste des vainqueurs, Abdo Lahoud, estime également que les avocats de Beyrouth « ont choisi en toute démocratie leurs candidats ». Sans dénier « l'impact positif qu'a produit l'appui des FL », des électeurs qui l'entourent mettent l'accent sur « le facteur personnel et professionnel » qui a contribué à son élection.

Le candidat chiite défait
Si, dans le même sillage, Moustapha Kabalan, électeur chiite, rend hommage à l'esprit démocratique qui a prévalu lors des élections, il s'insurge toutefois contre la défaite de Ali Abdallah, candidat du mouvement Amal. « Le pacte ordinal n'a pas été appliqué », dénonce-t-il, en allusion à la coutume selon laquelle les avocats portent chaque année au conseil de l'ordre un candidat musulman. M. Kabalan attribue cette défaillance à « la non-coordination entre les différentes parties », déplorant « des résultats monochromes ».
Entendant ses propos, une de ses consœurs riposte, faisant plutôt assumer l'échec du candidat du mouvement berryiste à une mauvaise coordination au sein même de la communauté chiite, qui, selon elle, a présenté un nombre excessif de candidats. « M. Abdallah s'est trouvé en compétition avec trois autres candidats de sa confession, ce qui a éparpillé les voix et provoqué sa défaite », affirme-t-elle.
À l'exception de ce manquement relevé, les avocats rencontrés s'accordent tous pour saluer l'issue de l'échéance, qui, suivant leurs dires, « a consolidé l'image d'un barreau ''bastion des libertés'' ».

Innovation
Une issue favorisée par l'adoption, pour la première fois, du système de vote électronique, mis en place par le Centre de technologie de l'information et de la communication (ICT) de l'ordre.
Joe Karam s'estime satisfait d'avoir expérimenté ce mode de vote. « Il permet une plus grande liberté aux avocats, qui ainsi ne sont plus sollicités par des partisans brandissant des listes préétablies », observe-t-il, soulignant que par ce moyen, « chaque électeur se retire derrière l'isoloir et choisit sans contrainte les noms de ses candidats parmi ceux qui s'affichent sur l'écran ».
Outre la confidentialité et le secret du vote, « cette informatisation offre aussi l'avantage de la rapidité des résultats, ceux-ci étant annoncés quasi immédiatement après la clôture du scrutin », note enfin l'avocat.
Il reste que nombre d'électeurs déplorent « la cohue » qui a précédé la mise en marche du processus. « Cet engorgement a poussé vers la sortie certains, qui ont renoncé à accomplir leur devoir électoral plutôt que d'être pris dans des goulots formés de plus de quatre mille personnes se ruant dans la même direction », rapporte un membre du barreau. D'autres, plus indulgents, notent que « dans un contexte d'innovation, ce cafouillage s'inscrit dans la normale », estimant que « l'an prochain, l'organisation sera plus performante ».

Une fois encore, la démocratie s'est imposée comme le grand vainqueur à l'ordre des avocats de Beyrouth. Lors des élections partielles qui se sont déroulées hier au Palais de justice, l'esprit de liberté, dont s'est félicité en première ligne le bâtonnier Antonio Hachem, a rassemblé candidats et électeurs, partisans et indépendants, dans un même souci de transparence et de respect des opinions.L'échéance, à l'issue de laquelle quatre candidats au Conseil de l'ordre ont été élus, a connu un taux de participation de l'ordre de 60 %, 4 037 avocats ayant exprimé leurs suffrages sur environ 7 000 qui ont payé leurs cotisations. Les quatre vainqueurs sont Iskandar Élias (indépendant, 1 900 voix), Abdo Lahoud (indépendant, appuyé par les Forces libanaises, 1 679 voix), Georges Estephane (Kataëb, 1 527 voix), et...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut