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Liban - Syrie

Défilé militaire du Hezbollah à Qousseir : Washington ouvre une enquête

L'armée dément être propriétaire des blindés américains, le courant du Futur décrypte le message du parti chiite.

Les photos relayées au cours du week-end sur les réseaux sociaux, montrant des véhicules de fabrication américaine lors d'un imposant défilé du Hezbollah à Qousseir, en Syrie, ont suscité un émoi aux États-Unis, mais aussi dans des pays du Golfe et dans les milieux opposés au Hezbollah au Liban.
Au moment où le département d'État américain annonçait prudemment l'ouverture d'une enquête, l'armée libanaise démentait formellement des informations de presse selon lesquelles les blindés de type M113 lui appartenaient. « Des médias ont publié des photos de véhicules militaires attribués aux forces régulières. La direction de l'armée précise que ces véhicules ne proviennent pas des réserves de la troupe et ne lui appartiennent pas », souligne succinctement le texte, sans mentionner la parade de Qousseir.
Au cours du défilé organisé pour la Journée des martyrs et auquel Hachem Safieddine, chef du conseil exécutif du Hezbollah, a pris part, des armements lourds dont des canons et des véhicules américains et russes, dotés de lance-roquettes, auraient été exposés au public.
Lors d'un point de presse lundi à Washington, la porte-parole du département d'État, Elizabeth Trudeau, a souligné la mauvaise qualité des photos postées sur les réseaux sociaux, précisant que les agences concernées de l'administration s'efforcent de les authentifier dans le cadre d'une enquête menée pour « rassembler plus d'informations » sur la question.
Au journaliste qui lui demandait si le fait que des armes américaines vendues à l'armée libanaise soient tombées dans les mains du Hezbollah ne doit pas être considéré comme une violation des lois américaines, Mme Trudeau s'est contentée de répondre : « Le Hezbollah est bien entendu une organisation terroriste étrangère. » Devant l'insistance du journaliste, elle a souligné qu'il ne sera pas possible pour les États-Unis de se prononcer sur la question tant que la résolution des photos « granuleuses » n'a pas été affinée. « Mais, a-t-elle ajouté, nous serions évidemment très préoccupés s'il s'avère que des équipements américains sont tombés aux mains du Hezbollah, qu'ils aient été livrés au préalable à l'armée libanaise ou à qui que ce soit. »
Moins circonspects que Washington, l'Arabie saoudite et le Koweït se sont attelés à décrypter les messages véhiculés par le Hezbollah à travers sa démonstration de force en territoire syrien. Selon le journal koweïtien al-Raï, à travers son défilé à Qousseir, le premier à être organisé en dehors du territoire libanais, « le Hezbollah a voulu dire aux Libanais que c'est lui qui protège le pays et non pas l'État, son président, son gouvernement ou ses portefeuilles régaliens ». Al-Raï un établi un parallélisme entre la parade, vendredi, et le coup d'envoi du marathon, dimanche, donné par le Premier ministre désigné, Saad Hariri. « Ce double tableau a un sens politique. Il montre que le Hezbollah laisse aux parties libanaises le soin de s'occuper d'affaires publiques locales, telles que la formation du gouvernement ou les querelles autour des portefeuilles ministériels, pendant qu'il se lance, avec la bénédiction de tous au Liban, dans ses batailles stratégiques dans la région. »
Le quotidien saoudien Okaz a pour sa part observé que le village de Qousseir « est devenu une base iranienne dont l'accès est interdit, sauf pour ceux qui sont munis d'un laissez-passer délivré par la chambre d'opérations communes des gardiens de la révolution et du Hezbollah ». Selon Okaz, « les caches d'armes iraniennes sont situées à Qousseir où les roquettes, notamment balistiques, données au Hezbollah sont cachées et où un centre d'entraînement tenu par des officiers iraniens a été établi ».
Réuni hier sous la présidence de son chef Fouad Siniora, le bloc parlementaire du Futur a stigmatisé l'initiative du Hezbollah dans laquelle il a vu lui aussi « des messages adressés dans toutes les directions ». Le Hezbollah « confirme de nouveau que l'intérêt de l'Iran passe avant celui du Liban et lance des menaces internationales et régionales indirectes », selon le communiqué du bloc. « Le défilé doit également être interprété comme un avertissement à l'État libanais. Le Hezbollah prouve ainsi qu'il se soucie peu de l'intérêt du Liban et des Libanais et même du démarrage du nouveau régime qui s'est engagé à restituer à l'État son rôle et son prestige », a observé le bloc du Futur. Le bloc du Futur est la seule partie politique libanaise à avoir commenté l'affaire. Le Hezbollah n'a, lui non plus, fait aucune déclaration sur le sujet.


Les photos relayées au cours du week-end sur les réseaux sociaux, montrant des véhicules de fabrication américaine lors d'un imposant défilé du Hezbollah à Qousseir, en Syrie, ont suscité un émoi aux États-Unis, mais aussi dans des pays du Golfe et dans les milieux opposés au Hezbollah au Liban.Au moment où le département d'État américain annonçait prudemment l'ouverture d'une...

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